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28 janvier 2015 3 28 /01 /janvier /2015 02:07

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http://www.les-crises.fr/tag/brics/
Laissez-moi vous présenter l’organisation la plus puissante aujourd’hui, dont presque personne n’a entendu parler. Mais c’est pour bientôt !

Le réel pouvoir fondateur derrière les BRICS.

Les BRICS, comme nous l’avons déjà traité par ailleurs, ont été formés en réponse à la fraude financière et aux malversations occidentales. Son plus grand objectif est de donner à l’Orient une véritable impulsion dans des domaines comme le commerce, les mesures de sécurité et la coopération économique, le tout au sein d’un cercle qu’eux seuls, et non Washington, peuvent contrôler.

Ils ont parcouru un long chemin en un court laps de temps, c’est vrai, mais ils sont encore « les petits nouveaux du quartier ». En fait, ils ne se sont même pas conceptualisés en tant qu’idée sérieuse avant Septembre 2006 ! Leur première rencontre officielle, sans l’Afrique du Sud, n’a été tenue qu’en 2009.


Cependant, il y a une autre organisation qui est apparue avant les BRICS et qui est encore plus influente qu’eux en quelque sorte! Une organisation dont les fondateurs ont fait naître en premier l’idée ouvertement pro-marchés émergents, tout comme les BRICS.


Cette organisation dont presque personne ne parle, est appelée l’ « Organisation de Coopération de Shanghai » (OCS).


Je vous avais dit que presque personne n’en parle! Laissez-moi vous présenter l’organisation la plus puissante aujourd’hui dont presque personne n’a entendu parler. Mais c’est pour bientôt!


L’histoire derrière sa fondation


Tout d’abord, l’OCS s’ést établi avant les BRICS, en fait, leurs fondations ont été posées une décennie plus tôt, en 1996. Le but de l’OCS est un peu différent de celui des BRICS, toutefois ils ont de nombreux objectifs parallèles. Tout d’abord, la création de l’OCS est l’idée d’une alliance partielle entre deux pays, la Russie et la Chine.


Pourquoi alors ont-ils été créés ?


Mes frères, c’est la vraie question. Afin de bien mettre nos têtes au clair sur ce sujet, faisons un rapide récapitulatif de l’histoire.


Au tout début des années 1990, lorsque l’Union Soviétique avait pratiquement perdu la guerre froide, de nombreuses garanties et traités ont été acceptés et signés, entre Gorbatchev et les États-Unis. L’un des principes directeurs était que la Russie accepte, afin de faire disparaitre pacifiquement l’Union Soviétique, que la nouvelle Allemagne Ouest et Est réunis, adhère à l’OTAN. Cependant, tout aussi important, en retour, la garantie avait été donnée au Ministre des Affaires Étrangères soviétique, Edouard Chevardnadze, que l’OTAN (une force militaire de dissuasion créée comme un contrepoids pour surveiller les forces soviétiques en Europe), n’utilise, en aucun cas, l’Allemagne pour faire un « saute mouton » et étendre sa composition plus à l’Est.


C’était un accord des plus raisonnable, et il constituait la base d’une grande paix … une paix qui aurait pu durer indéfiniment sans l’orgueil et l’arrogance de l’Ouest et des « banksters » mondialistes qui se sont hissés à sa tête. En fait, tout bêtement, le Dragon de la Banque a immédiatement commencé à revenir sur cette promesse fondamentale faite à la Russie, et a commencé à bâtir des plans pour étendre son alliance militaire de l’OTAN vers l’Est, vers le territoire russe.


La toute première admission publique faite par les mondialistes, montrant qu’ils visaient à rompre leurs promesses sur l’expansion de l’OTAN vers la Russie, fût faite par le président Clinton, en faisant un demi-tour complet en 1996. Par ailleurs, si vous vous souvenez, 1996 fût exactement l’année durant laquelle le groupe, qui deviendra l’OCS, a été formé (ce n’est pas une coïncidence).


« Wile E. Brzezinski », Kissinger, et tous les magouilleurs de l’OTAN, ont immédiatement commencé à mettre leurs promesses dans la corbeille à papier! Dans tous les sens, et aussi vers l’Est, ils ont distribué des cartes d’adhérents à l’OTAN, à tout le monde et même à leurs animaux de compagnie!


La Hongrie, la République tchèque, la Pologne et même d’anciens satellites soviétiques, comme les pays baltes, ont été admis. Plutôt que de tenir leur promesse de ne pas étendre l’OTAN, ils ont carrément doublé le nombre d’adhérents, passant de 12 à 24 États! A l’heure actuelle, ils sont 28 membres. Ils sont même allés jusqu’à mettre quelques bases navales en Asie centrale.


Le principe élémentaire des ces traités a été violé, et Washington DC s’est mit en mouvement pour encercler militairement la Russie, pour mettre des « systèmes de défense antimissile » en place autour de leurs frontières. Tout cela a été accompli au cours d’une planification de pivot vers l’Asie, et même d’un déplacement vers les républiques d’Asie centrale. Le pouvoir vacant que l’Empire Soviétique en ruine avait laissé, allait bientôt être comblé par Brzezinski et les mondialistes occidentaux.


Quelque chose devait être fait pour contenir les agressions des États-Unis et de l’OTAN, et rapidement.


L’Orient Répond


La Russie et la Chine savaient ce que signifiait l’annonce du président Clinton sur les nouvelles adhésions à l’OTAN, et se sont immédiatement mis au travail. Dans la même année, ils ont mit en place une organisation, dans la ville de Shanghai, connue sous le nom de « Shanghai Five », car il avait cinq États membres à ses débuts. Plus tard, en 2001, avec l’admission de l’Ouzbékistan, il a été rebaptisé l’Organisation de Coopération de Shanghai.


Jetons un coup d’œil à la brève description que Wikipédia lui donne dans leur introduction: L’OCS est une organisation politique, économique et militaire eurasienne qui a été fondée à Shanghai par les dirigeants de la Chine, du Kazakhstan, du Kirghizistan, de la Russie et du Tadjikistan.


Arrêtons nous là un moment. Rappelez-vous les pays que nous avons examinés et que « Wile E. Brzezinski » avait désigné dans « Le Grand Échiquier » comme clés pour contrôler l’Eurasie? Oui, il s’agissait de l’Ouzbékistan, du Tadjikistan et du Turkménistan, etc. Il semble que la Russie et la Chine avaient un accord avec M. Brzezinski, sur la question de leur importance stratégique, parce que, dès l’instant où ils ont su que les promesses de l’OTAN étaient nulles et non avenues, ils ont commencé à bouger pour fermer l’Ouest par ce couloir particulier de façon définitive.


Ses six États membres couvrent 60% de la masse continentale de l’Eurasie, sans oublier de mentionner qu’ils représentent l’énorme quart de la population mondiale! Voici leur logo, mettant en avant l’immense territoire que couvre leur composition: (photo du logo)


Cependant, si vous incluez les plusieurs États «observateurs», qui sont en lice pour une adhésion officielle, alors tous ceux qui sont affiliés à cette organisation comprendraient pas moins de 50% de la population mondiale!


Rappelez-vous la carte de l’Eurasie que nous avions examiné? Jetons-y un second coup d’œil:(photo carte 1)




Ok, maintenant jetons un coup d’œil à la liste des pays inclus dans l’OCS (soit comme membres, observateurs ou partenaires de dialogue):(photo carte 2)


Eh bien, bénissez-moi, si tout ceci n’avait pas été préparé de longue date! Les seules parties ignorées sont l’Asie du Sud, le Caucase, le monde arabe et l’Europe! Presque tout le monde en Asie centrale et méridionale est soit un membre, soit un «observateur» en l’état actuel des choses!

Parlons des «observateurs» …


L’adhésion à l’OCS


Une nation ne peut pas simplement décider de rejoindre l’OCS. Ce n’est pas comme cela que ça fonctionne. L’OCS soumet un candidat à un processus de «filtrage» avant de l’accepter comme nouveau membre.


La première étape pour devenir un membre, traditionnellement, est de demander le « statut d’observateur ». Ensuite les membres tiennent une série de réunions de dialogue avec le demandeur, afin de déterminer si l’application de la nation serait un ajout positif au groupe. Le test décisif pour l’adhésion semble consister à savoir si l’application de la nation répondrait à quelque chose appelé « L’esprit de Shanghai ».


Dans leurs propres mots, pour satisfaire à « L’esprit de Shanghai », une nation candidate doit remplir ces caractéristiques : la confiance mutuelle, les avantages réciproques, l’égalité, la consultation, le respect de la diversité culturelle et la poursuite du développement commun.


Si un candidat ne peut pas répondre à la plupart ou la totalité de ces choses, il ne fait pas l’affaire. Afin d’être approuvé au « statut d’observateur », chacun des six pays membres doit vous donner le feu vert. Si le Tadjikistan pense que vous seriez un préjudice pour le groupe, alors ce que pensent la Chine et la Russie n’a pas d’importance: vous ne faites pas l’affaire! Il doit y avoir un accord unanime pour qu’un nouveau membre rejoigne les rangs.


La stratégie la plus évidente pour les États-Unis et l’OTAN ne serait-elle pas tout simplement de détruire cette nouvelle organisation de l’intérieur? Pourquoi ne rejoignent-ils pas tout simplement l’OCS, afin de contrecarrer toutes ses voix?


Les États-Unis ont déjà demandé le « statut d’observateur » à l’OCS! En fait, ils ont demandé il y a près d’une décennie, en 2006, et on leur a répondu « merci, mais non merci ».


Cela devrait cimenter, dans l’esprit de chacun, à quel point ils sont retranchés contre Washington et les élites occidentales.


Une organisation militaire


Toutefois, au cas où vous seriez tentés de penser que l’OCS est juste un groupe de gars « sympathiques », qui chantent « Kumbaya », et applique de la cire sur des propos de solidarité, de coopération et de commerce, détrompez-vous! Ne l’oublions pas, l’OCS n’est pas un « tigre de papier ». D’ailleurs, l’OCS a toujours été prévu pour des questions militaires depuis le début. Après tout, il a été construit pour offrir la sécurité aux frontières de ses États membres, à la fois contre le terrorisme et contre toute tentative de placer des systèmes de missiles autour de leur périphérie. C’était une réponse directe à l’empiètement de l’OTAN vers les frontières de la Russie.


En fait, durant leur dernière réunion en Septembre, ils ont réaffirmé leur position catégorique à propos de tels comportements : « le renforcement unilatéral et illimité du système de défense antimissile par un quelconque État ou groupe d’états nuirait à la sécurité internationale et à la stabilité stratégique ».

Ils disent clairement à la fois à Washington et à l’OTAN, que de tenter de rajouter des systèmes de défense antimissile, serait considéré comme une menace directe à leur stabilité et à leur sécurité.


Mais, ils ne se sont pas contentés de simplement dire aux banquiers occidentaux de faire marche arrière, ils ont commencé à organiser certains exercices de guerre assez impressionnants. En fait, l’an dernier, ils ont tenu conjointement un exercice anti-terroriste qui a impliqué plus de 7000 soldats.

Comme vous pouvez le voir, ils ont clairement évolués du stade de « renforcement de la confiance » des premiers jours, vers une alliance militaire assurée et hautement synchronisée. Laquelle est capable de répondre rapidement aux menaces internes ou externes.


Le dernier recours des « banksters »


Cela a eu pour effet de terrifier les banksters. Après tout, leur truc habituel, depuis des siècles, a toujours été de «diviser pour régner». Ils ont été maîtres en la matière pour retourner les peuples et les nations les uns contre les autres, de sorte qu’ils puissent les manipuler et les contrôler, mais cette tactique « d’empêcher les barbares de se rassembler », à l’évidence ne fonctionne plus.


Puisque le pouvoir militaro/bancaire anglo-américain ne va sûrement pas s’en aller gentiment, ils se trouvent concrètement face à une seule option: essayer d’attirer l’un d’eux dans une guerre, avant que les concurrents arrivistes (OCS, BRICS, Eurasian Economic Alliance) ne puissent complètement se fondre ensemble. Si vous regardez tout autour, c’est exactement ce que vous verrez.


En essayant de lancer inutilement une guerre contre l’Iran (qui a le «statut d’observateur» à l’OCS), de renverser le gouvernement de l’Ukraine, et de tenter d’attirer la Russie dans une guerre dans la région du Dombass séparatiste, les États-Unis et Londres ont tenté d’entraver tout nouveau progrès de cette alliance résolument anti-dollar, anti-OTAN et anti-FMI.


Par ailleurs, en 2014, l’OCS a décidé de ne pas ajouter de nouveaux membres pour l’instant, bien qu’elles devaient le faire. La raison est que l’OCS pensait que le fait que les banksters tentent d’attirer la Russie dans la guerre en Ukraine était si grave, que la majeure partie de la réunion de Septembre 2014 a porté sur l’élaboration d’un accord de paix sur cette situation.


En vérité, si vous voulez connaître les forces réelles derrière l’accord de Minsk, ne cherchez pas plus loin qu’un effort conjoint du Kremlin et l’OCS.


La tentative de mettre l’Ukraine toute entière hors des sentiers du commerce eurasien, n’a été que partiellement réussie. Après tout, l’Occident a perdu la Crimée, et à ce jour, a perdu le Dombass également. Cet échec à prendre la base navale russe de la mer noire, et à attirer la Russie dans un engagement, a fait grincer les dents de Wile E. Brzezinski et de ses marionnettistes mondialistes. Si vous ne me croyez pas, il suffit d’écouter cette interview avec le « coyote » lui-même (https://www.youtube.com/watch?v=IrRPZ6CBvPw). Il est plus bouleversé que je ne l’ai jamais vu, et il a pourtant donné beaucoup d’interviews au cours des 6 derniers mois.


Conclusion


« Wile E. Brzezinski » et les puissants « banksters » occidentaux sont désespérés et paniqués , en regardant, impuissants, leur plus grande crainte se dérouler devant eux. Une alliance eurasienne viable est en train de devenir réalité.


Dans cette nouvelle réalité, leurs anciens mécanismes de contrôle (le prêt à intérêt et l’esclavage par la dette du FMI et de la Banque Mondiale, ainsi que les incursions de « sécurité » des États-Unis et de l’OTAN) seront à la fois importuns et sans pertinence.


Le monde ne veut plus de leurs « services » voyous. Après tout, ils peuvent subvenir à leur propre sécurité!


Le monde n’a jamais eu besoin de cette drogue dette/monnaie des banksters, et grâce à la Banque des BRICS et d’autres mécanismes, ils vont bientôt avoir tout le capital dont ils ont besoin pour s’attaquer à leurs défis, libéré du contrôle de la Banque Dragon.


Les BRICS ont un énorme pouvoir, mais ils ont toujours été l’extension économique d’une précédente alliance militaro/sécuritaire, l’OCS. Jusqu’à ce point, l’OCS a préféré que les BRICS soient le visage public de l’alternative à la domination occidentale, mais l’OCS cherche à commencer à monter sur le devant de la scène, aux côtés des BRICS.


Tout cela conduit à des conjectures concernant une information récente qui a fait l’effet d’une bombe.


Est-ce que quelqu’un d’autre se souvient de l’annulation du South Stream, le gazoduc qui devait s’écouler à travers la Bulgarie et en Europe?


Qui est désormais le principal bénéficiaire de ce pipeline de gaz naturel à la place de l’Europe ?


La Turquie, un «observateur» de l’OCS, et (dans mon esprit) le joueur asiatique clé, pas encore totalement admis à bord. L’Eurasie ne peut pas bien fonctionner sans ce pays « passerelle » qu’est la Turquie.


L’abandon du South Stream à travers l’Europe est une énorme affaire, et cela m’amène à me demander: est-ce le prix à payer pour convaincre la Turquie (également membre-clé asiatique de l’OTAN) de changer de camp d’Ouest en Est? Seront-ils bientôt l’État surprise, qui passera de pays «observateur» de l’OCS, à membre à part entière au vote en 2015?


En outre, s’il devait rejoindre pleinement l’OCS, deviendrait-il le premier grand membre de l’OTAN … à quitter l’OTAN?



Cependant, qu’il soit inclus parmi les membres en 2015 ou non, une chose est certaine, ces nouvelles organisations de l’Eurasie sont en train de changer l’histoire si vite, que cela dépasse l’entendement. Le 21ème siècle ne ressemblera en rien à ses prédécesseurs. L’Asie (et progressivement l’Europe) semble être désireux de créer un monde nouveau, libéré des banksters « US/UK » et de leur contrôle militaire.


A quoi ressemblera la terre, une fois que tout le monde se sera rendu compte que la «nation indispensable» a toujours été complètement dispensable?


Enfin, qu’arrivera-t-il au dollar américain, et à ceux dont la richesse repose sur lui, une fois que cette nouvelle puissance mondiale sera prête à l’abandonner entièrement (comme ils le feront très certainement)?


Depuis plus d’un siècle, les banques occidentales ont volé la richesse et le destin des plus anciens, des dynasties de l’Est, et maintenant les peuples et les pouvoirs qui y sont situés, ont formé un partenariat aux dents solides pour une coopération sur leurs intérêts communs.


Désolé « Wile E. Brzezinski » et les amis mondialistes mais votre rêve de garder l’Eurasie divisée et sous votre pouce est bouleversé !


Par ailleurs, à toute personne détenant toujours follement la majorité de leur richesse dans l’instrument « has-been » de la dette appelé le dollar américain (dont l’Orient se déleste complètement) … Je vous suggère d’y remédier avant la fin de ce dessin animé, et le petit cochon dit:
 
Traduction : Rochelle Cohen
 
 

 

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18 novembre 2014 2 18 /11 /novembre /2014 01:02

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15 Novembre 2014
La Russie lance un nouveau système de paiement pour contourner le réseau Swift

Independance day

 

La Russie lance un nouveau système de paiement pour contourner le réseau Swift 

De nombreux observateurs se sont réjouis à propos de ce qu’ils décrivent comme des efforts pour briser l’hégémonie du dollar, par exemple l’effort commun des pays dits du BRICS pour créer une banque de développement. Mais, autant c’est important de disposer d’une série d’entités de financement internationales, en particulier d’entités axées sur les activités qui (en théorie) accroissent les avantages collectifs de s’appuyer sur une monnaie de réserve…. autant il ne suffit pas de lancer de nouvelles institutions de financement utiles pour briser la domination du dollar.

Bien que l’abus par les US de leur position d’émetteur de la monnaie de réserve soit clairement perçu, aucun concurrent n’attend dans les coulisses [pour prendre leur place]. La zone euro a raté l’occasion, par son incapacité à assainir des banques encore plus malades qu’aux États-Unis, et en créant de mauvaises conditions, par son adhésion à des politiques d’austérité destructrices. La Chine a clairement le potentiel pour destituer les États-Unis à long terme, mais elle n’est pas disposée à encourir les déficits commerciaux nécessaires, car cela signifie exporter de la demande et donc des emplois. Et aucun pays n’a encore fait la transition d’une position d’exportateur vers une situation économique tirée par la consommation. Une crise ou un malaise prolongé retarderaient également la Chine dans ses efforts pour déloger les États-Unis de leur position de devise dominante.

Mais même si  les pays que les États-Unis tentent de punir, en utilisant leur influence sur le système des paiements internationaux, ne seront pas en mesure de se débarrasser du dollar avant longtemps, cela ne signifie pas qu’ils ne trouveront pas d’échappatoires à plus court terme. La Russie est devenue l’ennemi numéro un de l’Amérique et la cible de sanctions économiques de plus en plus strictes, apparemment pour avoir pêché en intercédant en Syrie (alors que le Congrès est fermement opposé à une action militaire), pour s’être opposée avec succès au coup d’État soutenu par les USA en Ukraine, pour avoir collaboré avec l’Iran, et pour avoir hébergé Edward Snowden. Les sanctions qui font vraiment mal sont celles qui visent les banques russes ayant des expositions en devises étrangères, ainsi que celles ayant utilisé les marchés de capitaux étrangers pour émettre de la dette et des titres.

La Russie a annoncé aujourd’hui [12 novembre] qu’elle prévoit de lancer un nouveau système de paiements, de sorte qu’elle n’aura plus besoin d’utiliser le système de paiements Swift (Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication) .

De Russia Today [1] :

« La Russie entend avoir son propre système interbancaire international opérationnel en mai 2015. La Banque centrale de Russie dit qu’elle doit accélérer les préparatifs pour sa version de Swift en cas de « défis » possibles de l’Ouest.

« Compte tenu des défis, la Banque centrale de Russie crée son propre système de transmission de messagerie financière … Il est temps de se presser, donc dans les prochains mois, nous aurons terminé  certaines tâches. L’ensemble du projet de transmission de messages financiers sera achevé en mai 2015″, a déclaré Ramilya Kanafina, chef adjoint du département national du système de paiement à la Banque centrale de Russie .

Les appels à ne plus utiliser le système Swift dans les banques russes ont commencé à être plus pressants, à mesure que les relations entre la Russie et l’Occident se sont détériorées, après les sanctions. Jusqu’à présent, les responsables de Swift disent que, malgré la pression de certains pays occidentaux à rejoindre les sanctions anti-russes, il n’ont pas l’intention de le faire…

Swift est actuellement l’une des principales connexions de la Russie au système bancaire international, et pourrait, s’il est désactivé, nuire à l’économie russe à court terme. Globalement, ce réseau transmet des ordres de transactions d’une valeur supérieure  à 6 000 milliards de dollars, et implique plus de 10 000 institutions financières dans 210 pays. Selon le statut de Swift, le système a des groupes nationaux de membres et d’ utilisateurs dans chaque pays. En Russie, c’est ROSSwift,  la deuxième plus grande association mondiale Swift après les États-Unis. »

Je me réjouis des commentaires de lecteurs, mais je crois qu’il y a deux questions ici.

La première question est que, même si Swift est encore ouvert pour les affaires avec la Russie, il pourrait être coupé à une date ultérieure. Il ne peut pas avoir échappé à l’attention de Moscou que la Banque centrale d’Iran et la plupart des autres grandes banques de ce pays ont été interdits d’accès à Swift en 2012. Du Wall Street Journal [2] :

« L’Union européenne a déclaré qu’elle interdisait tout type de transactions avec les entreprises financières iraniennes sur la liste noire, mais les décideurs américains ont clairement déclaré qu’ils allaient maintenir la pression pour une action plus large.

La Société Swift, basée en Belgique et utilisée par la plupart des grandes banques du monde, a déclaré qu’elle se conformerait à l’ordre de l’Union européenne.

L’interdiction s’applique uniquement aux banques iraniennes que l’Union européenne a mises sur une liste noire de sanctions. Elle concerne la Banque centrale d’Iran et plus d’une douzaine d’autres firmes.

Le Congrès américain, quant à lui, demande l’arrêt des transactions avec toutes les banques iraniennes, et menace de sanctions contre l’administration et les dirigeants de Swift, s’ils ne coupent pas tous les liens avec le secteur financier de l’Iran. Les législateurs américains affirment que l’Iran est en train de transférer le financement de son programme nucléaire sur des banques non sanctionnées. »

La seconde question est que la création d’un canal de paiements Swift extérieur peut permettre à la Russie de mettre en place un système financier pour ceux qui ne veulent pas être soumis aux diktats américains.Les banques qui ont fait des affaires avec l’Iran, à la fois avant et après les sanctions de Swift, ont été frappées par des sanctions de blanchiment d’argent. Les paiements étaient des paiements en dollars et ont été compensés dans les succursales des banques à New York, les soumettant ainsi à la loi américaine. Toutes les transactions en dollars entre les banques sont réglées à la fin de la journée à New York. Les systèmes de paiement interbancaires dépendent en définitive du filet de sécurité de la banque centrale, et de nombreuses transactions importantes passent par Fedwire, le système interbancaire de la Fed. Donc, il n’y a aucun moyen technique de contourner ce problème, au moins maintenant. Benjamin Lawsky, le surintendant des services financiers de New York, a menacé de retirer sa licence à la succursale de New York au première mécréant qu’il rencontrerait.

Les régulateurs fédéraux et britanniques ont été outrés par son comportement [3], mais les régulateurs fédéraux ont rapidement reconnu que Lawsky leur avait fait une énorme faveur. Il a considérablement fait monter les enchères, quand ils ont poursuivi les banques étrangères qui défiaient les États-Unis en faisant des affaires, grâce à des systèmes de paiement des États-Unis, avec les pays étrangers sur la liste noire. En 2012, Lawsky a imposé une amende de 340 millions de dollars à la banque Standard Chartered, à quoi se sont ajoutées des amendes fédérales pour un montant supplémentaire de 327 millions de dollars. Aussi stupéfiant que ce montant pouvait être jugé à l’époque, il pâlit à côté de 8,9 milliards de dollars d’amendes exigées de BNP Paribas [4], en plus des accusations criminelles. (Lawsky a également frappé Standard Chartered d’une amende de 300 millions de dollars [5] en août pour la poursuite de ses comportements non conformes).

Mais de nombreuses banques étrangères, et même des organismes de réglementation étrangers, ont été indignés par l’ampleur des amendes imposées aux États-Unis pour blanchiment d’argent, (comme c’est le cas dans l’utilisation du système de paiements des États-Unis pour effectuer des transactions avec les contreparties interdites). Journaux et hommes politiques français hurlaient sur la pénalité de 8,9 milliards de dollars contre BNP Paribas. Si le système de paiement russe fonctionne (comme il sera censé être à l’épreuve de la NSA, vous pouvez être certain que les États-Unis utiliseront leurs meilleurs talents de piratage contre lui), il permettra aux banques comme BNP Paribas et Standard Chartered de traiter avec l’Iran. Cela leur ferait probablement un plaisir immense d’obtenir un peu de revanche sur les États-Unis de cette façon là.

En outre, il y a certainement des entreprises en Europe qui ne sont pas ravies de devoir se conformer aux sanctions de l’Union européenne contre la Russie, quand ces sanctions mettent en péril leurs activités. On ne sait pas clairement combien d’entre elles seraient prêtes à défier les sanctions, mais le traitement des transactions grâce à un système de paiement sous contrôle russe serait beaucoup moins sensible à la détection que via Swift.

En d’autres termes, cette mesure se présente comme une arme pour réduire l’efficacité de l’utilisation de la domination du dollar dans les paiements. Que les Russes puissent lancer un système suffisamment robuste rapidement est une question ouverte, mais c’est une mesure défensive judicieuse et potentiellement une mesure offensive. Ce système peut avoir des ramifications à long terme, si d’autres pays mécontents des États-Unis décident de l’employer pour des raisons pratiques ou politiques. Restez à l’écoute.


Traduit par Jean-Jacques pour vineyardsaker.fr

Notes

[1] Russia to launch alternative to Swift (RT,anglais, 11/11/2014)

[2] Swift to Cut Ties With Iran Banks After UE Ban (The Wall Street Journal, anglais, 15/03/2012)

[3]Les régulateurs…outrés par son comportement (naked capitalism,anglais,10/08/2012)

[4] pénalité de $ 8,9 milliards contre BNP Paribas (naked capitalism, anglais, 12/07/2014)

[5] Standard Chartered frappé d’une amende de 300 millions de dollars ( naked capitalism, anglais, 13/11/2014)

Source : Russia to Launch New Payments System to Circumvent Swift Network (nakedcapitalism.com, anglais, 12/11/2014

Source

http://www.wikistrike.com/2014/11/la-russie-lance-un-nouveau-systeme-de-paiement-pour-contourner-le-reseau-swift.html


Tag(s) : #Economie

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24 mars 2014 1 24 /03 /mars /2014 01:29

 

20 Mars 2014

La crise grecque remet en cause l’usage de la monnaie…

 

 

Après cinq ans de politiques d’austérité, de plans de redressement, de subventions européennes, force est de constater que toutes les solutions classiques échouent à renflouer les finances de l’État grec. Que pouvons-nous attendre d’un pays capitaliste, sans capitaux et sans marché, doté d’usines sans commandes, de travailleurs sans salaires, de richesses sans usages ?...


Les Grecs n’ont pour l’instant aucune issue politique possible, à droite comme à gauche. Les seuls à ne pas désespérer sont les quelques militants du “Plan B”. Leur leader, Alekos Alavanos propose une sortie de l’Europe et de l’euro, le retour à la drachme suivi d’une dévaluation immédiate de 50%. Sachant que le Plan B ne bénéficie du soutien d’aucun journal, d’aucune radio, d’aucune télévision, tous ces médias étant aux mains de la finance, sachant que les retraites ont été divisées par deux, que 30% des actifs sont au chômage, que les impôts ont doublé en cinq ans, on peut comprendre que la perte d’une bonne moitié de ce qui reste ne soit pas une proposition bien attractive…


En attendant, il faut bien continuer à manger, à se vêtir, à se soigner, à éduquer, à vivre. Fleurissent alors une quantité d’alternatives, suscitées par la nécessité bien plus que par une idéologie ou une élaboration intellectuelle, totalement hors du système marchand en faillite. Ces initiatives individuelles ou collectives n’opposent même pas une critique explicite et définitive du capitalisme. Elles répondent à une urgence, elles prouvent la créativité de l’instinct de survie, peut-être plus que les théories politiques. Sans le savoir encore, elles nous apportent la preuve qu’en situation de crise, la solution de la désargence émerge inévitablement. Il est possible, sans encore pouvoir en être certains, que la pratique de l’accès non marchand aux ressources, sans retour compensatoire, fera son chemin dans les esprits et que la Grèce, après nous avoir instillé l’idée de la démocratie, nous apportera maintenant l’idée d’une civilisation sans argent. Les quelques exemples suivants nous y incitent :


Dans la petite ville de Katérini, le système de santé est en complète déliquescence (voir article du 16 janvier). Les malades chroniques (diabétiques, cancéreux, séropositifs, etc.) ne trouvent plus les médicaments vitaux pour eux, ni dans les pharmacies ni à l’hôpital. L’accidenté qui veut se faire soigner d’une blessure doit fournir lui-même les médicaments, les pansements, les cathéters nécessaires. Dans le même temps, des médicaments envoyés de France ou d’Allemagne restent inutilisés faute de pouvoir traduire les notices en grec. Les dates de péremption sont dépassées faute de lien entre les lieux de stockage et les prescripteurs… Un petit groupe de jeunes bénévoles participant à un centre social autogéré a résolu le problème en une journée, sans aucun moyen financier, sans intérêt personnel ni compétences particulières. Avec leurs ordinateurs personnels, ils ont mis en place un logiciel qui permette le suivi d’un médicament et de son usage, qui facilite l’anticipation de la pénurie comme de l’abondance, qui centralise toutes les données informatiques au niveau des fournisseurs, des praticiens, des patients, qui donne accès rapidement au produit demandé… En une journée, sans tambour ni trompette, une poignée de bénévoles ont fait ce que l’État n’a pu réaliser en dix ans, avec d’énormes moyens. La maîtrise des ressources et des usages est simple, pratique, économique et les bénévoles de Katerini nous le prouvent. Qui a dit que la désargence c’était l’inefficacité ?


 

Au coeur d’Athènes se sont ouverts des magasins d’un genre nouveau. Ils servent de simples centres de distribution. N’importe qui peut y déposer ce dont il n’a plus l’usage, le produit qu’il ne pourra pas consommer, l’objet qu’il a fabriqué… N’importe qui peut y prendre ce dont il a besoin pour se nourrir, se vêtir, se distraire… Il n’y est pas question d’argent, ni d’échanges, pas même de don et de contre don. Tout y est anonyme et vous ne saurez pas à qui vous devez d’avoir obtenu le kilo de lentilles qui vous a mis l’eau à la bouche ou à qui votre CD de musique a fait tant plaisir. Dans ces magasins, il est impossible de dire ce qui vaut le plus, du kilo de lentilles qui nourrit ou du CD qui réjouit. Ces épiciers d’un autre genre se rendent-ils comptent à quel point ils sont révolutionnaires ?... A quel point ils remettent en question le profit, les hiérarchies de valeurs, la notion de classes… ? Les magasins Emmaüs vendent, les Restos du Cœur offrent, les friperies du Secours Populaire reçoivent les dons de généreux donateurs pour les redistribuer aux pauvres. Les magasins libres d’Athènes ne font rien de tout cela. Ce ne sont pas les miettes des riches qui tombent sur les pauvres. On ne demande pas au visiteur qui prend un objet s’il est chômeur ou SDF. Pourquoi prendrait-il inutilement un objet au risque d’en priver un autre qui en aurait besoin ? On ne remercie pas le nanti qui se débarrasse du manteau de trop puisqu’il en est soulagé. Le SDF qui va le porter n’a pas de gratitude à exprimer puisqu’il n’y a pas de don mais une place gagnée dans une armoire.

 

Qui a dit que la désargence c’était le don ou le troc ?


Ailleurs, une sorte de Diogène devient célèbre dans un quartier populaire. Vieux et sans famille, il s’est trouvé un bon moyen de se tisser les relations humaines qui lui manquaient. Il glane de-ci-de-là de quoi remplir une grande gamelle qu’il fait chauffer sur le trottoir et invite le passant à partager son repas. Certains viennent animer la cantine avec un accordéon ou un bouzouki, d’autres viennent parce qu’ils ont faim, d’autres encore s’intègrent au petit groupe qui s’est formé pour le seul plaisir d’être ensemble. Diogène n’a pas organisé une soupe populaire, il ne joue pas au Coluche médiatique, il ne se penche pas sur la misère du monde comme ceux de l’église d’à côté. Il partage un moment avec d’autres. Qui a dit que la désargence, c’était la débâcle sociale ?...


Des paysans mourraient de vendre à perte les produits de leurs récoltes aux supermarchés. Des citadins mourraient de ne plus pouvoir aller au supermarché. De plus en plus, ils finissent par se rencontrer, les uns pour écouler leur production au lieu de les jeter, les autres pour avoir de quoi manger sans grands moyens. Le but n’est plus l'échange, ni le profit de l’un, ni la nécessité pour l’autre. Le but est la découverte puis le respect de celui qui nourrit, de celui qui apprécie cette nourriture. Des relations se nouent entre ceux que l’on appelait jadis les producteurs et les consommateurs, des échanges s’établissent non plus autour d’un produit mais autour d’une histoire, d’une compétence, d’un mode de vie. Qui a dit que sans argent plus personne ne travaillerait ?


De tels exemples de désargence en germe sont légion tant la crise est généralisée, humanitaire autant qu’économique, tant la désespérance et la perte de sociabilité étaient “monnaie courante” ! Je n’irai pas jusqu’à crier « Vive la crise ! » mais je me dis qu’à la classique question de la faisabilité de la désargence, de la transition du système monétaire à autre chose, une réponse est en train de naître, petite mais puissante, au pays des inventeurs de la démocratie…


En France aussi l'idée de la désargence fait son chemin. Depuis la parution en avril 2013 du "Porte-monnaie" (voir article sur le blog), beaucoup de travail a été réalisé pour rassembler les compétences et la documentation autour de ce sujet, pour élaborer un véritable outil de réflexion. Plusieurs rencontres seront organisées, à Mâcon le 12 avril, Lyon le 19 avril, Marseille le 24 mai, Clermont-Ferrand le 7 juin... Vous serez tenu au courant de la programmation.


Ceci explique le silence-blog de ces dernières semaines dont certains se sont étonnés....


Tag(s) : #Désargence

 

http://aptgchronique.overblog.com/2014/03/la-crise-grecque-remet-en-cause-l-usage-de-la-monnaie.html

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29 décembre 2013 7 29 /12 /décembre /2013 02:45

 

Alternatives

Elle vit sans argent, et s’en porte très bien

Isabelle Tissot (Durable)

samedi 5 octobre 2013

 

 

Heidemarie Schwermer, 69 ans, a tout de l’archétype de la grand-mère allemande. A un détail près. Il y a quinze ans, en mai 1996, elle a fait le choix de vivre sans argent. Impossible voire impensable, direz-vous ! Et pourtant, cette expérience, qui ne devait au départ durer qu’un an, s’est prolongée. A tel point que son initiatrice n’envisage plus de vivre autrement.



 

Les prémisses de cette idée un peu folle remontent aux années 1990. Après un divorce douloureux, Heidemarie, ancienne institutrice, s’installe avec ses deux enfants à Dortmund dans le nord-ouest de l’Allemagne, où elle ouvre un cabinet de psychologue. Les chocs pétroliers ont frappé de plein fouet la région très industrielle de la Ruhr, précipitant de nombreuses personnes dans la pauvreté. Un constat qui choque Heidemarie, convaincue qu’il ne s’agit pas fondamentalement d’un manque de ressources, mais de leur mauvaise répartition. Quelle absurdité, se dit-elle, que certains ne sachent plus quoi faire de leur argent quand d’autres meurent de faim !


Alors que d’aucuns se seraient contentés d’un apitoiement de circonstances, cette femme énergique refuse de se résigner à cette situation de fait, persuadée que les petits gestes de chacun comptent. Elle monte un projet appelé « Gib und Nimm », en français « Donne et prend », opérationnel en 1994 à Dortmund : tout simplement un système de troc, où les gens échangent biens, services et compétences, sans aucun recours à de l’argent.


Le succès est au rendez-vous, mais pas comme elle l’espérait : ce ne sont pas les sans-abris qui se pressent aux portes des points de rencontre « Gib und Nimm », mais les chômeurs, les retraités ou encore les étudiants… Conséquence inattendue de l’aventure « Gib und Nimm », Heidemarie se rend bientôt compte qu’elle n’a pas besoin de beaucoup pour vivre, et certainement pas de tout ce qu’elle possède. Germe alors une idée folle, ne pas dépenser un seul sou pendant un an.


Arrive le joli mois de mai 1996, sa décision est prise. Elle donne ses biens à des amis et des connaissances, ferme son compte bancaire, résilie ses assurances, et vend sa maison. Mais hors de question de vivre dans la rue ! Elle tire parti de son réseau de troqueurs passionnés qui lui confient la garde de leur maison en leur absence contre de menus services. Elle récupère les invendus des supermarchés bios de Dortmund et s’habille avec des vêtements qu’elle a troqué au marché aux puces. Elle se refuse même à aller chez le médecin. Quant à sa retraite mensuelle de 700 euros, elle la donne à des proches qui en ont besoin. De même pour les droits d’auteur de « Vivre sans argent », le livre traduit dans cinq langues qu’elle a tiré de son expérience : la coquette somme a été reversée en coupures de cinq marks à des passants chanceux. Ses effets personnels se résument au contenu d’une petite valise. Plus 200 euros en cas d’urgence.


D’abord tenaillée par l’angoisse du réfrigérateur désespérément vide, elle finit par apprécier de ne pas savoir de quoi demain sera fait. Au point d’adopter définitivement ce nouveau mode de vie, auquel elle ne renoncerait pour rien au monde. Heidemarie Schwermer partage son temps entre les services qu’elle rend pour assurer son quotidien, l’écriture de son troisième ouvrage, et de nombreuses conférences. « Living without the money », le documentaire tiré de son expérience n’a pas encore été diffusé en France, mais connaît déjà un franc succès dans le monde entier.


On lui demande souvent si elle n’a pas subi de traumatisme dans son enfance qui permettrait d’expliquer ce dessein irraisonné. Aucun, répond cette native de Dantzig, à l’époque enclave allemande en terre polonaise, si ce n’est la fuite vers l’ouest devant l’avancée des soldats soviétiques à la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Arrivée en Allemagne, la famille démunie fait l’objet de moqueries, une prise de conscience brutale pour la petite fille qu’elle était à l’époque, du pouvoir de l’argent sur le jugement des hommes.


A ceux qui la traitent de folle, elle répond que « l’argent nous détourne de l’essentiel » et que l’abandonner lui a apporté « une qualité de vie, une richesse intérieure et la liberté ». Une démarche qu’elle souhaite pousser encore plus loin, en prônant désormais le partage totalement désintéressé, plutôt que le troc.


Provocatrice ou prophète en avance sur son temps, le débat reste ouvert. Bien entourée et peut-être chanceuse au fond, Heidemarie Schwermer a prouvé qu’il était possible de vivre sans argent pendant quinze ans dans un pays où le troc, la récup et le système D font partie intégrante de la culture. Pas sûr qu’elle fasse des émules, et par ailleurs ce n’est pas tant son but que « de faire réfléchir les gens sur leur façon de vivre et leur relation aux autres. » Un pari réussi !

 


 

Source : Durable

Première mise en ligne sur Reporterre le 11 septembre 2013.

Ecouter aussi : Pourquoi se débarrasser de l’argent ?

 

http://www.reporterre.net/spip.php?article4659

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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 01:42

Une banque villageoise, solidaire et qui prête à taux zéro : rien d’impossible (Basta!)

Posted: 01 Nov 2013 09:37 AM PDT

C’est une autre manière de reprendre le contrôle de son épargne. Les habitants de la vallée d’Aspe, près de la frontière espagnole, ont décidé de se mobiliser pour relocaliser l’économie et créer des emplois. Leur association Aspe solidaire collecte l’épargne des habitants afin de financer des activités dans la vallée. Et d’enrayer la désertification. L’économie par les citoyens et au service des citoyens.


Cela s’est produit sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle, mais ce n’est pas un miracle. Une centaine d’habitants de la vallée d’Aspe ont décidé de re-dynamiser l’économie de leur territoire en voie de désertification. Ils ont monté l’association Aspe Solidaire. Objectif : collecter l’épargne des habitants et proposer des prêts à taux zéro à des porteurs de projets désireux de s’installer dans la vallée, où vivent 2 700 personnes. Cette initiative « permet aux gens qui veulent faire quelque chose pour le territoire, sans avoir envie d’être élus, de s’impliquer », explique Anne, l’actuelle présidente de l’association. Car la vallée est quelque peu sinistrée.


Avec un revenu net par foyer inférieur de 6 000 € à la moyenne nationale et une population vieillissante, la vallée d’Aspe peine à retenir les enfants du pays. La population des 13 villages béarnais qui constituent la communauté de communes a chuté de 65% depuis le début du siècle dernier ! Si l’exode rural s’est depuis ralenti, la tendance est toujours à la baisse. Quand Anne, historienne, a organisé une réunion d’information sur la mise en place d’un dispositif d’épargne citoyenne et solidaire, les riverains ont accouru. « C’était un soir de janvier 2011, il faisait froid, il neigeait, mais il y a avait quand même une centaine de personnes. Cela montre que l’idée correspondait à une attente », souligne cette conseillère municipale d’Accous, l’un des villages de la vallée, qui précise que l’association ne bénéficie d’aucune subvention.

[...]

Lire la suite sur www.bastamag.net

 

Relocaliser l’économie


Pendant la soirée, elle leur parle de l’exemple du Comité local d’épargne pour les jeunes (Clej) qui soutient des projets de jeunes basques grâce à l’épargne solidaire. L’assemblée est emballée et un rendez-vous est fixé la semaine suivante pour créer l’association. Les membres se donnent un an pour recueillir les prêts des volontaires. Emma, caissière dans une grande surface des environs, et trésorière de l’association, n’a pas été difficile à convaincre : « Niveau emploi, il n’y pas grand chose par ici. Alors j’ai été emballée par l’idée d’aider à créer de l’activité dans la vallée. »


Plus d’une centaine d’habitants, soit 4% des habitants de la vallée, prêtent chacun 180 € à l’association (15€ par mois). « Les gens avaient envie de faire quelque chose pour dynamiser l’économie locale. Pour ma part, je voulais agir à ma façon, avec mes compétences limitées, pour faire avancer les choses, permettre à des gens de développer une activité, de vivre et d’habiter dans la vallée », témoigne Francis, retraité de l’Éducation nationale.


Bien que la démarche soit avant tout économique, certains membres de l’association mettent en avant des considérations écologiques : « Il s’agit de relocaliser l’économie en raccourcissant les circuits de production et de consommation », argumente l’ancien enseignant. « Cela n’a pas de sens de faire une heure de voiture, de dépenser du gasoil et de polluer pour des activités dont la présence se justifie dans la vallée », ajoute Monica, une ancienne bergère.


20 000 € sont récoltés en 2011, qui vont bénéficier à cinq projets : une entreprise de céramique, une autre de ferronnerie-mécanique, deux structures d’aide au développement commercial et un centre de soins esthétiques voient le jour. Un peintre au RSA a également fait appel à l’association en urgence pour pouvoir acheter des cadres afin de proposer ses œuvres à la vente lors d’une exposition. Ici, on ne stigmatise pas, on aide.


Soutien financier et moral


Parmi ces porteurs de projets, certains n’auraient pas pu démarrer leur activité sans l’association. « Les banques ne prêtent qu’aux riches, pas à ceux qui n’ont pas un radis, c’est bien connu, sourit Francis. L’argent prêté sert d’apport personnel à ceux qui n’en ont pas. » Un argument non négligeable pour convaincre les institutions financières de la viabilité d’un projet. « Avoir l’aval des gens de la vallée donne de la crédibilité auprès des banques », confirme Aurélie qui, grâce au soutien de l’association, a réussi à convaincre son conseiller de lui prêter de l’argent. Un peu plus d’un an après le lancement, la fréquentation de son salon esthétique est supérieure à ses prévisions.


Pour autant, l’association ne répond pas favorablement à toutes les sollicitations. « Même si ce ne sont pas de grosses sommes, nous sommes attentifs aux projets soutenus par respect pour les gens qui ont placé leur espoir dans l’association », justifie Francis. Ainsi, chaque demande de prêt est étudiée par l’hétérodoxe conseil d’administration (voir la photo) et un comité technique composé de chefs d’entreprises ou de banquiers, pour la plupart à la retraite. Ceux-ci évaluent la solidité du projet et accompagnent les entrepreneurs dans leurs démarches, de l’étude de marché à la définition de leurs besoins de trésorerie. Plus qu’une somme d’argent, Aspe solidaire apporte un soutien technique et moral à ceux qui la sollicitent.


Quand l’économie développe le lien social


Les membres de l’association insistent sur l’aspect solidaire de leur démarche. Les membres ne peuvent espérer un quelconque retour sur investissement lorsqu’ils prêtent de l’argent. Car, quand les sommes engagées sont remboursées 3 à 4 ans plus tard, l’inflation est passée par là. « Nous ne sommes pas dans une logique capitaliste », résume Anne. En outre, les prêteurs n’ont aucune garantie de revoir leurs deniers. « Si quelqu’un ne rembourse pas son prêt, on ne se retourne pas contre lui. On se contente de répartir la perte sur tout le monde, c’est le côté militant des prêteurs. Des liens forts de responsabilité et de confiance se crée entre tous les membres », estime Francis. Et le prêt sonnant et trébuchant n’est pas l’unique levier. « Tout le monde aide à son niveau, soit en prêtant, soit en allant acheter chez une des personnes aidées par l’association. Cela crée un réseau de solidarités ». Un point de vue partagé par Myriam, membre du Conseil d’administration : « Par l’économie, on développe le lien social », juge-t-elle.


 

Le succès de la première levée de fonds en 2011 a été tel que les membres d’Aspe solidaire ont décidé d’organiser une deuxième collecte d’épargne en 2013 pour répondre aux sollicitations de nouveaux porteurs de projets. Alors même que les premiers prêts n’ont pas été remboursés, 73 personnes se sont déjà engagées et les inscriptions courent jusqu’à la fin de l’année. Le caractère concret de l’action et sa capacité à mobiliser au delà des clivages partisans fait reconnaître à Monica, élue d’un village de la vallée, qu’elle se sent « parfois plus utile ici qu’au conseil municipal ». Une expérience à multiplier (A relire : quand les pauvres inventent une banque véritablement populaire) ?


Emmanuel Daniel (Tour de France des alternatives)


Photo de une : CC Jean-Michel Baud

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10 août 2013 6 10 /08 /août /2013 21:36

 

 

http://blog.e-loue.com/2013/07/05/1er-forum-de-l%E2%80%99economie-collaborative-de-bordeaux/

 

United Nations

 

Le site http://curiouser.fr a récemment dédié un article à l'économie collaborative* et à la façon dont elle a été rendue possible.


Cette "nouvelle" forme d'échanges (en fait, très ancienne...) connaît depuis quelques années un essor impressionnant, avec des dizaines d'initiatives un peu partout dans le monde.


Exemple : le prêt entre particuliers, qui connaît un nouvel essor, amplifié par la crise économique. Rien qu'aux Etats-Unis, ce secteur "pèse" 500 millions de dollars !


Internet permet ainsi de stimuler ce que l'on peut qualifier "d'innovation ascendante" en la rendant accessible au plus grand nombre.


Un point est aussi fait sur les origines de ce modèle (avec de nombreuses utopies du passé, des kibboutzim aux hippies) mais aussi aux tentatives de reprise par le marketing.


Mais au final, l'économie collaborative est surtout la manifestation concrète d'une recherche de sens moral et de contact humain (délaissées par l'économie conventionnelle) en s'appuyant sur (donc : sans renoncer à) l'innovation technologique.

 

« Dans une société collaborative, la créativité et l’innovation sont décuplées : elles s’enrichissent de la diversité, et permettent en même temps à chacun de garder son individualité et de rechercher son épanouissement. » (« Vive la corévolution » d’Anne-Sophie Novel et Stéphane Riot).

 

Source : http://curiouser.fr/economie-collaborative-les-valeurs-dinternet-pour-modele-societal

 

Lire aussi : http://ecoloptimiste.over-blog.com/article-international-vers-un-indice-de-la-consommation-collaborative-102914941.html

http://ecoloptimiste.over-blog.com/article-international-les-hackers-chevaliers-verts-de-l-informatique-75906009.html

 

Des exemples d'économie collaborative :

http://ecoloptimiste.over-blog.com/article-france-des-voitures-a-louer-entre-particuliers-avec-video-104709825.html

http://ecoloptimiste.over-blog.com/article-chez-vous-un-site-pour-savoir-comment-reparer-au-lieu-de-jeter-104414949.html

 

Alexis V.

 

*Ensemble des nouvelles formes de partage, d’échange et de location permises par Internet, afin de collaborer entre particuliers.

 

http://ecoloptimiste.over-blog.com/article-international-l-economie-collaborative-nouveau-modele-de-societe-119425527.html

 

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http://blog.e-loue.com/2013/07/05/1er-forum-de-l%E2%80%99economie-collaborative-de-bordeaux/
 

 

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9 juin 2013 7 09 /06 /juin /2013 05:30

 

Par admin   Print This Post ch-suisse

http://sem.unige.ch/wp/journal-versoix/?p=634

 

 

La Suisse est un modèle merveilleux qui mériterait d’être étudié par d’autres pays
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8 juin 2013

Les avantages de la Suisse vus par un Américain


Interview de Stephen P. Halbrook*


 

 

Horizons et débats : Monsieur Halbrook, vous avez écrit plusieurs livres sur la Suisse dans lesquels vous avez corrigé la fausse image du pays donnée par certains cercles au cours de ces dernières années. Vous avez ainsi apporté une importante contribution à l’observation réaliste de l’histoire de la Suisse.


Stephen Halbrook : Etant citoyen américain, j’en possède les valeurs traditionnelles, qui sont très proches de celles de la Suisse. En font partie la démocratie locale, le fédéralisme et la neutralité. Nous-mêmes avons perdu la vertu qu’est la neutralité et nous avons trop de centralisme. Le modèle suisse traditionnel peut bien inspirer les Américains.


Mais actuellement la Suisse est sous forte pression de la part de l’Union européenne, y compris économiquement par des entraves commerciales parce qu’elle n’est pas membre de l’UE. Par chance les Suisses ont refusé d’adhérer à l’UE. Vous avez adopté l’accord de Schengen. Les accords de sécurité ont un coût et certains des éléments contreviennent aux traditions suisses.


Dans ce contexte il y a un thème que je traite aussi aux Etats-Unis, soit le droit du peuple de garder des armes et de les porter. Lors de la révolution, notre pays avait puisé son inspiration dans la Suisse. Nous combattions la plus grande monarchie, dotée de la plus grande armée du monde. Les Suisses avaient agi de même en combattant les Habsbourg, les Français et autres envahisseurs à Morgarten, à Sempach et dans bien d’autres batailles. Un petit pays sans roi avait vaincu les grands pays régis par de puissants rois avec de grandes armées. Ce fut de quoi ins­pirer les Américains, ce que peu de gens savent.


Tant aux Etats-Unis qu’en Suisse apparaissent des problèmes identiques. Les assassinats commis par des criminels et des fous font surgir des propositions visant à confisquer les armes à feu des personnes individuelles qui respectent la loi. S’y ajoutent les propositions de supprimer l’armée de milice, qui devrait être remplacée par une armée de métier, voire même de se passer de toute armée.

 


Horizons et débats : Cela est en discussion actuellement en Suisse. Il y a une initiative qui demande la suppression de l’armée de milice pour passer à une armée de « volontaires ». Pour finir, nous aurions une armée de métier.


Stephen Halbrook : Cette question est en liaison étroite avec les objectifs de l’armée. En Suisse, il s’agissait de défendre le pays, et on a suivi le conseil de Nicolas de Flue, de ne jamais se rendre dans d’autres pays : Restez dans votre périmètre, restez neutres. Les Suisses ont respecté ce conseil et en ont profité, ayant pu comme par miracle échapper à deux guerres mondiales. Les objectifs d’une armée de professionnels et de mercenaires sont l’agression contre d’autres pays afin d’étendre les territoires des monarques. Une armée de milice, composée des citoyens du pays, ne se prête guère à l’invasion d’autres pays. Elle sert principalement à défendre son propre pays contre toute invasion.


Lors de mes recherches pour mes livres « Target Switzerland » en 1998 [« La Suisse encerclée », Editions Slatkine, 2000] et plus tard « The Swiss and the Nazis », [« La Suisse face aux Nazis », 2006, traduction française par Jacques Langendorf, à obtenir parcabedita.ch/product.php, je suis tombé sur une histoire étonnante. Tout homme est armé, ayant un fusil à la maison. Dès le début de la guerre, le Conseil fédéral et le général Henri Guisan firent savoir que : si vous entendez que nous avons capitulé, ce sera faux, un mensonge et de la propagande de l’ennemi. A l’époque, les Allemands avaient lancé des tracts par ­avions sur les pays à conquérir, dans lesquels il était prétendu que le pays avait « capitulé ». L’annonce de la Suisse rendait toute reddition impossible. Par ailleurs, la population avait des fusils à la maison, ce qui lui permettait de se mobiliser immédiatement pour la défense du pays. Cette combinaison de facteurs permit de sauvegarder l’indépendance du pays pendant la guerre. L’armée de milice est puissante dans l’infanterie, car il est question surtout d’armes à feu portatives. Mais qu’y a-t-il de mieux pour la défense du pays ?

 


Horizons et débats : Autrement dit, l’armée suisse est un modèle de paix. Si tous les pays avaient une telle armée, il n’y aurait plus de guerres.


Stephen Halbrook : C’est bien ça. L’objectif des grandes armées est l’agression. Aux Etats-Unis, nous sommes allés de l’avant, mais avons aussi reculé. Nous fûmes longtemps neutres, puis nous avons été impliqués dans la Première Guerre mondiale, ce qui était une situation problématique. Par la suite on se demanda comment ne pas se laisser entraîner dans les guerres européennes dès la fin des années trente. Mais après Pearl Harbor il fut impossible de se tenir à l’écart. Depuis lors nous n’avons plus été neutres, ce qui a modifié le caractère du pays.


Nous avons actuellement beaucoup de problèmes aux Etats-Unis et notre pays est profondément divisé. La lutte des classes du président Obama tente d’opposer les gens les uns aux autres. Dès lors qu’on ne se trouve pas dans les bonnes grâces de son administration, on est bousculé, soumis aux impôts, réglementé, contrôlé et espionné, alors que les amis capitalistes qui le soutiennent reçoivent des milliards de dollars en récompense. C’est du népotisme de la pire espèce, alors qu’il faudrait que chacun travaille pour le bien de tous. Voilà notre situation politique à l’heure actuelle.

 


Horizons et débats : Qu’est-ce qui vous fait penser que c’est un avantage pour la Suisse de ne pas être membre de l’UE ?


Stephen Halbrook : Elle perdrait sa souveraineté et son indépendance. Elle tomberait au rang d’Etat satellite entre l’Allemagne, la France et la Grande- Bretagne. Les bureaucrates de Bruxelles tireraient les ficelles, eux qui mènent l’UE et les grands dirigeants.


Considérée historiquement, la Suisse s’est toujours trouvée en opposition à l’Allemagne, laquelle rêvait toujours d’une grande Allemagne. Lors de leur arrivée au pouvoir en 1933, les Nazis firent tracer des cartes sur lesquelles la Suisse n’était plus qu’une partie de la grande Allemagne. Aujourd’hui, les taux d’imposition, à l’allure de confiscation, incitent les contribuables à sauver leurs biens à l’étranger. Certains tentent de sauver une partie de leurs revenus en l’amenant ici. Mais ils sont victimes des poursuites de leur pays.


Par ailleurs, vous avez été trop pris dans les serres des départements américains de la Justice et des Finances, qui ont violé les lois suisses destinées à sauvegarder la sphère privée. On comprend que l’administration américaine des Finances s’efforce de contraindre les contribuables à payer leurs impôts, mais c’est une autre histoire que de vouloir s’immiscer dans les autres pays en étant bien décidé à ignorer leurs lois, et à vouloir boycotter leurs banques dans la mesure où leurs autorités ne seraient pas prêtes à modifier les lois de protection des données.

 


Horizons et débats : A mon avis c’est une question importante. L’accord avec l’Allemagne, par exemple, exige que la Suisse prélève les impôts pour l’Allemagne. Mais les Allemands ont refusé cet accord, car ils veulent que la Suisse reprenne l’entier du droit fiscal allemand. Il apparaît clairement que les grands pays tentent de contraindre les petits à modifier leurs lois. C’est une perte de souveraineté pour tous les petits pays. C’est en contradiction avec la Charte de l’ONU, laquelle protège la souveraineté de tout pays.


Stephen Halbrook : Depuis sa création en 1291, la Suisse a la réputation de s’engager pour sa souveraineté et de la conserver. C’est pourquoi elle ne se contente pas de la neutralité, mais la veut perpétuelle et protégée par une armée. Elle doit donc s’assurer une bonne défense bien en vue face aux autres pays. Les adversaires militaires doivent savoir qu’il vaut mieux ne pas venir, car cela pourrait être sanglant et coûter très cher. C’est pourquoi il faut aussi résister aux pressions économiques et conserver sa propre industrie. On ne devrait pas risquer d’être obligé de n’accepter les bananes, les pommes et les tomates que dans les dimensions dictées par l’Union européenne.

 


Horizons et débats : Estimez-vous que nous ayons besoin de la neutralité armée ? Est-elle vraiment nécessaire ?


Stephen Halbrook : Oui, c’est nécessaire, surtout pour un petit pays. C’est la seule voie de salut. Il faut ­rester neutre. On doit rester neutre. Dans la mesure où l’on est entraîné politiquement dans les disputes d’autres pays, on s’enfonce, sans la neutralité armée, dans un cul-de-sac. La neutralité ne suffit pas, il faut une forte armée de milice. Vous devez vous comporter comme vos ancêtres depuis 1291. C’est une histoire vieille de 700 ans. Dans certaines batailles, tous les Suisses furent tués, mais l’ennemi avait perdu encore plus de monde. Il y a l’exemple de Winkelried. La version moderne signifie de disposer d’avions de combat, mais aussi des fusils d’assaut 90, à remettre à tout homme dès l’âge de 18 et 20 ans.


Les compétitions de tir sont un important sport national en Suisse. Cela avait particulièrement impressionné les Américains des XIXe et XXe siècles. Les observateurs américains estimaient que ces tirs cantonaux étaient un excellent entraînement d’infanterie. Il ne s’agit pas que d’un programme de formation, mais c’est aussi une fête pour la famille et la population. C’est une tradition suisse sans pareille qui doit être maintenue. Pour ma part, j’ai participé à quelques-unes de ces fêtes de tir et j’ai publié des articles sur le sujet dans des revues américaines de sport de tir.

 


Horizons et débats : Puis-je résumer ce que vous venez de dire : Le modèle démocratique avec toutes les particularités de la Suisse pourrait être d’intérêt pour tous les pays pour en tirer des expériences et mettre en œuvre la démocratie directe dans leurs pays.


Stephen Halbrook : C’est un modèle merveilleux qui mériterait d’être étudié par d’autres pays. Il est assez dur pour vous de maintenir votre modèle. Vous avez des initiatives populaires telles que l’initiative « Pour la protection face à la violence des armes » en 2011. Lors du scrutin, 56% ont voté contre et 44% ont voté pour. En fait, vous devez faire attention à ne pas vous trouver divisés en groupes opposés. Il est important de protéger ses propres institutions et de demeurer un modèle positif pour les autres pays. S’il disparaît, le modèle sera disparu pour toujours.

 


Horizons et débats : Que pouvons-nous faire pour maintenir le modèle et résister à toutes ces attaques venant de l’extérieur – et comme vous l’avez mentionné, également de l’intérieur ?


Stephen Halbrook : On peut tirer des leçons importantes des expériences avec les Américains pendant les années 1991. Il vous faut tenir bon et être forts, et surtout ne pas céder ou être faibles. J’ai observé cela à maints égards. J’ai assisté aux auditions au Congrès américain, qui ont été provoquées par les controverses, dues aux procès intentés contre les banques suisses. L’histoire a été réécrite et réinventée, ce qui servait aux objectifs du procès et conduisait à d’importants paiements.


De nombreux Suisses ne comprenaient pas pourquoi « les Américains » disaient de telles choses. Pourquoi l’ont-ils fait ? Ce n’étaient pas les Américains, c’était seulement un petit nombre d’Américains. Ils l’ont fait pour des raisons politiques et pour sécuriser les paiements.


Le Conseiller fédéral Villiger a présenté ses excuses pour le tampon juif que les nazis ont apposé sur les passeports juifs à partir de 1938. C’était pourtant une initiative allemande, et non pas une initiative suisse. Le rapport de Carl Ludwig de 1957 contenait l’histoire complète de la question des réfugiés : toutes les informations étaient disponibles. Des années plus tard, un journaliste mal informé l’a perturbé et a écrit que la Suisse avait initié le tampon J. Quelle ­idiotie – comme si la toute petite Suisse avait pu dicter quoi que ce soit au Troisième Reich d’Hitler.


Le fait est le suivant : En 1938, le représentant suisse Heinrich Rothmund a rendu visite à l’Allemagne et a rencontré Werner Best, le deuxième plus haut commandant et conseiller juridique de la Gestapo. Ils ont discuté de questions d’immigration. A l’époque, l’Allemagne a essayé d’expulser les Juifs. Lorsque Rothmund a annoncé son opposition à une telle politique raciste, Best lui a fait savoir que les passeports des Allemands juifs seraient désormais marqués par le tampon J. Mais dans les années 1990, l’histoire a été dénaturée. Au lieu d’examiner les faits réels, le président de la Confédération suisse a cédé aux fausses accusations.


Comme je parle en tant que personne venant de l’extérieur et d’une perspective américaine, et comme je connais la façon dont les Américains au pouvoir traitent d’autres pays, je vous dis : la meilleure politique est de se lever et de se battre et de ne pas se mettre à genoux. Vous devez vous lever et être forts. Et de cette façon, vous serez respectés.

 


Horizons et débats : Nous ne savons pas ce qui se passera en Allemagne ou dans d’autres pays des alentours dans les années à venir.


Stephen Halbrook : Vous devez faire face à l’Allemagne, qui fut agressive à maintes reprises au cours de l’histoire. La menace contre la Suisse date de plus longtemps que 1933–1945 – la Guerre des Souabes eut lieu en 1499.

 


Horizons et débats : Qu’avez-vous entendu dire quant aux nouvelles analyses au sujet des réfugiés juifs refoulés à la frontière suisse ? Un historien juif de France a déclaré que leur nombre était d’environ 3000, et non pas 24 000, comme le rapport Bergier l’a prétendu.


Stephen Halbrook : Le rapport Bergier était basé sur un modèle insoutenable du point de vue statistique, supposant que chaque réfugié à qui on refusait l’entrée, était un autre réfugié. On ne peut compter quelqu’un qui essaie d’entrer cinq fois, comme cinq personnes différentes. Le chiffre réel est bien inférieur à 24 000. Et il y a un gros problème : on ignore qui entre dans le pays. Les personnes atteintes de maladies par exemple, pour ne pas mentionner les envahisseurs nazis qui planifient des actes de sabotage.


Le fait est que d’autres pays ont exclu les réfugiés juifs. En réalité, c’était là le gros problème en 1938. Après le rattachement de l’Autriche eut lieu la Conférence d’Evian. Les grandes puissances – la Grande-Bretagne, la France et les Etats-Unis – ne voulaient pas de réfugiés juifs. La toute petite Suisse tenta d’héberger ces réfugiés et de les aider à trouver des placements permanents. On ne peut attendre qu’ils puissent tous rester dans un petit pays. Il n’y avait aucune coopération de la part des grandes puissances occidentales. La Suisse avait la meilleure réputation concernant l’aide aux réfugiés. Comparez cela au nombre de ceux qui se sont vus refuser l’entrée aux Etats-Unis. Les Etats-Unis ont même refusé l’entrée aux navires qui – entièrement chargés de réfugiés juifs – ont navigué à travers l’océan Atlantique, uniquement pour être renvoyés vers l’Europe. La plupart des passagers périrent dans l’Holocauste.



Horizons et débats : Le fait qu’on a essayé de créer une nouvelle réalité, est très important.


Stephen Halbrook : Mais le rapport Bergier a tant de volumes qu’on ne les lit pas. Il y a des livres davantage lisibles. En Suisse, de nombreux livres sur Henri Guisan viennent de paraître. Jürg Stüssi et Luzi Stamm ont rédigé avec d’autres de nouveaux livres au sujet de la résistance suisse. Des documents britanniques de la Seconde Guerre mondiale, des dossiers de Winston Churchill jusqu’aux dépêches des diplomates ont démontré le rôle positif que le peuple suisse avait joué. Ce sont des livres bien lisibles et ils sont facilement disponibles dans les librairies. Le rapport Bergier n’est ni lisible ni accessible.


Bien sûr, les futurs historiens étudieront le rapport Bergier, mais cela sera compensé par les enregistrements originaux et de diverses sources secondaires. Bergier a refusé de mener des interviews avec des gens de la génération de guerre, bien que ce soit une source importante pour savoir comment les gens vivaient leurs quotidiens. Pour mes propres livres, j’ai interviewé de nombreuses personnes de la génération de guerre et tenté de refléter et représenter leurs sentiments et leurs expériences. J’ai rencontré des gens merveilleux que je n’oublierai jamais de ma vie.

 


Horizons et débats : Pour les Etats-Unis, mais également pour d’autres pays, la Suisse est un modèle. Elle dispose d’un système politique et social sans pareil.


Stephen Halbrook : Les Américains ont besoin du maintien du modèle suisse, car s’il échoue et si vous changez le système, nous ne pourrons plus nous référer à vos arguments et expériences dans le domaine du fédéralisme ou du droit de porter des armes. Car en ce qui concerne la détention d’armes à feu, vous disposez d’une grande liberté. Le tir sportif est très fort. Vous êtes une communauté impressionnante. Vous donnez le fusil d’assaut 90 à tout homme ayant 20 ans et servant dans l’armée de milice. Il le garde à la maison, ce qui est un modèle important et l’expression de la confiance de la population. Toutefois, un pourcentage disproportionné de crimes violents sont commis par des gens, connus ici sous le nom de touristes criminels. Les Américains, qui soutiennent la détention légale d’armes à feu et rejettent les lois visant à désarmer en général même les personnes qui respectent les lois, se réfèrent au modèle suisse dans nos débats. Cela remonte au moins jusqu’aux années 1930. Je suis très engagé dans ce débat.


L’expérience suisse montre que le fusil n’est pas le problème. Il s’agit d’un problème humain. Dans les zones urbaines des Etats-Unis, nous avons de considérables sous-cultures criminelles. Dans les quartiers pauvres, il y a beaucoup de jeunes hommes qui n’ont pas de perspectives économiques, ils n’ont pas de travail, ils n’ont pas de formation et chez eux, ils n’ont pas de père. Nous avons donc un effondrement de la famille, mais nous avons également un système de santé qui a particulièrement échoué dans le domaine de la santé mentale (mental health system). Nous avons des tragédies comme celle de la Sandy Hook Elementary School. A l’occasion de tels actes horribles, de nombreux politiciens cherchent à en profiter et proposent des lois visant à désarmer la population qui respecte pourtant la loi, même si de telles lois n’auraient pas évité les tragédies.


Obama est connu pour sa raillerie ex­primée lors d’une collecte de fonds privés à l’égard de ceux qu’il a désignés comme Américains en colère s’accrochant à leurs armes et leurs Bibles. Bien entendu, il a parlé des Américains traditionnels qui ressemblent beaucoup aux Suisses traditionnels. Si vous, en Suisse, ne gardez plus vos valeurs, ceux parmi nous, Américains, qui pensent que la Suisse représente un modèle digne d’être imité, vont également subir une perte. Au début de notre entretien, nous avons abordé la question de savoir dans quelle mesure votre démocratie se prête à être reprise dans d’autres pays. Aux Etats-Unis, nous avons une démocratie échouée à maints égards. Une démocratie dotée (mais de nom seulement) d’un gouvernement fédéral qui est occupé par le népotisme et exploite les classes défavorisées au profit de ses amis politiques. Pour rappeler un vieux proverbe : « Il vole Pierre pour payer Paul et en acheter la voix. » Nous sommes donc confrontés au déclin de nos valeurs traditionnelles.


Bien sûr, vous vous battez pour la préservation de votre système et pour ne pas céder à l’UE qui transformerait votre pays en un pays satellite des grandes puissances d’Europe qui règnent à Bruxelles. Peu importe que vous l’appeliez népotisme capitaliste ou socialiste, ce serait la fin de votre système fédéral, de la démocratie directe, de la neutralité, de la libre entreprise et des libertés fondamentales.

 


Horizons et débats : Nous perdrions notre fédéralisme et la démocratie directe et serions gouvernés de Bruxelles par un Etat centraliste. Nous y pouvons bien renoncer. Merci beaucoup de cet entretien.

 



* Stephen P. Halbrook est avocat et historien. Son ouvrage primé « Target Switzerland » a été traduit en allemand, français, italien et polonais et l’ouvrage « The Swiss and the Nazis » en allemand et français [« La Suisse face aux nazis »]. Son essai « The Swiss Confederation in the Eye of America’s Founders », édité par le « Swiss American Historical Review » se trouve sur le site : www.stephenhalbrook.com/law_review_articles/Halbrook-CH-US-Founders-SAHS-11-12-published.pdf. De plus amples informations sont disponibles sur : www.stephenhalbrook.com/



 

 

Pourquoi j’ai écrit le livre « La Suisse encerclée »


Je suis un descendant d’Américains qui sont arrivés en Amérique à bord de la « Mayflower » et qui ont pris part à la révolution américaine. Mes ancêtres étaient des Irlandais, des Anglais et des Français, mais pas des Suisses. Ainsi, je n’ai aucun lien national qui m’influence. En tant que jeune garçon – je suis né en 1947 – j’ai lu des informations à propos de la Seconde Guerre mondiale et je me souviens exactement d’une carte d’Europe à l’époque du IIIe Reich : couvertes de noir presque toute l’Europe continentale, des parties de la Russie et de l’Afrique du Nord, à l’exception d’une petite tache blanche – la Suisse.


Quand j’ai grandi, j’ai entendu des histoires d’Américains qui s’étaient battus à la guerre. J’ai entendu et j’ai lu que ­Hitler n’avait pas attaqué la Suisse parce que le peuple suisse était bien armé et pouvait continuer à se battre avec succès dans les Alpes. Plus tard, j’ai compris que cette vision des faits pendant le temps de guerre s’exprimait généralement dans les médias américains, à commencer par le « New York Times », jusqu’à plusieurs autres organes de publication.


La philosophie et le droit font partie de ma formation professionnelle. J’ai écrit des livres et des articles sur la Constitution américaine, en particulier sur les idées des fondateurs de 1768 à 1791. Lors de ce travail, j’ai constamment découvert des références à la Suisse et des jugements positifs de ses structures tels que le fédéralisme, la démocratie, l’armée de milice et la neutralité. Quand l’Amérique a essayé d’abolir la monarchie et de construire une république, notre pays a regardé la Suisse, comme presque unique société libre au monde, comme un pays entouré d’Etats absolutistes qui pourtant préservait son indépendance. Pendant plusieurs années, j’ai travaillé à un livre relatif à l’influence de la Suisse sur la révolution et la Constitution américaine.


Depuis 1991, je suis venu chaque année en Suisse. 1991 s’y est particulièrement bien prêté, parce que j’ai pu participer aux fêtes du 700e anniversaire de la Confédération helvétique. Depuis ce temps-là, je suis devenu un lecteur enthousiaste de l’histoire militaire de la Suisse, enthousiaste aussi de la manière dont la Suisse a résisté aux nazis. Outre mes travaux de recherche, je participe toujours à des fêtes de tir. Un grand moment fut le Tir fédéral de 1995 à Thoune. J’ai publié là-dessus des articles dans des revues spécialisées américaines. Au cours de ces années, j’ai gagné beaucoup d’amis en Suisse.


Lorsqu’il y a trois ans les attaques contre la Suisse ont commencé, j’ai été étonné de constater à quel point la vérité historique avait été évincée par une pure propagande. Les remarquables institutions suisses qui avaient influencé les fondateurs de l’Amérique, étaient les mêmes qui avaient rendu la Suisse capable de s’opposer au nazisme. Les cercles déterminants dans la politique et dans les médias, qui mettaient en scène la diffamation de la Suisse, sont ceux-là même qui rejettent les valeurs fondamentales derrière ces institutions. En tant qu’Américain, avec certaines connaissances sur la période en question, je me suis senti responsable de m’insurger contre et de dire la vérité sur un sujet qui avait été faussé par de nouveaux « Ugly Americans », suite auxquels notre pays ami historique a vécu un grand tort.


J’ai écrit ce livre pour rendre le public américain attentif au vrai déroulement historique de la période 1933–1945. Depuis deux siècles, nous nous considérons comme deux « républiques-sœurs » en raison de nos valeurs communes, en particulier la liberté personnelle, le fédéralisme et la démocratie. Ces valeurs ont permis à la Suisse de résister au nazisme et de survivre. Le public américain mérite d’apprendre la vérité sur ces événements ; en même temps, il devrait reconnaître la nécessité de conserver ces valeurs pour notre propre république.


Extrait de : Stephen P. Halbrook. Die Schweiz im Visier. Die bewaffnete Neutralität der Schweiz im Zweiten Weltkrieg, Schaffhouse 1999, pp 9. (Traduction Horizons et débats)



Aujourd’hui, la Constitution de la Suisse stipule que tout citoyen suisse de sexe masculin est astreint au service militaire et qu’il est responsable de l’armement qui lui est confié. « Cette particularité suisse est unique au monde et révèle toute la confiance accordée aux citoyens. Le droit de posséder une arme est considéré comme aussi naturel que celui de voter. La démocratie directe suisse, fondée sur un principe de contrat social entre gouvernants et gouvernés, prouve ainsi qu’elle est bien réelle. »

Marko Milivojevic, The Swiss Armed Forces, cit. D’après Halbrook, La Suisse encerclée, p. 257



 

La Suisse était le seul pays d’Europe à n’avoir pas de leader politique au pouvoir absolu susceptible de livrer son peuple aux nazis. Sur son territoire, il n’y eut ni victimes juives ni juridiction de la Gestapo, ni travail forcé pour la machine de guerre allemande. Chaque homme, en Suisse, gardait son fusil chez lui. La Suisse fut aussi le seul pays d’Europe où l’on proclama que, dans l’éventualité d’une invasion, toute annonce de reddition devait être considérée comme de la propagande ennemie et que chaque soldat devait combattre jusqu’à sa dernière cartouche, puis finalement, même à la baïonnette.

Halbrook, La Suisse encerclée, p. 12

 


La plus authentique démocratie d’Europe, si ce n’est du monde » fut le sujet d’une analyse du New York Times, en août 1938 : « La Suisse, une île de liberté et d’harmonie dans un océan de dictature et de discorde, a été une citadelle de paix au cours des siècles tourmentés. Mais cette paix n’est pas purement passive. Les Suisses sont prêts à combattre si le besoin s’en fait sentir. Ils l’ont montré, le printemps dernier, quand les Allemands se sont emparés de l’Autriche. Déterminés, les Suisses attendent le prochain acte, à leur façon, calmes et sereins, fusils chargés et baïonnette au canon. »

Halbrook, La Suisse encerclée, p. 65/66

 


Ce livre rend compte aussi de la répulsion qu’inspirait aux Nazis la démocratie suisse, et de celle qu’inspirait, réciproquement, le nazisme à la majorité des Suisses. Il montre la détermination manifestée par les Suisses pour éviter d’être absorbés par le Reich allemand – ce qui eût signifié l’extinction de l’identité et de la culture suisses, l’extermination d’un grand nombre de dissidents politiques réfugiés en Suisse et la mort presque certaine de 50 000 Juifs suisses ou réfugiés, établis dans la Confédération durant la guerre. (Ce fait acquiert une signification accrue si l’on veut bien considérer qu’en Allemagne et en Autriche, 28 000 Juifs seulement survécurent au conflit.)

Halbrook, La Suisse encerclée, p. 12


 

http://www.silviacattori.net/article4519.html
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19 avril 2013 5 19 /04 /avril /2013 06:18
Banque éthique
Banque éthique

La Banca Etica

Une vision originale de l’institution bancaire

La Banca Etica est née le 8 mars 1999 de la volonté d’un certain nombre de personnes de voir émerger une idée originale de la banque. Loin des conceptions traditionnelles des institutions bancaires, ce modèle nouveau perçoit la banque comme un point de rencontre entre des individus partageant l’exigence d’une gestion plus responsable et transparente des ressources financières.


Le but de la Banca Etica est donc d’encourager des initiatives socio-économiques particulières : celles où la production de la richesse et sa distribution sont fondées sur des valeurs de solidarité et de responsabilité vis-à-vis de la société civile.

Ainsi, la banque gère les épargnes de citoyens, familles, organisations, entreprises et institutions, et elle les investit dans des projets poursuivant des objectifs à la fois sociaux et économiques, tout en respectant la dignité humaine et l’environnement.


La Banca Etica ne tente pas de rejeter les règles de base de la finance. Elle essaye plutôt de réformer les valeurs essentielles sur lesquelles le monde bancaire se construit.

Le partenariat avec Emmaüs

Banque d’Emmaüs International, d’Emmaüs Europe ou d’Emmaüs Italie, la Banca Etica a une bonne connaissance du Mouvement et des actions mises en œuvre par les groupes Emmaüs à travers le monde.

Dans le cadre de sa coopération avec Emmaüs, la Banca Etica met à disposition des groupes Emmaüs divers services et produits bancaires, dans le respect des valeurs défendues par le Mouvement depuis sa création :

  • comptes courants
  • comptes d’épargne
  • prêts et crédits : automobiles, fonciers, hypothécaires, microcrédits de capitalisation, gestion des activités courantes, avances sur contrat/sur financements publics/sur factures.

Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site de la Banca Etica  : www.bancaetica.com

 

http://www.emmaus-europe.org/actions-de-solidarite-2/110-10-le-fonds-ethique-emmaus/111-20-la-banca-etica

 

 

Banque éthique
Banque éthique

Apparues en Europe, au Japon et au Canada il y a quelques années, les banques éthiques sont des établissements bancaires qui replacent l'argent au service des hommes par une maîtrise des flux financiers et le financement d'une économie sociale et solidaire.

La banque éthique pour encourager les placements responsables

Créée en 2001, la Fédération Européenne des banques Ethiques et Alternatives (FEBEA) est une association de droit belge installée à Bruxelles. Ouverte aussi bien aux pays membres de l’Union Européenne qu’aux pays candidats, elle réunit des institutions financières qui ont pour point commun de financer l’économie sociale et solidaire.


Les entrepreneurs de l‘économie solidaire ont souvent pour point commun d’avoir des difficultés à trouver des financements auprès du système bancaire classique. La FEBEA apporte donc ses compétences et ces financements à ces entrepreneurs responsables.


Les banques éthiques offrent les services bancaires habituels tout en proposant des placements éthiques, montrant ainsi que l’argent déposé sur un compte épargne peut servir des causes plus justes.


Les objectifs de la banque éthique repose sur des valeurs sociales et environnementales, tout en privilégaint la transparence et non la croissance économique et l’efficacité.

 

Ainsi, ces établissements bancaires n'investissent pas notamment dans les armes, le tabac et l’énergie nucléaire, et prêtent des fonds aux porteurs de projets d’insertion de personnes défavorisées, investissent dans les énergies renouvelables, l’agriculture biologique, ou encore les projets artistiques.

La NEF ou l'engagement éthique

En France, la Nef est une coopérative de finances solidaires. Depuis sa création en 1988, elle exerce une double activité de collecte d’épargne et de crédit dans le cadre d’un agrément de la Banque de France.


Depuis 20 ans, la Société financière de la Nef est le seul établissement financier engagé dans la gestion responsable et transparente de l’épargne citoyenne en France. Aujourd’hui, plus de 20 000 sociétaires ont choisi d’exercer leur responsabilité sur leur argent en déposant leur épargne ou en souscrivant un prêt auprès de la Nef. Et chaque mois, ce sont 200 nouveaux sociétaires qui franchissent le pas.

 Lire également sur la banque éthique

 

 

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Le dividende énergie
plutôt que les tarifs progressifs !
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herbes-01-astragale

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30 septembre 2012 7 30 /09 /septembre /2012 18:54

 

Dimanche 30 septembre 2012

Connaissez-vous le Forum démocratique ? Réunion le 8 octobre. NON au TSCG !

On peut ajouter Jean-Pierre Chevènement

(note d'eva)

 

Conférence du FORUM démocratique

le 8 octobre

avec Nicolas Dupont Aignan (DLR)

Jacques Myard (UMP)

Marie-Françoise Bechtel (MRC)

Patrick le Hyaric (Front de Gauche)

Jacques Nikonnof (MPEP)

27 septembre 2012
By
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Nombre de places limitées        

inscription: envoyer un email à forum.democratique@yahoo.fr

Entrée 7 euros (pour payer la salle)

http://forumdemocratique.fr/2012/09/27/conference-du-forum-democratique-le-8-octobre-avec-nicolas-dupont-aignan-dlr-jacques-myard-ump-marie-francoise-bechtel-mrc-patrick-le-hyaric-front-de-gauche-jacques-nikonnof-mpep/

 

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Voir aussi :

 

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Un tiers du chômage français imputable à l’Euro selon Jacques Sapir.

Europe, Bilderberg, Trilatérale : la nouvelle aristocratie dans Circus Politicus

Quand la politique n’est plus qu’un cirque

D’après le figaro, Les Français de plus en plus persuadés que l’UE les fait souffrir

Pourquoi la zone euro ne sortira pas de la récession?

Selon l’espoir économique, Une « gauche » soumise et perdue

Conférence de presse de De Gaulle

Quand la politique n’est plus qu’un cirque

 

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16 septembre 2012 7 16 /09 /septembre /2012 14:19

 

 

Une alternative à Evia : quand de jeunes grecs créent une éco-commune

Classé dans Alternatives, Environnement

Par Okeanos, le 16 septembre 2012 - 11:00

 

Une alternative très intéressante : traduction d’un article de JOANNA KAKISSIS sur l’éco-commune de Telaithrion à Evia (Eubée).



 

 

Apostolos Sianos, 31 ans, a quitté son emploi de Web designer à Athènes pour aider à établir l’éco-commune de Telaithrion. (Photo Joanna Kakissis / NPR)

 

Pour faire face à la pire récession de leur pays depuis un demi-siècle, de nombreux jeunes Grecs quittent le pays pour des emplois à l’étranger. Mais Apostolos Sianos, un Athénien de 31 ans, a décidé de renverser la tendance.

 

Il y a deux ans, il a quitté son emploi lucratif de conception de sites web à Athènes pour aider à établir un éco-commune, appelée le projet Telaithrion , à Aghios, village ancestral de sa famille sur l’île d’Evia (Eubée). L’idée était d’apprendre aux gens à être auto-suffisants à une époque où l’argent et les opportunités se tarissent.


« Cela signifie qu’ils peuvent apprendre choses simples comme faire son propre pain ou des choses plus complexes comme la construction de leur propre maison, » dit Sianos, qui a aidé à construire les yourtes de la commune – ces grandes tentes rondes des nomades d’Asie centrale. Environ 20 personnes vivent sur la commune en continu, et Sianos estime que plus de 2.500 personnes – dont un grand nombre venus de l’étranger – l’ont visité au cours des deux dernières années.


 

Julia Friedrich, 26 ans, a visité récemment l’éco-commune. Elle a voyagé de Berlin pour passer une semaine à apprendre les bases  de l’agriculture biologique, ce qu’elle veut essayer chez elle en Allemagne. «J’ai apporté mon sac de couchage et mon matelas», dit-elle, montrant le coin de la yourte où elle dormait. «Il y a des matelas et quelques couvertures et oreillers, donc il y a tout ce qu’il faut pour passer une bonne nuit. »


Friedrich avait passé la journée à nettoyer des noix avec Myrto Vournia, 24 ans , qui a quitté son faible salaire comme serveuse à Athènes pour travailler sur la commune. «Nous allons faire un dîner avec [les noix] ce soir», dit Vournia, qui a vécu ici pendant un mois. «Plus tard, nous préparerons des tomates séchées au soleil. »


Julia Friedrich, 26 ans, a voyagé de sa maison à Berlin pour passer une semaine sur l'éco-commune, où elle a appris à propos de l'agriculture biologique et la recherche de nourriture.

Julia Friedrich – Photo Joanna Kakissis / NPR

Ceux qui visitent la commune apprennent aussi le fourrage pour les noix et les légumes verts sauvages, la restauration des meubles mis au rebut et même la fabrication de leur propre dentifrice (un mélange d’argile, de bicarbonate de soude et de menthe poivrée).

Sianos et ses partenaires ont choisi Aghios comme site de leur projet, en partie parce qu’ils voulaient trouver suffisamment de terres pour éventuellement étendre la commune avec une école qui enseigne un mode de vie durable dans une économie sans argent.


« Nous avons cherché dans toute la Grèce», dit Sianos. « La plupart des gens a qui nous avons parlé nous ont dit:« N’allez pas quelque part où vous ne connaissez personne. « 


Son père, Giorgos, a déjà vécu sur Aghios. Avant la récession qui a frappé il y a cinq ans, le père de Sianos a quitté son entreprise d’importation à Athènes pour revenir au village où il avait grandi. Il a présenté son fils aux villageois conservateurs d’Aghios.


«Au début, ils étaient sceptiques parce que les Grecs ruraux ont tendance à se méfier», dit-il. « Cela a aidé qu’ils me connaissaient déjà. Alors, les gens du pays l’ont accueilli avec chaleur, et certains villageois ont prêté leurs champs à cultiver. »


Giorgos Sianos stocke désormais dans sa taverne les produits frais de la commune, qui sont végétaliens et correspondent à 80% de leurs besoins alimentaires.


Dionysis Papanikolaou, un chimiste de 30 ans du nord de la Grèce qui a vécu sur la commune depuis six mois, plante de la sauge, du romarin et de la lavande. Il dit que travailler ici lui a appris à trouver son propre chemin.


« Je ne pense pas qu’un pays peut offrir des possibilités », dit-il. «Je veux dire que c’est à l’individu de saisir les opportunités ou de créer des opportunités pour lui-même. »


Titulaire d’un doctorat en chimie, Papanikolaou pourrait travailler n’importe où dans le monde. Mais il dit qu’il veut rester en Grèce. Il dit que c’est une terre qui ne fait que commencer à être cultivée.


source : www.npr.org

 

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Link to OkeaNews

 

 

 

Maison : changez vos habitudes pour dépenser moins

 

Comment moins consommer

d'électricité ( vidéo, ici )

 

http://www.minutefacile.com/vie-pratique/gerer-son-budget/3596-comment-consommer-intelligent/

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Patrick Le Hyaric

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Réedition enrichie et actualisé du livre « GRAND MARCHE TRANSATLANTIQUE : Dracula contre les peuples » La première édition de cet ouvrage avait permis de révéler au grand public les négociations tenues secrètes sur le Grand Marché Transatlantique. Cette réédition actualisée et augmentée de plus de 65 pages donne des éléments nouveaux sur les débats en cours et comporte un chapitre supplémentaire sur la négociation secrète sur un projet de traité international pour la privatisation des services public. A mettre entre toutes les mains pour que le mouvement de résistance populaire contre le TAFTA mette en échec ces funestes projets. ..................................................................................................................... Je commande « Grand marché transatlantique : Dracula contre les peuples » Au prix de 8€ + 2€ de frais de port par exemplaire (valable uniquement pour la France métropolitaine) Soit 10€ X……………. = …………….€ Nom………………………………………..Prénom…………………………………………… Adresse…………………………………………………………………………………………................................................................................................. Ville……………………………………………………………………................. CP…………………..................................................................................... Téléphone……………………….................................................................. Mail ………...........……………………………………………. ..................................................................................................................... Renvoyer ce bulletin sur papier libre accompagné de votre règlement (chèque à l’ordre de l’Humanité) à : L’Humanité, service de la diffusion militante, 5, rue Pleyel, Immeuble Calliope, 93528 Saint-Denis cedex

 

 

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2 livres à lire pour comprendre le monde actuel
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Comment nous traitons les seniors - Quel avenir pour eux ? (eva R-sistons)

 

Vidéo à voir absolument (10 mn) pour comprendre notre monde (terrorisme)

 

Le spécialiste de géopolitique, M. Chauprade, explique le monde (vidéo)

 

Le 11 septembre expliqué avec humour, vidéo 5 mn à voir absolument

 

Bilan de Sarkozy - Guerres de Hollande : celles de Sarkozy et de l'OTAN

 

Les Grandes Banques ont déclaré la guerre aux peuples, vidéo à voir par TOUS

 

Le Nouvel Ordre Mondial pour les "Nuls", voici ce qu'il nous prépare

 

La crise pour les Non-Initiés: Causes, mécanismes, conséquences


Clefs pour comprendre les changements en Libye, Côte d'Ivoire, Syrie.. (eva R-sistons)

 

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Le terrorisme n'est pas islamiste mais fabriqué par le FBI - Super vidéo

 

La France de Sarkozy capitule devant l'Allemagne de Merckel - UE contre les peuples

 

 


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L'argent Colloïdal, la médecine naturelle et ses multiples bienfaits

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SEL: Pensez au SEL, le Système d'Echange Local, pour faire des économies

 

 

 

 

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A mes Lecteurs et à mes Lectrices Seniors. Lisez l'Info sur Internet !

Comment nous traitons les seniors - Quel avenir pour eux ? (eva R-sistons) 

Danièle, retraitée, handicapée, fait une manif à elle seule ! Un modèle !
La délinquance, c'est quoi ? Et cela sert qui ? Remettre les pendules à l'heure
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Opération 7 décembre : Initiative internationale contre les banksters

De la Shoah à la "Shoah" planétaire (guerre mondiale, de religion..) ?

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Alerte chemtrails ! Traînées blanches dans le ciel, une réalité dangereuse !

Qu'est-ce que le Nouvel Ordre Mondial qu'on prépare ? Par eva R-sistons

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Alertes sous-traitance nucléaire - et gaz de schiste contre santé, air, eau..

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Syrie: Tout ce qu'on ne vous dit pas dans les médias menteurs. Effrayant !

Les Islandais se sont débarrassés avec succès de la mondialisation financière

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Un Lecteur dit ce qu'il pense de Nicolas Sarkozy (eva R-sistons aussi)

On vous ment ! Le terrorisme islamique n'existe pas en France

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Gbagbo n'est pas un criminel mais un démocrate. Vrais criminels pas jugés à La Haye

26 vérités sur le groupe État islamique EI qu’Obama veut vous cacher


 

 

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