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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 11:35

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Grèce... Royaume-Uni... Portugal... Espagne...

... Cette année, les menaces s'accumulent sur la Zone euro :

 

 

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Découvrez vite :

fleche rouge4 dates clés qui pourraient faire repartir la crise dans la Zone euro... (..)


Agissez maintenant !

 

Cher Lecteur,

2015 sera une année chargée, pour la Zone euro. Regardez plutôt :

bombeJanvier : la Grèce provoque des élections anticipées et pourrait sortir de la Zone euro dans les mois à venir.

bombeMai : le Royaume-Uni risque de voir arriver au pouvoir un parti eurosceptique.

bombeSeptembre : le Portugal, toujours aussi fragile, organise ses élections législatives.

bombeNovembre : l'Espagne sinistrée vote lors d'élections législatives -- alors que le pays est toujours enlisé dans la crise.

Pris séparément, ces événements ne provoqueraient même plus un haussement d'épaule de la part des marchés et des observateurs. Le système s'est habitué aux annonces fracassantes.

Mais regroupés en moins d'une année... et additionnés de surprises comme celle de la Banque nationale suisse mi-janvier...

... Tous les ingrédients sont réunis pour une catastrophe majeure dans la Zone euro.

Et pendant que vous commencez à peine à réfléchir à la stratégie à mettre en place pour votre épargne en ce début d'année,... les professionnels, les banques et les institutionnels serrent les dents et ressortent leurs dossiers "éclatement de l'euro" de leurs tiroirs.

Car eux le savent : l'apocalypse risque d'être d'autant plus violente qu'elle couve depuis des mois, voire des années.

A force de prendre des coups de boutoirs, le système se fissure de plus en plus. Même l'Allemagne, désormais, donne des signes de fragilité. Les banques qui pavoisent et semblent si fortes actuellement pourraient s'effondrer les unes après les autres si le château de cartes européen commençait à trembler.

Vos placements (de votre livret en passant par votre PEL, votre assurance-vie jusqu'à votre compte bancaire lui-même) sont plus en danger que jamais.

Mais ça... personne n'osera vous le dire.

 

(..)

 

De nombreux dangers planent en ce moment sur vos comptes et votre épargne -- aussi bien de l'intérieur (solidité des établissements financiers eux-mêmes) que de l'extérieur (inflation, déflation, assouplissement monétaire, crise de la dette souveraine).

Pourtant, malgré les risques qui pèsent sur nous, personne ne vous en parle directement.

Qui vous dira si les pays du sud de la Zone euro risquent de faire repartir la crise de plus belle ?

Qui vous dira que si l'un d'entre eux seulement vacille, il pourrait entrainer avec lui l'ensemble du système bancaire dans sa chute ?

Le chaos que nous avons vécu il y a quelques années fera pâle figure à côté de ce qui nous attend... Et les unes après les autres, les banques pourraient faire partie des premières victimes.

 

(..)


Un bon conseil : "ne pas mettre tous vos oeufs dans le même panier" ou dans la même banque !

 

La Chronique Agora

 

 


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17 décembre 2014 3 17 /12 /décembre /2014 02:58

 

 

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27 juin 2014 5 27 /06 /juin /2014 00:07

 

Remettre la monnaie au service de l’intérêt général

et non de la bourse

 

Récemment, plusieurs bourses mondiales (New York et Francfort) ont battu des records historiques, une nouvelle illustration de l’indécence d’une époque aussi inégale… Mais cela a également le mérite de montrer l’influence des politiques monétaires et de ceux à qui elles bénéficient.

 

 
Politique monétaire : la grande expérimentation

Depuis 2008, les politiques monétaires menées ont complètement divergé, entre une zone euro qui persiste dans un monétarisme suicidaire, à peine tempéré par les récentes annonces et les pratiques moins conventionnelles des autres pays. La Fed a fait passer son bilan de 900 à 4000 milliards de dollars, dont plus de la moitié est composé de bons du trésor. Ainsi, la banque centrale étasunienne a permis à l’Etat de fortement baisser le coût de sa dette. Mais en rachetant pour plus de 1500 milliards d’obligation, elle a également soutenu l’ensemble de l’économie, diminuant le coût des emprunts pour les entreprises et poussant également à la hausse le cours des actions en créant de la monnaie, qui finit par augmenter la demande d’actifs, et donc in fine leur prix.

Depuis l’arrivée au pouvoir de Shinzo Abe, le Japon est entré dans une expérimentation audacieuse puisque la banque centrale a acheté pour 50 000 milliards de yen (350 milliards d’euros) de dette publique en un an, l’équivalent de plus de 8% du PIB du Japon (qui dépasse 4 000 milliards d’euros). Du coup, elle détient aujourd’hui 20% de la dette publique du pays, pour un montant équivalent à 40% du PIB du Japon, environ 200 000 milliards de yen, 1450 milliards d’euros. L’idée est de sortir le pays de la déflation. Le Premier Ministre veut donc faire progresser les salaires sans se préoccuper de la fameuse compétitivité puisque le cours du yen a fortement baissé, renchérissant les importations. Les résultats sont positifs puisque la croissance et les prix remontent. Le pays du soleil levant semble avoir trouvé le moyen d’utiliser la monnaie pour le bien commun.
Reprendre le contrôle de la monnaie

 

 

Ce qui est intéressant, c’est de voir que la monnaie est restée un outil politique au Japon, que le gouvernement l’utilise activement pour le bien commun alors que la zone euro est paralysée depuis la décision à Maastricht de rendre les banques centrales indépendantes du pouvoir politique et donc de la démocratie. Du coup, dans la pratique, elles se contentent de défendre les intérêts des banques. C’est ainsi que Christian Noyer a volé au secours de BNP Paribas, ou que la BCE et la Banque d’Angleterre font aujourd’hui du lobbying pour relancer la pratique désastreuse de la titrisation, largement responsable de la crise financière de 2008 par le biais des subprimes, ces emprunts immobiliers toxiques transformés en titres qui n’ont pas été loin de faire sombrer l’ensemble du système financier mondial, sauvé de justesse par les interventions massives des banques centrales et des gouvernements à coup de centaines de milliards.

 

Outrela question majeure du contrôle démocratique des banques centrales (qui passe forcément par le retour d’une tutelle politique, comme au Japon), se pose plus largement la question du contrôle de la monnaie, posée par les néochartalistes comme Jean-Baptiste Bersac (dont je vous recommande le blog) ou André-Jacques Holbecq, qui travaille sur le 100% monnaie. J’en profite pour vous signaler sa pétition pour reprendre le contrôle de la monnaie, qui demande que la Banque Centrale créé seule la monnaie, que les banques ne puissent plus créer de la monnaie scripturale, mais seulement prêter de la monnaie déjà existante, que les dépôts à vue soient transformés en monnaie pleine et passent hors du bilan des banques et enfin que la Banque Centrale mette en circulation chaque année la nouvelle monnaie pleine au profit de la collectivité (Etat ou citoyens).

La question de la monnaie et de son contrôle finira tout ou tard par revenir dans le débat politique car c’est une question démocratique fondamentale. Bien sûr, la question est parfois technique. Et c’est pour cela que je tiens à remercier le vulgarisateur qu’est André-Jacques, qui continue inlassablement à porter ce nécessaire débat sur la place publique.
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17 février 2014 1 17 /02 /février /2014 03:46

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Comment crée-t-on l’argent ?

Comment crée-t-on l’argent ?

Si le peuple comprenait notre système bancaire et monétaire, il y aurait une révolution avant demain. »-Henry Ford

La planche à billets ?

Pour la plupart des personnes, l’image ci-dessus représente la création d’argent. Les gens se disent que l’Etat, ou toute autre organisation, imprime des billets pour créer toute la monnaie nécessaire.

Il n’en est rien !

 
En fait, seulement 5% de la masse monétaire (tout l’argent sur terre) se trouvent être des pièces ou des billets. Les 95% restants sont des écritures informatiques, dit « argent scripturale ». Ces écritures, pour simplifier, disent par exemple : Mme X est à +10000€ sur son compte, le FC Barcelone est à -500 millions d’euros.

Vous avez déjà du entendre que si tout le monde retirait l’argent de son compte, le système s’effondrerait, en voici l’une des raisons : l’ensemble de l’argent n’existe pas matériellement !!!


Il est aussi facile de comprendre que, lorsque vous payez par carte bancaire au supermarché, votre compte sera débité de 150€ par exemple et que le compte du supermarché va passer de 300 000€ à 300 150€. Pourtant, aucun échange de billet ou de pièce n’a été effectué, seules les écritures informatiques ont changées. De même que vous ne recevez jamais votre salaire en billets et pièces (ce qui est plus pratique) et que de plus en plus de transactions s’informatisent (traites, virements bancaires…).


« FAIT N°1 : 95% de l’argent sur Terre est informatique. Les 5% restant sont les pièces et billets que nous connaissons tous. »

La création monétaire par le crédit

Voici la partie sûrement la plus difficile à comprendre. Il est impératif de bien en cerner les subtilités. Prenez votre temps pour lire ce qui suit. Si le phénomène reste encore flou après explication, nous vous encourageons à relire ce passage une fois de plus :

La plupart des personnes pense que les banques ne prêtent que l’argent qu’elles possèdent.

Il n’en est rien !

 
En fait, la loi permet aux banques de prêter plus que ce qu’elles ont dans leurs comptes. Les « réserves obligatoires » représentent la partie d’argent que la banque se doit de garder pour accorder un prêt plus important.

N.B. : vous n’y croyez peut-être pas, mais cela est un fait ! Dans l’Union Européenne par exemple, les banques doivent seulement garder 8€ pour pouvoir en prêter 100 ! (Taux de réserve de 8%, c’est la loi !)


« FAIT N°2 : les banques peuvent prêter plus d’argent qu’elles n’en possèdent. Elles créent donc de l’argent en accordant un crédit ! »

Si vous pensez encore le contraire, rappelez-vous que 95% de l’argent sur la Terre est scriptural. Cette informatisation des échanges permet donc aux banquiers de réaliser le petit tour de passe-passe suivant:

Imaginez que Mr. Robert emprunte à une banque, 200 000€, afin d’acheter sa maison. Que se passe-t-il ? La banque va uniquement changer les écritures du compte de Mr. Robert.

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Par ce jeu d’écritures, 200 000€ s’affichent sur le relevé de compte de Mr. Robert ! Bien sûr, la banque vérifie si elle pourra être remboursée. Mais remarquez qu’aucun billet n’a été imprimé, seules les écritures informatiques ont changé!

Son banquier doit bien sûr garder 4000€ (taux de réserve de 2%). Mais le fait est que la banque vient de créer 196000€ ! Cet argent arrivera sur le compte d’une autre banque lorsque Mr. Robert payera le constructeur de sa maison. La banque du constructeur pourra alors créer 192 080€ Et ainsi de suite… Les 192 080€ arriveront dans une autre banque qui pourra créer 188238€…etc… C’est donc l’ensemble des banques qui crée l’argent. Une banque seule ne pourrait se le permettre. Avec 10% de taux de réserve et un dépôt initial de 1000€ les banques peuvent créer 5513€ en seulement 9 prêts. Les accords de Bâle régissent la valeur de ce taux.

Par la suite, et suivant une échéance bien réglée, Mr. Robert doit rembourser ses dettes. Il pourra le faire, car il touche un salaire. De la même façon, ces dettes sont effacées sans échange de pièces et de billets.


En fait l’argent disparaît au fur et à mesure que le prêt est remboursé. La banque crée une somme et l’emprunteur la rembourse avec l’argent qu’il aura gagné. Il échange du temps de travail contre de l’argent, et tout cela de façon informatique. La banque prête par rapport à la richesse potentielle de l’emprunteur.

Le système de création monétaire par le crédit est un système que nous pensons idéal ! Sans lui, aucune entreprise ne pourrait subsister et aucune nouvelle construction ne serait lancée par manque d’argent ! Cette création de monnaie reste le système le plus perfectionné à ce jour afin de motiver l’Homme pour investir dans le futur. En fait, la monnaie ne devrait servir qu’à fluidifier les échanges. Malheureusement, notre système est légèrement différent.    

Les banquiers demandent des taux d’intérêt…

La création monétaire par le crédit avec taux d’intérêt

 « FAIT N°3 : Les banquiers vous prêtent de l’argent qu’il n’ont pas et vous demandent un loyer dessus!  (Taux d’intérêt) »

Mr. Robert : « Je veux une maison… »
- Son banquier : « Pas de problème, voilà, je viens de créditer votre compte de 200 000€, je ne les ai pas, mais la loi me le permet, je vais donc créer 200 000€. Attendez, j’entre juste ça dans l’ordinateur… 200 000€ pour vous… Vous nous devez maintenant 343 739€ (taux de 4% / an) que vous rembourserez pendant 30 années. »

Trouvez-vous cela juste ? Si mon voisin me prête un billet de 100€, il est normal que je paye un loyer et que je lui rende 104€. Car il ne peut plus se servir de son billet. Je lui paye donc 4€ pour le service qu’il me rend. Mais les banques quant à elles, n’ont pas l’argent. Cela revient à se faire payer pour une chose qu’elles ne possèdent pas, qu’elles peuvent créer à partir de rien !

Nous l’avons vu, lorsqu’une banque accorde un prêt, elle rend disponible de l’argent qui ne l’était pas. Pour bien comprendre ce mécanisme, il faut imaginer que l’économie mondiale est une baignoire. La monnaie est donc l’eau qui la remplit.

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Lorsque la banque accorde le crédit à son client, elle crée cette somme d’argent à partir de rien. La baignoire se remplit donc du montant du prêt, 100€.

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Voilà donc que la totalité de l’argent sur Terre vient d’augmenter de 100 € ! En contrepartie, lorsque l’emprunteur paye ses dettes, l’argent va disparaître. Mais comme la banque lui demande des intérêts, 104€ vont être demandés. La baignoire se vide donc plus vite (-104 €) qu’elle ne se remplit (+100 €) !


« FAIT N°4 : Lorsqu’un banquier crée (à partir de rien !!) 100€, il en demande 104 €. L’argent des intérêts n’a donc jamais été créé ! Les banquiers demandent plus d’argent qu’ils n’en créent ! »

 C’est pourquoi l’ensemble des banquiers mondiaux doivent constamment accorder de nouveaux prêts afin de remplir la baignoire! Cette technique a cependant 2 limites :

 1)  Le marché est très moutonnier : par exemple, lorsque la confiance règne, les crédits vont et viennent comme jamais, tous les acteurs du marché suivent la même direction. De l’argent est créé en continu. Mais lorsqu’elle est altérée, la confiance va aussi très vite dans le sens inverse. Et si elles ont peur de ne pas se faire rembourser, les banques vont arrêter d’accorder des prêts afin d’être sûr d’être les premières à être remboursées. La baignoire se vide alors au fur à mesure que les prêts se remboursent. Lors de la crise de 2007, les banques se sont arrêtés de prêter, nous avons tous vu le résultat : le chômage commence à augmenter, plus d’argent, plus d’investissement.

2) Lorsque des personnes stockent de grandes quantités d’argent sans la réinvestir dans l’économie, une partie de l’eau de la baignoire reste indisponible !

Et lorsque que ces deux limites sont atteintes celui qui ne trouve plus d’argent peut-être :

- La personne qui vit seule et qui ne peut plus rembourser son emprunt auto, elle reçoit alors la visite d’un huissier.
- Le  patron d’entreprise qui ne trouve pas assez d’argent et doit soit délocaliser soit fermer son entreprise. Dans les 2 cas, cela entraîne une augmentation du nombre de chômeurs.
- L’État qui, lorsqu’il ne peut pas rembourser ses dettes, doit réemprunter (donc augmenter encore ses frais d’intérêt à payer) afin de pouvoir payer sa dette !

Par essence, la création monétaire ex nihilo (à partir de rien) que pratiquent les banques est semblable, je n’hésite pas à le dire pour que les gens comprennent bien ce qui est en jeu ici, à la fabrication de monnaie par des faux-monnayeurs, si justement réprimée par la loi. Concrètement elle aboutit aux mêmes résultats. La seule différence est que ceux qui en profitent sont différents » - Maurice Allais, Prix Nobel de Sciences Economiques

Rémi Mathieu (extrait du livre Comprendre la monnaie)

 

Publié par : http://diktacratie.com/


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13 février 2014 4 13 /02 /février /2014 02:34

 

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MON EPARGNE EN DANGER !

 


http://www.media-investigation.com © Mon épargne est-elle en danger en 2014?

5 spécialistes de l’investissement, reconnus et médiatisés,  répondent  à l’essentiel dans cette période trouble pour les épargnants.

Pourquoi répondent-ils tous "Oui! Votre épargne est en danger!"  ?

Réponse en images… Cette vidéo est peut être votre meilleur investissement avant ce qui arrivera bientôt selon nos invités…*

Olivier Delamarche : "oui "Mon épargne est en danger" parce que Madame Lagarde l’a dit, elle va faire RESET sur les patrimoines" "On est d’accord, on va se faire piquer notre argent" On va vers la ruine des épargnants? "Oui!" "Dans l’avenir on sera amené à changer de système monétaire et c’est souhaitable"


Olivier Berruyer : "On s’approche d’un point de rupture" "Cela sera pire que la crise de 29" "Vous allez avoir un effondrement parce que toutes les banques sont en risque systémique, ça c’est la triste réalité (…) encore quelques trimestres…" "Sérieusement entre nous…qui fait confiance à Pierre Moscovici?" "Quand on aura le Big one qui sera devant nous il y aura très peu de recours parce que vous n’aurez plus de contrepartie, il n’y aura plus personne à attaquer (…) Ne croyez pas tout ce qu’on vous raconte"


Philippe Herlin : "Les français commencent vraiment à comprendre le problème : il faut taper dans les dépenses publiques et c’est le personnel politique qui n’ose pas" "Le premier moyen de protection, c’est l’or physique (…) : Napoléons ou lingots" "Il y a quand même une volonté des banques centrales de casser le cours de l’or" "C’est une crise de la dette, la prochaine étape c’est une crise de la monnaie (…) les actifs réels c’est un vrai moyen de se protéger"


Maître Nicolas Lecoq Vallon : "Le contrôle ne respecte probablement pas sa mission" "La perte de l’épargne n’est pas une fatalité" "Les class actions en France…c’est dans 2 à 6 mois" "C’est très difficile aujourd’hui d’être épargnant, il ne faut pas culpabiliser, il y a des solutions"


Maître Hélène Ferron Poloni : "On est dans la spoliation envisagée par prélèvement direct sur l’épargne" "En 2013 nous avons obtenu la première condamnation d’un établissement bancaire pour tromperie(…)première condamnation pénale contre un établissement bancaire" "Les banques et les compagnies d’assurance font un lobbying extrêmement féroce(…) pour couvrir les fautes qu’elles ont commises auparavant"


 

Suite (dont la vidéo) ici : 

2014 : MON EPARGNE EN DANGER ! Delamarche-Berruyer-Herlin-Lecoq Vallon-Ferron Poloni

 

 

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Sur ce site, voir :

 

 

Je constate que l’aspartame est toujours, en vente libre et que rien n’est fait pour stopper ce produit nocif, mais bien au contraire, tout est fait pour étouffer l’affaire, économie oblige. Des Vautournalistes de France...
(..) Evitez d’acheter de l’Aspartame !

En attendant, si vous voulez que l’on vous plaigne,  lorsque vous voyez sur une étiquette « Sugar Free » ou « Sans Sucre », évitez d’acheter ces produits et,  vous éviterez bien des ennuis de santé.

À moins, que ce produit ne contienne véritablement aucun produit sucrant, ou soit issu de l’agriculture biologique.

Mais, là, il faut savoir lire les étiquettes (..)

 

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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 00:34

 

Impôts: La bombe de la réforme de la taxe d'habitation

Les contribuables locaux, comme ici à Bordeaux, pourraient avoir de mauvaises surprises dans les prochaines années (swampa - Flickr - CC)

La remise à plat de la fiscalité annoncée par Jean-Marc Ayrault ne concerne pas que l'impôt sur le revenu. Les taxes locales sont aussi au menu. Avec à la clé de possibles transferts de charges ente contribuables locaux.

P.C
Le 09/02/2014 à 9:21
Mis à jour le 09/02/2014 à 11:02

Les contribuables locaux, comme ici à Bordeaux, pourraient avoir de mauvaises surprises dans les prochaines années (swampa - Flickr - CC)

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Ce qu'il faut retenir Ce que rapportent les impôts locaux: 80 milliards par an

dont
> Taxe d'habitation: 21 milliards
> Fonciers bati et non bâti: 29 milliards
>Taxe d'enlèvement des ordures ménagères: 6 milliards
> Contribution économique territoriale (ex-taxe professionnelle): 23 milliards


Source: DGCL

La remise à plat fiscale de Jean-Marc Ayrault ne devrait pas concerner que l'impôt sur le revenu et la CSG. Les impôts locaux sont aussi au programme, et plus particulièrement la taxe d'habitation (TH) payée par les locataires et les propriétaires qui occupent leur logement.

Et là, les conséquences pourraient être politiquement explosives. Car qui dit réforme dit tranferts de charges entre contribuables. C'est la raison pour laquelle le gouvernement se garde bien de communiquer sur ce sujet avant les Municipales de mars.

En tout cas, mardi 11 février, les représentants de l'Etat et des élus locaux se retrouvent à l'occasion d'un Comité des finances locales pour évoquer le sujet. Déjà, le gouvernement a lancé dans la discrétion en septembre dernier le chantier de la révision des valeurs locatives qui servent à calculer les impôts locaux, en particulier la taxe d'habitation. En 1990, Michel Charasse, alors ministre du Budget de François Mitterrand, avait ouvert le chantier de cette réforme. Depuis, le projet dort dans un tiroir de Bercy: trop explosif! Aura-t-il plus de chance d'aboutir cette fois?

Ces valeurs locatives datent de 1970 et sont aujourd'hui totalement déconnectées de la réalité économique. Pour payer moins de TH, mieux vaut par exemple vivre dans un 100 mètres carrés luxueux du Boulevard Saint Germain, à Paris, que dans un petit pavillon de Seine et Marne.

Prendre en compte les revenus des occupants

La révision des 46 millions de bases locatives devrait permettre de rapprocher la valeur réelle et la valeur fiscale d'un bien. Mais cela entraînerait de nombreux tranferts de charges : les locataires de logements sociaux ou modestes devant payer moins alors que ceux qui occupent des biens anciens (réputés sans confort) seraient plus lourdement taxés.

Mais la révision des bases n'est pas la seule piste de réforme. Beaucoup d'élus socialistes souhaitent que le calcul de la taxe d'habitation prenne en compte à l'avenir les revenus des occupants des logements. Ce qui reviendrait en fait à instaurer un second impôt sur le revenu, mais local celui-ci. Sur ce point, le gouvernement observe le plus grand mutisme pour l'instant.

L'Etat premier contribuable local !

L'Etat a aussi intérêt à une réforme des impôts locaux. Il est aujourd'hui le premier contribuable local puisqu'il rembourse aux communes, aux départements et aux régions une partie de ces impôts (dégrèvements, plafonnements des taxes). Il prend surtout en charge la TH des non-imposables à l'IR.

En 2012, le contribuable national a ainsi payé via le Budget de l'Etat un quart du montant total de la TH et 41% de celui de la Contribution économique territoriale, l'ex-taxe professionnelle.

L'Etat peut donc espérer qu'à l'occasion de la réforme fiscale locale, une partie de ces remboursements disparaîsse, ce qui lui permettrait d'économiser quelques milliards pour son propre budget.

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29 janvier 2014 3 29 /01 /janvier /2014 00:33

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Les dépôts sur les comptes bancaires sont garantis à hauteur de 100 000 € depuis le 1er octobre 2010. Mais qu’est-ce que ça signifie exactement ? Mais où est l’argent et combien ?


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Les réserves du Fonds de garantie des dépôts sont d’environ 2,2852 milliard d’euros ( le dernier exercice de 2012 – page  22 ) .Ce qui correspond à 30 euros par habitant en partant de la base ou en France 99%* de la population a un compte bancaire ( 64 782 186 ) et en prenant compte de combien dispose le fond de garantie a en disponibilité, vous êtes assuré pour moins de 30 € par tête !. Ces fonds seraient donc suffisants pour garantir seulement 20 000 comptes a la hauteur maximale prévu par la loi. Face à une crise bancaire systémique, le fonds compterait sur l’intervention de l’État comme cela a été le cas aux États-Unis lors de la faillite de la banque Indymac en juillet 2008, placée sous contrôle du Federal Deposit Insurance Corporation (les comptes ont été garantis jusqu’à 100 000$ par l’État américain).

Le gros probleme est que ce fond est bien investit sur les marchés financiers . Que se passera t il si il survenait un krach boursier ?

 

Vous pouvez vous couvrir avec du tangible :

Simulation d’investissement dans l’or et l’argent

 

La garantie des dépôts

Elle résulte d’une loi de 1999 et s’exerce au travers du Fonds de garantie des dépôts.
La règle, c’est aujourd’hui 100 000 € par déposant et par établissement (pendant longtemps la garantie était limitée à 70 000 €). Qu’avec votre conjoint (ou partenaire de PACS…), vous ayez des comptes joints ou séparés, vous serez considérés comme des déposants distincts. Cette garantie est globale et couvre tous les types de dépôts (comptes courants, comptes à terme, comptes épargne logement…). Elle s’applique à tous les établissements bancaires agréés par l’ Autorité de Contrôle Prudentiel

(ACP), qu’il s’agisse de banques françaises ou de filiales françaises de banques étrangères, hors Espace Économique Européen (pays de l’Union européenne + Islande, Norvège et Lichtenstein).

Pour les succursales de banques étrangères dont le siège social est situé dans ces pays de l’Espace Economique Européen, c’est la garantie du pays d’origine qui s’applique. Toutefois, depuis le 1er janvier 2011, le plafond de la garantie de 100 000 euros par déposant s’applique dans toute l’Europe.

Vous avez un PEL, votre conjoint également et vous en avez ouvert un au nom de chacun de vos deux enfants mineurs (50 000 € chacun, soit 200 000 € au total) + un LDD et votre conjoint également (5 000 € chacun) + un compte courant joint (5 000 € car vous venez d’être payé). Vous avez donc 215 000 € que vous récupéreriez intégralement si ce mécanisme devait jouer, car à vous quatre, dans cet établissement vous êtes garanti à hauteur de 400 000 €.

Quelle procédure ?

Cette garantie n’intervient qu’en cas de faillite de la banque constatée par l’ ACP (Autorité de Contrôle Prudentiel, autorité administrative chargée de l’agrément et de la surveillance des établissements bancaires et d’assurance). Le déposant n’a aucune démarche à accomplir, c’est le Fonds de Garantie qui, saisi par l’ACP, procède à un audit des comptes. Dans les plus brefs délais, il adresse un courrier par lettre recommandée avec accusé de réception à chaque déposant, récapitulant les avoirs détenus couverts par la garantie et ceux exclus de l’indemnisation. Le déposant a 7 jours pour contester le décompte proposé. Le Fonds de Garantie a ensuite vingt jours ouvrables, à compter de la demande d’intervention par l’ACP, pour indemniser les déposants.

En 10 ans d’existence, cette garantie n’a encore jamais eu à jouer. Le Fonds de Garantie est intervenu une fois à titre préventif en accompagnant le rachat d’un établissement au bord du dépôt de bilan et sans que les déposants en aient rien su (sauf a posteriori quand ils ont été avisés du changement de nom de leur banque). Dans un cas de crise grave, voire systémique, où de gros établissements seraient concernés par une faillite ou une menace de faillite, cette protection ne pourrait intervenir qu’en appui de celle de l’État. 

Le fonds serait donc un instrument parmi d’autres de la solution de la crise s’il devait y en avoir une.

Quand déclare-t-on une banque en faillite ?

Quand elle ne peut plus faire face à ses engagements. C’est rarissime. Si on dit que les banques européennes et notamment françaises sont plus solides aujourd’hui que les institutions américaines, c’est qu’elles sont la plupart du temps banque d’investissement et banque de détail. De ce fait, elles subissent moins les effets de la crise de liquidité sur le marché interbancaire (leurs dépôts leur assurent une certaine autonomie). On comprend bien, dès lors, qu’en cherchant à retirer leurs fonds, les déposants aggraveraient les problèmes de liquidité de leur banque et pourraient précipiter les défaillances qu’ils redoutent.

S’agissant de banques de détail, leur dépôt de bilan paraît difficile à imaginer. Rappelons que Nicolas Sarkozy a indiqué à l’automne 2008 au plus fort de la crise de confiance qu’il ne laisserait pas un déposant perdre un centime…. Ce qui signifie que pour éviter le risque de crise systémique, les banques en difficulté pourraient être soit nationalisées, soit adossées à d’autres. Et dans ce cas, pas de conséquence immédiate et directe sur les dépôts. Comme on le sait, ce fut une fausse alerte, quelques déposants ont provisoirement réparti leurs avoirs sur plusieurs banques pour rester en-deçà du seuil de 100 000 € et parce que les banques, désireuses de recevoir des liquidités, proposaient alors des livrets et comptes à terme à des conditions très favorables.

La garantie des titres

Il existe aussi une garantie des titres, plafonnée à 70 000 € par détenteur de compte titres. Mais une telle garantie a, encore moins que celle des dépôts, de raison de jouer. Pourquoi ?

Elle joue marginalement en cas de faillite de l’établissement

Elle joue si l’établissement, déclaré en faillite, est dans l’incapacité de restituer aux épargnants les titres qui leur appartiennent. De tels cas sont rarissimes, ne serait-ce que parce que les faillites bancaires sont peu fréquentes. Sachez que lors de la dernière faillite bancaire française en 1995 (la banque Pallas-Stern), tous les titres ont été intégralement rendus à leurs propriétaires.

Il en va de même pour les clients français de la société d’investissement Européenne de Gestion Privée (EGP), qui fournissait des services de gestion de portefeuille, de conseil en investissement et de réception et de transmission d’ordres, déclarée en cessation de paiement en décembre 2010. Tous les avoirs (titres et espèces) des clients français (10 % de l’activité) étaient déposés et conservés chez un dépositaire tiers. Ils sont donc restés disponibles et il n’y a pas lieu à indemnisation. En revanche, l’instruction du dossier est toujours en cours pour les clients de la succursale italienne.

Elle joue essentiellement en cas de fraude

Parce que si le déposant est créancier de la banque, le titulaire d’un compte titres est propriétaire de ses titres ; la banque en est simplement dépositaire. Par conséquent, si vous avez, vous et votre conjoint, des actions sur un PEA, jusqu’au plafond autorisé, il n’y a aucune raison que vous ne récupériez pas l’ensemble de vos avoirs, même au-delà du plafond de 70 000 €. La seule question qui se pose est celle de la valorisation de vos titres. Car vos actions peuvent, indépendamment de la santé de votre banque, perdre de la valeur. Mais c’est un sujet distinct, même si la crise a montré les liens entre difficultés du secteur bancaire et baisse générale de la bourse.

La garantie trouve à s’appliquer essentiellement si vous avez explicitement et par écrit autorisé votre banque à utiliser vos titres lorsqu’ils sont déposés dans ses livres, ou en cas d’utilisation frauduleuse par la banque. Alors, il y a un risque que ces titres aient été donnés en garantie quelque part ou prêtés à des personnes qui ne les rendent pas, mais ce cas est très exceptionnel et concerne à vrai dire très peu les particuliers.

Les titres détenus dans des OPCVM

Qu’en est-il des titres que vous détenez au travers d’ OPCVM
 ? Le même raisonnement s’applique : l’OPCVM est distinct de l’établissement bancaire qui le commercialise. Il possède des titres, et le particulier possède des parts ou des actions de cet OPCVM. S’il veut récupérer son investissement, le particulier procèdera au rachat de ses parts. Se posera alors la question de la valeur liquidative

car, en imaginant qu’un mouvement de panique pousse de très nombreux épargnants à racheter leurs parts (c’est-à-dire vendre) en même temps, la société de gestion serait obligée de vendre les actifs composant le fonds et les vendrait donc dans de mauvaises conditions.

Autre cas de figure, celui dans lequel l’OPCVM auquel vous avez souscrit a investi dans des titres d’une société qui fait faillite ou dans d’autres OPCVM qui eux-mêmes n’ont plus de valeur. C’est ce qui s’est produit dans l’affaire Madoff où certains fonds français avaient « du Madoff ».

Mais dans ce cas, comme l’a rappelé l’ AMF ( Communiqué de presse du 17/12/08) au plus fort du scandale, la législation française est particulièrement protectrice et c’est le dépositaire (en l’occurrence forcément une banque habilitée à exercer son activité en France) qui a l’obligation de restituer les titres. On peut supposer que la garantie des titres jouerait, reste à savoir à quel niveau de valorisation…

 

Source : la finance pour tous / Fonds de Garantie des Dépôts et de Résolution / Actuwiki

Publié par : http://actuwiki.fr

 

http://cequelesmediasnenousdisentpas.over-blog.com/2014/01/vos-comptes-bancaires-sont-assur%C3%A9s-a-hauteur-de-30-%E2%82%AC-par-t%C3%AAte-sauf-que-%E2%80%A6.html

 

 

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29 janvier 2014 3 29 /01 /janvier /2014 00:03

 

 

 

http://lesurvivaliste.blogspot.fr/2013/03/leffondrement-economique.html
effondrement.jpg

 

J'accuse !

 

 J'accuse nos banques d'irresponsabilité, d'incompétence et de collusion avec le pouvoir.

Elles jouent avec votre épargne, elles calculent mal les risques (quand elles les calculent), elles prétendent qu'elles peuvent maîtriser l'incertitude... et quand tout cela s'est soldé par une crise qui a ébranlé les fondements même du système monétaire mondial, c'est dans VOTRE argent que l'Etat a puisé pour réparer les dégâts.

Puce accuse J'accuse la Banque centrale européenne de manipulation monétaire et de prise de risques excessifs.

De Jean-Claude Trichet à Mario Draghi, elle trafique les taux d'intérêt, elle prête de l'argent qui n'existe pas, elle a maquillé la crise et fermé les yeux sur des fricotages comptables et financiers qui mettent aujourd'hui encore la Zone euro en danger. Et une fois encore, quand il faut mettre la main à la poche pour renflouer le navire, c'est VOTRE argent qui sert au sauvetage.


Puce accuse J'accuse le gouvernement de corruption, de mensonge et de parjure.

Pour rester au pouvoir, nos politiciens financent sciemment par la dette des promesses électorales qu'ils savent intenables. Ils achetent leurs électeurs à coups de redistribution : une politique facile et lâche consistant à prendre aux uns (sans leur accord) pour s'acheter les faveurs des autres. Cela fait des décennies que ça dure -- à gauche, à droite, d'un bout à l'autre du spectre politique --, et que VOUS payez les pots cassés de leur manque de courage.

 

C'en est assez !

Cher Concitoyen,

A tous les niveaux de décisions, on se paie votre tête.

Politique, économie, finance... De François Hollande à Mario Draghi, président de la BCE, nos dirigeants se croient tout permis -- parce que vous êtes là pour payer leurs pots cassés.

Il y a trop longtemps que cela dure. Le moment est venu de réagir.

Pourquoi spécialement maintenant ? Parce que par la faute des banques, des autorités européennes, de nos gouvernants -- et, dans une large part, des médias --, nous sommes actuellement face à une crise qui ne ressemble à rien que notre pays ait jamais connu.

Cette crise est en train de faire bien plus de dégâts en France que les krachs boursiers de 2008 ou même que la crise économique de 1929.

Ces dégâts, vous pouvez les constater au jour le jour, dans la dégradation sourde mais constante du niveau de vie, de la sécurité et de la tranquillité dans notre pays.

Un pays qui est pourtant censé figurer parmi les "nations développées", qui occupe le rang de deuxième plus grande économie d'Europe... mais qui est, comme je vous le prouverai dans un instant, dans un état de crise perpétuelle depuis près de 40 ans.

A cause d'un système politique, économique et bancaire corrompu et sclérosé, vous pourriez assister dans les mois et les années qui viennent à...

Un gel des marchés monétaires qui vous empêchera d'accéder à votre épargne et à vos dépôts bancaires.

Une inflation galopante causant une augmentation spectaculaire des prix sur des choses aussi essentielles que le pain... ou le papier toilette.

Une hausse en flèche des taux d'intérêt qui provoquera des ravages dans votre épargne retraite.

Des millions supplémentaires de gens au chômage, sans le moindre signe d'amélioration en vue.

Et une France qui aura sans doute perdu son rang dans le monde -- pour très longtemps, voire définitivement.

Bien entendu, une crise de cette ampleur ne se produit pas du jour au lendemain. Ce désastre se construit depuis des décennies -- et il a pris de la vitesse depuis 2008, se nourrissant des taux d'intérêt artificiellement bas... des plans de relance... et de la surchauffe des planches à billets.

Je vous montrerai dans un instant comment tout cela s'est produit -- et comment le système tout entier, depuis votre banque de quartier jusqu'au président de notre pays, est responsable de cet état de fait.

Lorsque cet événement finira par entamer sa phase finale -- la plus dévastatrice --, de nombreux Français seront complètement pris de court.

C'est pour cette raison que je vous écris aujourd'hui.

Tandis que nos élus se disputent sur lequel d'entre eux aura la plus grosse part du gâteau... et tandis que la presse grand public détourne votre attention avec des affaires aussi "importantes" que le casque de scooter de François Hollande ou l'état des nerfs de sa (ses) compagne(s)... vous méritez de savoir ce qui nous attend dans un proche avenir... et comment cela change tout ce que vous tenez pour acquis en France.

Tandis que le reste du pays se laisse distraire par le travail dominical, le nombre de points gagnés dans les sondages par tel ou tel politicien et autres questions "vitales"... vous pourriez être en train de vous préparer et vous protéger des retombées de ces décennies d'incurie gouvernementale et financière.

Lorsque ces conséquences commenceront à se faire sentir, vous voudrez pouvoir protéger tout ce que vous et votre famille avez travaillé si dur à construire.

Aujourd'hui, je vous révèlerai de vrais chiffres qui vous aideront à mesurer exactement l'état de notre économie et de notre pays. Je vous dirai également comment vous préparer ; il suffit de mettre en place dès maintenant trois mesures très simples... qui pourraient vous permettre de continuer à vivre confortablement pendant que tout cela se produit.

Mais avant cela, je pense qu'il est essentiel que vous compreniez bien qui sont vos adversaires dans ce combat pour préserver votre prospérité...

 

Le système bancaire ne repose plus sur RIEN --
et vos dépôts sont en première ligne

Je ne vais pas revenir sur la crise bancaire de 2008 -- vous savez déjà probablement tout sur les manoeuvres des banques à l'époque et les plans de sauvetage de plusieurs milliards d'euros qu'il a fallu mettre en place.

Plus jamais ça, ont dit les politiciens et les autorités de régulation mondiales.

Citation Barack Obama

Citation Nicolas Sarkozy

Citation Christine Lagarde

Résultat de toutes ces vertueuses indignations et appels à la réforme ?

Il suffit d'un coup d'oeil au graphique ci-dessous. Il compare les bilans des six plus grosses banques françaises -- c'est-à-dire leurs engagements, leurs actifs et ce qu'elles prêtent... avec leurs fonds propres -- c'est-à-dire ce qu'elles ont réellement dans leurs coffres et qui doit servir à payer la casse si vraiment les choses tournent mal.

Regardez, c'est vraiment édifiant.

Actif total des 6 premières banques françaises

Non seulement les banques n'ont pas réduit les sommes qu'elles jouent au quotidien sur les marchés suite au choc de 2008... elles les ont même augmentées.

On arrive à plus de 7 000 milliards d'euros d'engagements au total pour nos grandes banques.

Le PIB français était de 1 800 milliards d'euros en 2012 : les banques françaises jonglent donc actuellement avec des montants représentant près de quatre fois le PIB national !

... Et ne vous y trompez pas : c'est votre argent qui sert de nantissement à ces engagements si astronomiques qu'ils en deviennent littéralement irréels.

Cela mérite quelques explications.

Voyez-vous, l'autre face du miroir, ce sont les fonds propres. Plus une banque prend d'engagements, plus ses fonds propres devraient augmenter. Leur croissance devrait être proportionnelle aux risques auxquels s'expose la banque... et même supérieure, puisque à ce niveau de taille, si une banque fait faillite, les dommages sont colossaux.

Or que voit-on sur le graphique ci-dessus ? Depuis 2008, c'est à peine si les banques ont accru leurs fonds propres !

Quelques exemples ? Voici un petit aperçu de la situation des plus grandes banques françaises à la fin du 2ème trimestre 2013, en milliards d'euros :

 
Engagements
Fonds propres
Effet de levier
BNP Paribas
1 359
51,5
Plus de 26 fois
les fonds propres !
Société Générale
894
27
Plus de 33 fois
les fonds propres !
Crédit Agricole
1 301
19,4
Plus de 67 fois
les fonds propres !

Mais la véritable garantie d'une banque, en fin de compte, ce ne sont pas ses fonds propres. Ce sont bien les déposants et les contribuables. Vous.

Il ne faut pas oublier que pour fonctionner, une banque achète vos dépôts, ou de l'argent, et prête ensuite cet argent. Elle réalise sa marge en prêtant plus cher qu'elle n'achète. Pour acheter de l'argent autre que vos dépôts, on dit qu'elle lève de l'argent sur les marchés.

Comme c'est une banque, les marchés acceptent de lui prêter moins cher. En effet, si les affaires de la banque tournent mal, ce seront les actionnaires, les fonds propres (l'argent qui appartient réellement à la banque) et la Banque centrale qui paieront la casse. Or la Banque centrale... ce sont les contribuables, vous et moi.

Fortes de ces privilèges, nos banques sont devenues irresponsables puisqu'elles savaient qu'elles ne paieraient pas les pots cassés.

Elles ont laissé grossir leurs bilans en se croyant immunisées contre tous les risques et en faisant croire aux marchés que lesdits risques étaient contrôlés.

Oh, nous avons entendu de beaux discours, suite à la crise de 2008. Régulation, "Bâle 3", stress tests (rappelez-vous... Dexia les passait haut la main en juillet 2010 -- avant de sombrer à peine un an plus tard !), moralisation... On allait voir ce qu'on allait voir !

Et on a vu.

puce La loi de séparation bancaire ?

Les banques n'ont pas été morcelées. Une loi de cantonnement de leurs activités spéculatives a finalement été votée -- à grand'peine -- en juillet 2013. Mais d'après Jean-Jacques Legendre et Christophe Caffard, respectivement ancien opérateur en salle de marché et avocat spécialisé en droit bancaire, dans un éditorial publié par Le Monde c'est là "une réforme en trompe l'oeil" :

Citation séparation bancaire

puce Les banques systémiques -- c'est-à-dire les banques "trop grosses pour faire faillite" ?

Ah là, on a agi. On n'a reculé devant rien. On en a fait... une liste. Une belle liste officielle, composée par les doctes économistes du G20, compilant les 28 banques les plus risquées au monde (avec quatre banques en lice, la France est bien représentée...). Certes, ces établissements sont toujours garantis par vous, vos enfants et vos petits-enfants sur sept générations -- mais au moins, on a la liste !!

puceLes produits dérivés ?

Ces produits financiers permettent de faire jouer des effets de levier colossaux ; ils ont transformé la finance en un véritable casino où l'on peut parier sa mise des dizaines, voire des centaines de fois. Eh bien... dès la fin 2011, ils étaient revenus au même niveau que juste avant la crise de 2008, soit 700 000 milliards de dollars. Oui, 700 000 milliards -- un sept suivi de 14 zéros. Vous avez du mal à imaginer une telle somme ? Sachez qu'elle représente près de 10 fois le PIB mondial.

Le moindre événement, le moindre choc faisant vaciller les marchés, le moindre remous en Zone euro... et tout cet édifice pourrait s'effondrer comme un château de cartes. Comme en 2008... mais en pire.

Et personne ne s'en inquiète.

Pourquoi donc ?

Parce que banques et Etats s'entendent comme larrons en foire. D'ailleurs les mêmes personnes passent allégrement des unes aux autres et vice-versa, tant aux Etats-Unis qu'en France ou en Europe.

Henry Paulson ? Ministre des Finances américain et ex-PDG de Goldman Sachs.

Mario Draghi, actuel président de la BCE ? Un ancien de Goldman Sachs.

Plus proche de nous, regardez les liens entre Christine Lagarde, ministre de l'Economie au moment des faits, et le Crédit Lyonnais...

Et que dire de François Pérol ? Secrétaire-général adjoint de l'Elysée lorsque Nicolas Sarkozy était au pouvoir, il est désormais président du groupe Banque Populaire-Caisse d'épargne... et en délicatesse avec la justice pour "prise illégale d'intérêt".

Citation anonyme

Et en France ? Pareil. Qui rachète les emprunts d'Etat de la France et en truffe vos livrets et assurances-vie ? Les banques : leurs détentions d'obligations françaises sont passées de 7% de leurs actifs en 2007 à 13% aujourd'hui.

Eh oui ! Il faut bien que la France surendettée place facilement ses émissions obligataires. Et pour une banque, c'est une opération "en or" : les emprunts d'Etat présentent un risque nul... puisqu'un pays ne peut pas faire faillite, c'est bien connu. Demandez à l'Islande, l'Irlande, la Grèce, le Portugal ou Chypre.

Depuis des années, les banques sous-estiment les dangers qui pèsent sur elles, calculent mal leurs risques, jouent de l'argent qui ne leur appartient pas -- et ne paient jamais les conséquences de leurs erreurs.

De la manière dont je vois les choses, les copains énarques se serrent les coudes. Je me sauve, tu me sauves, nous nous sauvons...

... et vous payez.

Mais puisqu'on parle du gouvernement, ne nous arrêtons pas en si bon chemin.

 

Il est temps de dire stop !

Vous n'avez pas à être la victime de l'irresponsabilité et de l'incompétence de ceux qui nous contrôlent et contrôlent notre argent.

Mais -- et je n'insisterai jamais assez sur ce point -- vous devez avoir un plan avant que cette crise ne passe au niveau supérieur.

Je ne vous parle pas de descendre dans la rue, d'aller jeter des pavés dans les vitres de l'Elysée ou de prendre votre carte à un quelconque parti. Tout ça est aussi inutile que de souffler dans un violon.

Tout ce que nous proposent les politiques actuellement, de n'importe quel bord, c'est encore plus d'Etat. Plus de réglementations, plus d'interventions, plus d'assistanat.

Je dis STOP.

Personnellement, je suis convaincue que la sortie de crise passe par la responsabilité personnelle de chacun. Vous, moi, votre voisin -- c'est à nous de reprendre notre indépendance. Désintoxiquez-vous d'un Etat boursouflé, essouflé, qui a de plus en plus de mal à assurer les promesses faites pour arriver au pouvoir.

Vous pouvez vous assurer une retraite confortable, à l'abri des mauvaises surprises.

Vous pouvez renforcer votre épargne, optimiser les impôts que vous payez, faire fructifier votre argent.

Vous pouvez vous constituer un patrimoine digne de ce nom à transmettre à vos proches.

Ainsi, contrairement à la plupart des moutons qui attendent que les alouettes leurs tombent toutes rôties dans le bec, vous ne coulerez pas avec le navire.

Je sais, je sais, je mélange un peu les métaphores. Mais je voudrais juste que vous compreniez que tout cela n'est pas juste de belles théories inapplicables, compliquées, demandant d'avoir déjà une fortune personnelle digne de Mme Bettencourt et/ou un diplôme de l'ENA (surtout pas !!!).

Pour commencer, dans ce message, je vous détaillerai trois mesures simples que vous pouvez prendre maintenant pour vous protéger, vous, votre argent et l'avenir financier de vos proches.

Ne vous inquiétez pas : il ne s'agit pas de vous construire un abri anti-atomique ou de vous convertir à une vie en autarcie dans le Larzac.

Et même si je me trompe sur l'ampleur de la crise qui est en train de déferler sur la France... même si les autorités trouvent de nouveaux tours de passe-passe pour retarder l'inévitable quelques années encore... ces trois mesures pourraient vous aider à faire prospérer votre épargne quelles que soient les circonstances.

Franchement : préféreriez-vous rester là, bras croisés, à attendre les conséquences pendant que nos dirigeants continuent leur grand numéro de cirque politique ?

Voulez-vous dépendre des explications complaisantes de la presse grand public sur ce qui se passe dans notre économie ?

Voulez-vous que le système bancaire -- BCE en tête -- garde les rênes de votre argent pour en faire ce qui lui chante en fonction de ses erreurs du jour ?

Ou bien préféreriez-vous connaître la vérité -- et découvrir quelques manières simples de vous préparer à ce qui pourrait être plus grand désastre économique et financier de notre époque ?

Si vous avez choisi la vérité, alors permettez-moi de me présenter...

Je suis Simone Wapler, ingénieur et spécialiste de l'investissement. Je vous préviens d'emblée, mes travaux ne sont pas commandés par de grandes institutions publiques ou privées, ni banques, ni ministères. Je ne cherche pas les ors de la République.

Si je cherche quelque chose... c'est plutôt votre attention.

Mon objectif est simple : il ne s'agit pas ici de briller dans les dîners mondains mais de vous aider à faire fructifier votre patrimoine et le transmettre à vos enfants.

Depuis 13 ans, j'étudie l'impact des politiques économiques sur la vie de tous les jours et sur les patrimoines des Français. Le vôtre, le mien. Je décortique aussi l'incapacité de l'Etat à se réformer. En 2012, j'ai publié un livre : Pourquoi la France va faire faillite. A mon étonnement il s'est vendu comme des petits pains ; en quelques semaines il était épuisé. La suite, Main basse sur votre argent, a été publiée en 2013... avec le même succès.

Mes lecteurs les plus fidèles pourraient vous dire que je leur ai recommandé mon premier placement anti-crise dès 2003 : l'or physique. Pourtant, me direz-vous, l'or n'est plus vraiment un placement à la mode. Le métal jaune a dévissé de 150 $ entre le 12 et le 15 avril 2013, mettant tous les investisseurs en émoi, et il a du mal à remonter la pente. Pour autant, la plus-value latente de ceux qui ont suivi ce conseil est encore de +90% à l'heure où j'écris ces lignes.

Quant aux analystes qui constituent le reste de mon équipe, ils ont prévu quasiment tous les grands événements financiers de la décennie passée avec une exactitude à peu près sans égale.

Hausse puis éclatement de la bulle des dot.com... effondrement des subprime aux Etats-Unis... chute du dollar US et hausse de l'or... crise de la Zone euro et de la dette des Etats... A chaque fois, nous avons eu une longueur d'avance sur la presse grand public.

Mais je n'ai pas préparé ce message pour vous parler de notre historique. Le passé est le passé.

Il s'agit simplement de vous aider à reprendre la main sur votre épargne, votre argent et, en fin de compte, votre vie... alors que, partout, désinformation et répression financières règnent.

Il suffit de regarder ce qui se passe autour des banques centrales...

 

Les manipulations des banques centrales

C'est bien connu : Jean-Claude Trichet, Ben Bernanke, Mario Draghi et tous les autres sont des héros. Des sauveurs de l'économie. Ils nous ont protégés contre le terrible monstre de la déflation, ils ont réussi à créer une reprise économique.

Ah vraiment ?

Voyons un peu... En 2012, la "croissance" du PIB en Zone euro avait reculé de -0,5%. Soyons justes : sur 2013, les derniers chiffres (concernant le deuxième trimestre) montrent qu'on est clairement sortis du marasme avec un PIB enregistrant la hausse spectaculaire de... 0,3%.

En France, la croissance a été nulle en 2012 -- et on se hisse péniblement à 0,5% au troisième trimestre 2013.

Le chômage ? Eh bien...

Citation Michel Sapin


Citation François Hollande

Citation JM Ayrault

En réalité, le taux de chômage atteignait les 12,2% sur l'ensemble de la Zone euro en septembre 2013 -- un record. En France, il est à 11% actuellement, et il devrait augmenter encore en 2014. Chez nos jeunes (moins de 25 ans), ce taux est à 26,1% -- deux points de plus que la moyenne européenne.

(En plus, comme nous le verrons dans quelques lignes, ces chiffres officiels sont en fait faussés... et un autre indicateur montre que la situation est encore plus inquiétante. Nous y reviendrons).

Et on veut nous faire croire à la croissance et à la sortie de crise ?  

Citation Christine Lagarde vert

Mais il est vrai que des moutons paisibles et rassurés sont plus faciles à tondre...

La vérité, c'est que les banquiers centraux, avec la complicité des politiques, ont rajouté de la dette à la dette... ils ont manipulé à la baisse les taux d'intérêt... ils ont créé des tombereaux de fausse monnaie... Et tout cela pour nous leurrer.

Car c'est cela, la manipulation des banques centrales. Faire croire que :

- l'augmentation de la dette publique est la croissance de l'activité économique.
- les mauvaises créances sont vraiment de l'argent.
- les banques sont solvables.
- les gouvernements sont solvables.

Et pour cela, elles ont recours à des formes de manipulation aussi perverses que néfastes.

La BCE a par exemple fixé depuis des années un taux directeur très faible pour faire croire que le risque n'existe pas et flouer les épargnants.

Ici, permettez-moi quelques explications de fond mais importantes pour comprendre comment on essaie de vous faire prendre des vessies pour des lanternes... et ainsi ne plus être la dupe du système.

Vous avez sans doute entendu parler du taux directeur -- ou taux de refinancement. C'est le taux auquel les banques peuvent emprunter de l'argent auprès de leur banque centrale pour une durée courte (une semaine).

Dans le cas de la BCE, ce taux est passé de 4,25% en 2008 à 0,25% depuis novembre 2013.

Or la finance fonctionne sur le principe "risque/rendement". Plus le risque est élevé, plus le rendement (le taux) monte. Normal : le prêteur veut être récompensé de sa prise de risque. Sur un marché libre, les taux tendent à grimper lorsque les risques augmentent, ce qui permet une régulation naturelle du crédit.

Sauf que nous avons actuellement des taux bas en Zone euro... et une situation économique et financière tout aussi fragile et hasardeuse qu'en 2009.

Baisser les taux lorsque la situation est en réalité dangereuse revient à manipuler le marché.

Car tout se fixe en fonction du taux directeur qui constitue le plancher. Les prêts des banques entre elles, les obligations émises par les gouvernements, celles émises par les entreprises, les prêts aux entreprises, les prêts aux particuliers tant pour l'immobilier que pour la consommation. Tout.

Des taux artificiellement bas favorisent les emprunteurs mais flouent les prêteurs -- c'est-à-dire les épargnants qui prêtent de l'argent qu'ils ont vraiment gagné : vous.

Résultat : vous avez une rémunération plus faible que celle que vous devriez avoir compte tenu du risque réel que vous prenez.

Et comme si cela ne suffisait pas, la BCE a également prêté de l'argent qu'elle a créé de toutes pièces.

Là encore, la manipulation est masquée dans un brouillard de termes techniques et de déclarations ambiguës -- pour mieux faire passer des manœuvres pas très nettes. Voici en quelques mots ce qui se passe :

Depuis la crise de 2008, les banques rechignent à se prêter entre elles, étant bien conscientes du véritable état de leurs bilans respectifs !

Le système étant donc menacé de paralysie, la BCE est intervenue. Elle a mis en place les fameux LTRO -- ce qui signifie "opérations de refinancement à long terme", en français financier... et "achat de créances pourries à l'aide d'argent créé à partir de rien", en français normal.

Dans le cadre des LTRO, en effet, la BCE crée de l'argent en acceptant en gage des créances pourries apportées par les banques commerciales à qui elle prête.

Fin 2011 et début 2012, la BCE a ainsi donné plus de 1 000 milliards d'euros aux banques commerciales pour faire croire que tout allait bien dans la finance. Depuis, les banques auraient réussi à rembourser 275 milliards d'euros selon la presse financière.

Mais en septembre dernier, Mario Draghi indiquait que les banques centrales ont remboursé "une grande partie" des deux premiers LTRO. Il se félicitait aussi :

Citation Mario Draghi

Visiblement, nous n'avons pas les mêmes notions d'arithmétique que M. Draghi. Selon nous, une grande partie de 1 000 milliards d'euros, ce serait plus de 500 milliards... Mais sans doute les banques ne sont-elles pas sujettes aux mêmes lois mathématiques que nous autres communs des mortels.

Il n'en reste pas moins deux questions intéressantes. Avec toutes ces bonnes nouvelles...

... Pourquoi les LTRO sont-ils à nouveau à l'ordre du jour, M. Draghi n'excluant pas une troisième opération de refinancement ?...

... Et si l'on se penche un peu sur le détail des finances de la BCE, on trouve une rubrique "concours en euros à des établissements de crédit de la Zone euro liés aux opérations de politique monétaire", avec un montant de plus de 775 milliards d'euros, dont 679 milliards pour les opérations de refinancement à plus long terme.

Là encore, pourquoi de telles sommes si les banques sont capables de se débrouiller entre elles et de se faire confiance ?

La vérité est simple : les banques ont trop prêté. Faute de croissance économique, les créances deviennent de plus en plus douteuses ; pour masquer ces pertes, on maquille une crise de solvabilité (la banque devrait s'asseoir sur ses mauvaises créances, quitte à faire faillite) en crise de liquidité (la banque a simplement une fin de mois difficile à passer).

Allez, ça finira bien par s'arranger et la croissance reviendra un jour, n'est-ce pas  ? Et en attendant on continue les tripatouillages monétaires...

Ces opérations mystérieuses pour le profane sont bien des manipulations monétaires dont le but inavoué est de masquer la profonde insolvabilité de nos banques "trop grosses pour faire faillite".

Et en échange de ces bons et loyaux services, les banques continuent à avaler les créances douteuses de la Grèce, du Portugal, de l'Irlande, de l'Espagne, de l'Italie... et de la France !

Une fois encore, on joue à "je te sauve, tu me sauves... et le contribuable paiera !"

 

"Et alors ?"

Franchement, je ne vous blâmerais pas si, arrivé à ce stade, vous vous posiez cette question.

"Et alors ? En quoi est-ce que ça me concerne ? Tout ça, c'est des trafics qui n'ont rien à voir avec moi, que ces messieurs se débrouillent avec leurs milliards, de toute façon, depuis le temps qu'on nous prédit une catastrophe et qu'elle n'arrive pas"...

Le seul problème avec ce raisonnement, c'est qu'il est risqué.

Ce n'est pas parce qu'un désastre n'est pas encore arrivé qu'il n'arrivera jamais. Demandez aux responsables de la centrale atomique de Fukushima... ou aux dirigeants de l'ex-Lehman Brothers.

Et c'est aussi exactement ce que veulent les autorités. Que vous restiez sans bouger, confortablement installé dans des certitudes, "la tête dans le sable"... pendant qu'elles s'occupent de régler leurs petites affaires avec votre argent.

Ne vous y trompez pas. C'est votre épargne qui est en jeu. Votre retraite. L'avenir de votre famille. Et le niveau de vie que vous tenez sans doute pour acquis en tant que Français. Ce n'est pas une déclaration que je fais à la légère.

Regardez autour de vous : vous verrez les signes de déclin se multiplier.

  • De plus en plus d'entreprises ferment ou sont en difficulté -- y compris des noms aussi connus que La Redoute, Hédiard ou encore Alcatel. On a battu en 2013 un record de liquidations, avec pas moins de 43 981 sociétés "rayées de la carte".
  • Au classement des pays les plus dynamiques au monde compilé par le groupe d'audit international Grant Thornton, la France a un score tout juste médiocre de 55 points sur 100... derrière les Philippines !
  • Morosité, chômage, manque d'opportunités... les Français quittent le pays. Ils ont été 35 000 à s'expatrier en 2011 (derniers chiffres connus) -- soit une hausse de 62% en un an. Il est à noter que les jeunes, la force vive d'un pays, constituent plus du tiers (37%) des émigrants...
  • La France détient en revanche un quasi-record mondial en matière de pression fiscale : avec un taux de 56,6% de prélèvements obligatoires, elle est deuxième au podium des impôts, juste après la Belgique.

  • Une étude de l'Institut Molinari montre que pour disposer de 100 euros de pouvoir d'achat réel, votre salaire doit être en fait de... 230 euros !

Citation Molinari

Et je pense que cela va empirer. Toujours plus d'impôts pour toujours moins de qualité de vie à mesure que les caisses de l'Etat se vident et que notre pays se sclérose.

 

Ce qui pourrait vous attendre d'ici la fin de la décennie...

Si les choses continuent sur cette voie, l'Etat français pourrait se retrouver en situation de défaut -- exactement comme la Grèce ou Chypre.

Imaginez ce qui se passerait dans ce cas : le temps de réaction pour les appels à la police ou aux pompiers deviendrait radicalement plus lent... voire s'arrêterait. La collecte des ordures se ferait non plus plusieurs fois par semaine... mais une fois par mois, et encore. L'état des routes irait en se dégradant, tout comme la sécurité dans des endroits que vous considériez sûrs.

Vous trouvez que j'exagère ? Vraiment ? Regardez ceci, alors :

  • Les fermetures d'hôpitaux s'accélèrent. 42 établissements ont été fusionnés pour ne faire plus que... 12 "groupes hospitaliers". Il est de plus en plus difficile de se faire soigner efficacement -- des mois d'attente pour avoir un simple rendez-vous chez l'ophtalmologue... et que dire de la saturation des services d'urgence ?
  • Les universités françaises sont en perte de vitesse dans le reste du monde. Dans le classement du Times Higher Education, paru en octobre 2013, la première université française apparaît au... 65ème rang -- une chute de six places par rapport à l'année précédente (et le reste est à l'avenant, avec seulement huit établissements au palmarès, dont à peine quatre dans les 150 meilleurs).
  • Les cambriolages sont en hausse constante, avec +6,3% en 2013. On compte désormais jusqu'à 1 000 cambriolages par jour en moyenne, selon Jean-Marc Leclerc, du Figaro -- tandis que le nombre d'agressions et de violences envers les personnes ne baisse pas.
  • Un Français sur huit vit désormais avec moins de 977 euros par mois : cela fait 14,3% de citoyens sous le seuil de pauvreté. 8,7 millions de personnes en France qui vivent avec moins d'argent que le Polonais, le Croate ou même le Vénézuelien moyen.

Comment voulez-vous qu'une telle situation dure ? Tôt ou tard, quelque chose va craquer. Nos politiques multiplieront alors les réunions d'urgence, les déclarations d'intentions et autres "solutions" cherchant simplement à masquer le fait qu'ils sont au pied du mur.

Rappelez-vous ce que je vous disais plus haut : confrontées à la crise de 2008, les autorités ont choisi la voie de l'endettement et de la création monétaire, pourvoyeuse d'inflation.

Tout indique qu'en cas de nouveau choc, elles feront exactement la même chose. Et ces décisions prises en pleine panique pourraient détruire votre patrimoine et réduire à néant votre épargne... tout en faisant augmenter le prix de ce que vous payez au quotidien pour des choses aussi essentielles que le lait, le pain et le carburant.

Au pire, nous pourrions assister à des manifestations et des émeutes.

Inutile de vous rappeler les scènes auxquelles nous avons assisté dans les rues d'Athènes ou de Chypre en 2010 et 2013 respectivement ; il suffit de voir ce qui s'est passé lors des débats sur le mariage homosexuel, ou, encore plus récemment, autour de l'écotaxe en Bretagne, pour constater que la population française a les nerfs à fleur de peau.

Le chaos dans les rues ne sera plus une chose que vous regardez depuis votre fauteuil au journal de 20h, affectant des pays éloignés. La situation pourrait dégénérer jusqu'à amener la violence dans votre ville... votre quartier.

Tout cela peut vous sembler parfaitement incroyable pour l'instant. Mais je vous en prie, lisez ce message jusqu'au bout avant de vous décider.

J'aimerais également préciser que je n'ai pas envie que toutes ces choses se produisent. Et je n'ai pas non plus d'intérêt à jouer les oiseaux de mauvais augure. En fait, j'espère même que je me trompe sur l'issue des événements.

Mais je ne suis pas prête à faire dépendre mon avenir d'une chose aussi fragile qu'un "j'espère". Et si je vous écris aujourd'hui, c'est parce que je pense que vous êtes comme moi.

Avec quelques mesures simples, vous pourriez protéger votre famille et construire une "forteresse" autour du patrimoine pour lequel vous avez travaillé si dur.

Je vous montrerai toutes ces étapes dans un instant.

Je ne vous demanderai pas de faire une donation à un parti... de rejoindre une association... ou de signer une pétition. Nous ne sommes pas une structure politique. Nous publions des idées... des stratégies... et des techniques qui vous aideront à comprendre les grandes tendances économiques et financières et à investir en conséquence.

Je cherche simplement à vous aider à éviter les conséquences graves qui suivent souvent les virages historiques majeurs.

Vous pensez peut-être que ce que je dis semble "gros comme une maison". Mais rappelez-vous...

Il y a des années, en 2006-2007, quand mon équipe d'analystes et moi-même avons publié le simple avertissement que les marchés ne montent pas jusqu'au ciel et que la situation des subprime commençait à être dangereuse... les gens se sont simplement moqués de nous.

Vous savez déjà ce qui s'est passé en 2008. Le marché boursier s'est effondré. Le CAC 40 a été divisé par deux ou presque en un an. Durant la crise qui s'est ensuivie, des millions de personnes ont perdu leur emploi.

Lorsque nous avons commencé à conseiller à nos lecteurs d'acheter de l'or comme moyen de se protéger contre l'explosion de dette des Etats partout dans le monde et des excès d'impression monétaire, on nous a regardé bizarrement. On nous a traités de fous, de dépassés.

C'était il y a une décennie, quand l'or se vendait 253 $ l'once. Aujourd'hui, il dépasse les 1 200 $.

J'ai bien conscience que le message que vous avez sous les yeux peut être difficile à digérer, surtout en regard de ce que livrent les médias grand public au quotidien. En surface, mes accusations sont si radicales que nombre de gens essayeront de les réduire à néant en m'accusant d'avoir des motifs politiques. Ce n'est pas le cas.

Simplement, j'en ai assez d'être prise en otage par des "entités" corrompues et incompétentes, qui décident à ma place et n'ont selon moi absolument pas prouvé leur capacité à nous sortir de la crise.

Et je vais partir du principe que si vous m'avez lue jusqu'ici, c'est parce que vous êtes du même avis que moi... Alors continuons notre exploration des raisons de la crise -- et ce que vous allez découvrir pourrait bien vous choquer.

 

L'Etat est corrompu... et vous corrompt !

Citation Merkel

8 000 euros par habitant, c'est le montant moyen des prestations sociales que verse la France.

La France est le deuxième pays au monde pour ces dépenses de redistribution... alors que nous n'arrivons qu'au vingtième rang en termes de PIB par habitant.

La très grande majorité de ces prestations sont versées sans conditions de ressource. Les allocations diverses pèsent 30% du budget des ménages. Autrement dit, les électeurs sont de plus en plus financièrement dépendants de l'État.

Le secteur privé ne représente plus que 43% de l'économie française, 57% de l'activité provenant du secteur public, contrôlé par l'Etat. Pour avoir plus, il faut plus d'Etat.

C'est très clair : le système actuel rend les gens et le secteur privé de plus en plus dépendants des largesses du gouvernement.

Qu'il s'agisse de gagner des voix ou de plaire à un lobby qui saura vous renvoyer l'ascenseur... les politiques (et ce quelle que soit leur couleur politique, croyez-moi) jouent tous le même jeu. Il n'y a qu'une seule règle : choisir à qui on va donner et à qui on va prendre. Et un seul but : conserver les électeurs en situation de dépendance... afin d'augmenter son influence politique.

C'est aussi simple que ça.

Et c'est pour cette raison que je dis que l'Etat vous corrompt, vous personnellement. Chaque électeur a un intérêt financier à voter pour le système qui va lui donner le plus et lui prendre le moins.

L'Etat intervient partout, fausse les règles économiques, déforme le système financier, pèse sur les revenus et les bénéfices, oblige entreprises et individus à faire des choses qu'ils n'auraient peut-être pas décidé par eux-mêmes. Tout est brouillé.

Le summum du cynisme a été atteint le 22 décembre 1989, lorsque les élus de l'Assemblée nationale se sont auto amnistiés dans l'affaire du financement occulte du Parti socialiste. L'Assemblée législative s'est assise sur ses propres lois et a décidé que les représentants du peuple sont au-dessus de celles-ci.

Comment voulez-vous qu'un pays fonctionne sainement dans de telles conditions ?

Soyons clairs, certaines dépenses de redistribution sont ponctuellement indispensables -- voire vitales pour ceux qui les reçoivent. Une société doit faire des choix d'assistance de ses membres confrontés à de graves accidents de la vie.

Mais lorsqu'un pays champion du monde des dépenses publiques n'affiche pas des taux de pauvreté ou de chômage enviables et régresse dans le classement des pays riches... il faut se poser des questions primaires telles que "où va l'argent ?" et "à qui profite ce système ?"

Parce qu'il y a une chose à ne pas oublier : tandis que les dépenses de redistribution ont augmenté, il en est allé de même pour...

... les impôts
... la dette publique
... le taux de chômage.

Il suffit de comparer la situation de la France en 1978 à celle de 2012 pour constater la dégradation dramatique de notre pays depuis la fin des Trente glorieuses :

NB : Tous les chiffres notés * sont en euro constant, c'est-à-dire corrigé de l'érosion monétaire

 
1978
2012
Déficit en milliards d'euros
1,20
81,4
Dette en milliards d'euros
72,80
1 833,8
Part du secteur privé dans l'économie en %
56
43
Revenu disponible par habitant en euros*
14 710
20 455
Dette par habitant en euros *
4 608
28 788
Taux de chômage en %
4,4
10,2
Revenu disponible par habitant diminué de la dette en euros*
10 102
- 8 333

En un mot, la croissance française est un mythe, un leurre, un fantôme. Que de promesses de lendemains qui chantent depuis les années noires des chocs pétroliers ! 

Et qu'avons-nous récolté en fin de compte ? De l'inflation, des dévaluations, du chômage de masse, des impôts et de la dette qui va devenir bien trop lourde à porter... Car elle grossit chaque année, et nos créanciers, eux, pourraient perdre patience.

Il suffirait que les taux à long terme augmentent de quelques points pour que la France se retrouve dans des difficultés aussi aiguës que celles de la Grèce, du Portugal ou de l'Espagne.

En s'endettant sans espoir réaliste de remboursement, les gouvernements vous ont acheté de la fausse prospérité... et le plus grave, c'est qu'ils le savaient parfaitement !

Citation Jospin

Citation Fillon


Citation Sapin

Tout occupés à soudoyer les électeurs pour s'arroger le pouvoir, nos dirigeants ont choisi de ne pas lever les impôts nécessaires au financement de ces promesses. L'impôt aurait permis à chaque citoyen de prendre la mesure de leurs véritables coûts... et d'arrêter ce processus fatal.

Mais l'Etat a préféré le mensonge... et repousser les problèmes à plus tard, en endettant les générations futures, qui devront payer les engagements pris (et reniés) par des autorités irresponsables et parjures.

Et en plus de tout cela...

 

...Vous ne pouvez pas compter
sur la presse grand public pour
vous donner les bonnes informations


Souci de faire de l'audience, recherche du sensationnalisme, manque de culture économique et financière : les médias grand public semblent désormais se contenter de reprendre les propos de nos politiques sans vraiment les remettre en question.

Ils cherchent la "petite phrase" qui va faire le buzz, se lancent dans des surenchères et de la provocation... mais si l'on reprend l'exemple de la campagne présidentielle 2012, par exemple, on constate que les sujets importants comme la dette, le déficit public ou l'interventionnisme de l'Etat ont été complètement éludés.

Mais ce qui est peut-être le plus grave, c'est le rabâchage servile des grandes statistiques économiques.

PIB, chômage, consommation des ménages, inflation... on se contente de vous resservir les données officielles -- sans souci de creuser un peu plus loin, sans chercher à voir comment ces statistiques sont compilées, bref sans la moindre distance ou relativisation.

Or ce sont là des données cruciales, qui donnent un éclairage tout différent aux circonstances économiques selon la manière dont elles sont calculées.

Permettez-moi de vous donner quelques exemples...

 

Les VRAIS chiffres de l'économie française

Prenons le sacro-saint PIB, par exemple
On se congratule dans la presse de ce qu'il est prévu à +0,2% pour 2013, signant une sortie de la récession, etc.

Ce qu'on omet de préciser... c'est que le PIB tient compte aussi de l'activité de l'Etat -- y compris du déficit !

Si l'on enlève cette donnée-là -- c’est-à-dire si l'on s'en tient aux entreprises privées créant de la richesse sur notre territoire... nos calculs montrent que pour 2013, il faut plutôt s'attendre à un recul de 0,1%.

La reprise est-elle toujours aussi tangible ?

Et si on s'intéressait à l'emploi ?
Comme je vous le disais plus haut, le taux de chômage officiel est de plus de 11% à l'heure où j'écris ces lignes. C'est déjà assez catastrophique en soi.

Maintenant... faisons ce que ne fait pas la presse grand public, et regardons un peu plus loin, de l'autre côté de l'équation : le taux d'emploi, c'est-à-dire la proportion de personnes disposant d'un emploi parmi la population en âge de travailler.

Contrairement au taux de chômage, cette statistique n'est pas soumise à des manipulations du genre "chômeurs catégorisés à tort comme handicapés", "incitation au renoncement lorsqu'on est un chômeur en fin de droit", etc., qui permettent de faire discrètement baisser un chiffre par trop embarrassant.

Et que nous dit le taux d'emploi français ? Eh bien... il est à 63,9%. Le calcul est vite effectué : cela fait une bien plus grande proportion de "sans emploi" que les 11% cités plus haut...

Quant à la dette publique...
Là encore, tout est question de calcul. Lorsqu'on rapporte la dette publique au PIB, la presse nous donne des chiffres aux alentours des 92%.

Mais si l'on compare -- ce qui semblerait assez logique -- la dette publique avec les recettes publiques, c'est-à-dire les entrées et les sorties, comme dans tout budget "normal", alors là... c'est bien différent.

Selon nos calculs, cette "dette fiscale" représenterait en fait 626,3% des impôts levés !

Je pourrai continuer ainsi pendant encore longtemps -- mais je ne veux pas non plus vous assommer sous les chiffres. L'essentiel est que vous compreniez qu'il ne faut pas vous contenter de ce que vous servent les médias.

Je ne dis pas que leurs informations sont fausses ou inutiles ; nos calculs aussi peuvent être discutés, bien sûr. Mais pour avoir un regard lucide sur le système actuel... il faut aller plus loin. Qu'il s'agisse de votre information personnelle, des choix que vous faites pour votre argent -- ou, en fin de compte, de votre choix de vote --, il est essentiel de pouvoir prendre vos décisions en toute connaissance de cause.

Et nous sommes là pour vous y aider.

Nous vivons principalement des abonnements de nos lecteurs -- ce sont à eux que nous devons des comptes. Nos moyens sont relativement modestes par rapport à ceux des grands groupes de presse/radio/télévision.

C'est précisément cette indépendance qui nous permet de vous apporter un éclairage différent, sans langue de bois... et dont le but est de vous enrichir, au propre comme au figuré.

Pour se sortir du pétrin dans lequel il se trouve actuellement, l'Etat français n'a que deux solutions. L'inflation, qui dissout votre épargne... ou le défaut, qui l'anéantit.

La crise que nous traversons actuellement pourrait se révéler l'une des plus graves de l'Histoire. Et nos dirigeants sont occupés à semer les germes d'une crise encore plus grave. Tout cela se produit en ce moment même. (..°

 

Simone Waple)
Rédactrice en Chef
La Stratégie de Simone Wapler

 

 

Publications Agora France

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19 janvier 2014 7 19 /01 /janvier /2014 00:28

 

Comment les banques et les gouvernants détruisent les garde-fous

Eric TOUSSAINT

Le krach de Wall Street en octobre 1929, l’énorme crise bancaire de 1933 et la période prolongée de crise économique aux États-Unis et en Europe des années 1930 ont amené le président Franklin Roosevelt, et par la suite les gouvernements européens, à fortement réglementer le secteur financier afin d’éviter la répétition de graves crises boursières et bancaires. Comme le montrent Carmen M. Reinhart et Kenneth S. Rogoff (économistes néolibéraux nord-américains) dans Cette fois, c’est différent. Huit siècles de folie financière |1|, ces mesures politiques ont permis de réduire drastiquement le nombre de crises bancaires au cours des trente années qui ont suivi la seconde guerre mondiale. Kenneth Rogoff a été économiste en chef du Fonds monétaire international (FMI) et Carmen Reinhart, professeur d’université, est conseillère du FMI et de la Banque mondiale. Selon leur analyse (pourtant fortement insérée dans la pensée dominante), la quantité très réduite de crises bancaires s’explique principalement « par la répression des marchés financiers* |2| intérieurs (à des degrés divers), puis par un recours massif aux contrôles des capitaux pendant bien des années après la seconde guerre mondiale ».

Une des mesures fortes prises par Roosevelt et par les gouvernements d’Europe (notamment sous la pression des mobilisations populaires à la fin de la seconde guerre mondiale) a consisté à réglementer strictement l’usage que les banques pouvaient faire de l’argent du public. Ce principe de protection des dépôts a donné lieu à la séparation entre les banques de dépôt* et les banques d’investissement* dont la loi américaine dite Glass Steagall Act a été la forme la plus connue, bien qu’elle ait été également appliquée avec certaines variantes dans les pays européens.

Avec cette séparation des métiers bancaires, seules les banques de dépôt (ou banques commerciales*) pouvaient recueillir les dépôts du public qui bénéficiaient d’une garantie de l’État. Parallèlement à cela, leur champ d’activités était réduit à l’octroi de prêts aux particuliers et aux entreprises, et excluait l’émission de titres, qu’il s’agisse d’actions* ou de tout autre instrument financier. Les banques d’affaires (ou banques d’investissement) devaient, quant à elles, capter leurs ressources sur les marchés financiers afin de pouvoir émettre des titres, des actions et autres instruments financiers.

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En Europe, après la seconde guerre mondiale, la forte réglementation du secteur bancaire et, dans certains cas, la nationalisation d’une partie importante du secteur bancaire, sont à mettre en relation avec les fortes luttes sociales exprimant la volonté d’une rupture avec la société des années 1930, le rejet des magnats de la finance qui avaient soutenu ou collaboré avec les nazis, les fascistes… et s’étaient fortement enrichis.

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Le virage néolibéral de la fin des années 1970 a remis en cause ces réglementations. Une vingtaine d’années plus tard, la déréglementation bancaire et financière en général avait fait des pas de géants. Comme le relèvent Kenneth Rogoff et Carmen Reinhart, les crises bancaires et boursières se sont multipliées dès les années 1980 sous des formes de plus en plus aiguës.

Dans le modèle bancaire traditionnel, hérité de la période prolongée de réglementation, les banques évaluent et portent le risque de crédit, c’est-à-dire qu’elles analysent les demandes de crédit, décident ou non de les satisfaire, et, une fois les prêts consentis, les conservent dans leur bilan jusqu’à leur terme (on parle ici du modèle originate and hold, « octroyer et conserver »). Grâce à la déréglementation financière, les banques ont pu abandonner le modèle « octroyer et conserver » afin d’augmenter le rendement sur fonds propres*.

Les banques ont alors eu recours massivement à la titrisation* |3| qui consiste à transformer les crédits bancaires qu’elles ont consentis en titres financiers qu’elles revendent. L’objectif poursuivi est simple : ne plus conserver dans leurs comptes les crédits et les risques y afférents et disposer de marges de manœuvre supplémentaires pour réaliser encore plus de profit. Les banques ont ainsi transformé les crédits en titres sous la forme de produits financiers structurés* qu’elles ont vendus à d’autres banques ou à d’autres institutions financières privées. On parle ici d’un nouveau modèle bancaire dit originate to distribute, « octroyer et céder », appelé également originate repackage and sell, « octroyer, emballer et vendre ». Ce système représente un double avantage pour les banques : quand tout va bien, elles diminuent le risque en sortant de leur actif* les crédits qu’elles ont consentis et elles disposent de moyens supplémentaires pour spéculer.


Qu’est-ce qu’un bilan bancaire ?


Le bilan* d’une entreprise permet de faire un état des lieux de son patrimoine et de la manière dont ce patrimoine est financé à un moment donné. Pour une société qui fabrique ou distribue des biens - prenons l’exemple d’une épicerie, voir illustration du bilan d’une épicerie - le bilan se compose de façon schématique de son stock, de l’équipement du magasin (caisse, étagères, frigos, etc.) et des encaisses, reprises du côté de l’actif : il s’agit de ce que l’épicerie possède. Côté passif* (qui indique la façon dont l’épicerie se finance), on trouve le capital (l’argent investi par le propriétaire de l’épicerie pour financer son activité), les bénéfices accumulés et maintenus dans l’entreprise pour financer son développement (par exemple : modernisation régulière des équipements, rénovation du magasin…), un emprunt bancaire et des dettes vis-à-vis des fournisseurs (délais de paiement autorisés par les fournisseurs qui permettent à l’épicerie de financer une partie de son stock).

À tout moment, ACTIF = PASSIF, c’est-à-dire qu’on doit toujours pouvoir identifier la source de financement d’un actif donné, et dans l’autre sens on doit toujours pouvoir identifier l’usage fait d’une ressource financière.

Ce même principe s’applique à une banque, mais avec des types d’actifs et de passifs bien entendu très différents.

A l’actif d’une banque traditionnelle (=banque de dépôt*) se trouvent les crédits octroyés aux clients de la banque. Ces crédits sont en fait des contrats, des promesses de remboursement, ce en quoi ils constituent un actif pour la banque. On trouve aussi à l’actif de la banque les réserves déposées à la banque centrale, et des prêts à d’autres banques, dans une proportion limitée.

Au passif, ces crédits sont financés par le capital propre de la banque (l’argent investi par ses actionnaires) mais surtout les dépôts des clients, qui sont en fait des dettes de la banque vis-à-vis de ses clients (d’ailleurs, en comptabilité bancaire, les dépôts sont indiqués sous la terminologie « dettes envers la clientèle »). Sachant que le capital propre de la banque ne représente que quelques % du montant des crédits octroyés, une banque va aussi avoir recours au financement interbancaire (emprunt auprès d’autres banques) et éventuellement au financement de marché (emprunt sur les marchés financiers par l’émission d’obligations*, par exemple).

Cette description vaut pour une banque commerciale simple, qui n’opère qu’en tant que banque de dépôt et de crédit (voir l’illustration Banque Maurel). Lorsqu’une banque est engagée dans une activité de banque d’affaires* ancien style, on voit apparaître d’autres catégories au bilan. Les dépôts sont remplacés par des titres financiers (obligations émises par la banque pour se financer) et par des emprunts sur le marché interbancaire*. Les crédits à la clientèle seront remplacés par des activités de trading*.

Si la banque mêle les activités de dépôts, de crédits, d’affaires et d’assurances, le bilan change une nouvelle fois (voir illustration des bilans des banques BNP Paribas, Barclays et Deutsche Bank). Du côté de l’actif, s’ajoutent des titres financiers détenus dans le cadre des différentes activités de marché, appelées aussi trading (actions, obligations, produits dérivés* pour les plus grandes d’entre elles) et plus largement d’activités sur les marchés de capitaux. Ces activités incluent notamment l’émission-souscription de titres, la tenue de marché (la part la plus importante du ‘stock’ de titres) et la gestion pour compte propre.

Pour financer cette partie de l’activité, la banque va emprunter auprès d’autres banques (à très court terme, pas plus de quelques jours) et auprès des marchés financiers en émettant des obligations par exemple (à court et moyen terme quelques mois ou années). Une banque universelle*, tout comme une banque d’affaires, est très largement dépendante du financement de marché. Elle s’expose à de fortes variations, que ce soit à l’actif (la valeur des titres peut changer brutalement) ou au passif (par exemple, la ‘contraction’ sur les marchés financiers survenue en 2008 a coupé les ressources financières de nombreuses banques : du jour au lendemain, le crédit octroyé aux banques - par d’autres banques ou par d’autres prêteurs - a fortement diminué).

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Comme nous l’avons vu plus haut, le passif renseigne sur l’origine des ressources de la banque, c-à-d des fonds collectés par la banque. L’actif informe sur l’utilisation des fonds collectés.

« Banque, dis-moi quel est ton passif, je te dirai quelle banque tu es. Si la part de tes emprunts sous forme de titres dépasse les dépôts des clients (c-à-d les prêts que tes clients t’octroient), c’est que tu prends des risques exagérés au dépens de ces derniers ».

Sur le site du Ministère de l’Économie et des Finances de la France, on trouve des données édifiantes qui indiquent à quel point la composition du bilan des banques a évolué dangereusement au fur et à mesure qu’elles ont développé des activités spéculatives.

« Si l’on prend le bilan de l’ensemble des établissements bancaires français, les dépôts qui représentaient 73 % du passif en 1980, n’en représentaient plus que 26 % en 2011. Les crédits qui représentaient 84 % des actifs en 1980 n’en représentent plus que 29 % en 2011. C’est la conséquence du financement des banques sur les marchés financiers où elles tiennent un rôle majeur en y intervenant soit pour leur propre compte (détention directe de titres) soit pour le compte de tiers ou en tant qu’apporteurs de produits financiers* ou de teneur de marché. Au niveau du bilan cela se traduit par l’importance croissante des titres et emprunts interbancaires qui représentaient 19 % du passif des banques françaises en 1980 et 54 % en 2011. » |4|

En 2011, le volume des dérivés* possédés par les banques françaises représentait « 11 fois plus que la valeur totale de leur bilan. » |5|


Le développement de la mal nommée « banque universelle »


Une autre évolution très importante a donc consisté en la suppression de la séparation entre banque de dépôt et banque d’affaires au cours des années 1980-1990 selon les pays. De cette suppression, est née la banque universelle que l’on connaît aujourd’hui. La banque universelle (appelée également « banque à tout faire » ou « banque généraliste ») représente un grand ensemble financier regroupant et exerçant les différents métiers de la banque de dépôt, de la banque d’affaires (gestion d’actifs) tout en jouant également le rôle d’assureur (on parle ici de « bancassurance »). Cet ensemble intervient sur le territoire national mais également à l’étranger avec ses filiales. Le principal danger de ce modèle bancaire réside dans le fait que les pertes des activités risquées de banque de financement et d’investissement doivent aussi être portées par la banque de dépôt qui fait partie de la banque universelle, mettant ainsi en péril les avoirs des petits et moyens épargnants, des petits commerçants, des PME, des administrations publiques… qui y ont déposé des fonds. De plus, comme les dépôts des épargnants bénéficient d’une garantie de l’État (qui protège en Europe les dépôts jusqu’à 100 000 euros depuis 2008) et comme les fonctions de la banque de dépôt sont essentielles au fonctionnement de l’économie (crédit, épargne, paiements), l’État est de fait forcé d’intervenir en cas de risque de faillite de la banque universelle. Toutes les grandes banques |6| se sont transformées en banques universelles et sont devenues trop grandes pour que les Etats les laissent tomber en faillite (too big to Fail). Le développement de leurs activités sur les marchés financiers a alors été encouragé par ce phénomène : la garantie implicite de l’Etat accordée à toutes les activités conduites par les banques universelles, même les plus risquées et les plus spéculatives !

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Quelques mécanismes de l’ingénierie bancaire à l’origine de la crise

La déréglementation a permis au secteur financier privé et notamment aux banques de mettre en place ou d’amplifier à l’extrême différents mécanismes qui ont joué un rôle clé dans l’éclatement de la crise bancaire.


L’effet de levier


L’effet de levier* constitue un des piliers du fonctionnement spéculatif des banques. La Banque de France définit ainsi l’effet de levier : « Il mesure l’effet d’un recours plus ou moins important à l’endettement sur la rentabilité financière, pour une rentabilité économique donnée. En acceptant un recours à l’endettement, les actionnaires d’une entreprise ou d’une institution financière s’attendent à un retour encore plus important en bénéfice en raison du risque supplémentaire pris. » |7|. Les banques ont massivement utilisé l’effet de levier afin de s’endetter plus pour gagner plus. Xavier Dupret décrit clairement ce phénomène : « Le monde bancaire s’est beaucoup endetté, ces dernières années, via ce que l’on appelle les effets de levier. L’effet de levier consiste à recourir à l’endettement pour augmenter la rentabilité des capitaux propres. Et pour qu’il fonctionne, il faut que le taux de rentabilité du projet sélectionné soit supérieur au taux d’intérêt à verser pour la somme empruntée. Les effets de levier sont devenus de plus en plus importants avec le temps. Ce qui n’est évidemment pas sans poser problème. Ainsi, au printemps 2008, les banques d’investissement de Wall Street avaient des effets de levier qui oscillaient entre 25 et 45 (pour un dollar de fonds propres, elles avaient emprunté entre 25 et 45 dollars). Ainsi, Merrill Lynch avait un effet de levier de 40. Cette situation était évidemment explosive car une institution qui a un effet de levier de 40 pour 1 voit ses fonds propres effacés avec une baisse de 2,5 % (soit 1/40) de la valeur des actifs acquis. » |8|


Le développement du hors bilan


D’autre part, avec la déréglementation, les banques ont pu développer des activités impliquant des volumes gigantesques de financement (c’est-à-dire des dettes) sans les prendre en compte dans leur bilan comptable.

Elles ont massivement pratiqué le hors bilan*, notamment pour dissimuler une grande partie des risques qu’elles prennent avec leurs volumineuses opérations sur des dérivés (voir ci-dessous).

Qu’est-ce que le hors bilan ? Le hors bilan assure le suivi comptable des activités qui n’ont pas encore entraîné un paiement (un décaissement ou un encaissement) de la part de la banque, mais qui lui fait courir un certain nombre de risques. Il s’agit habituellement de contrats en cours d’exécution. Les activités enregistrées dans le hors bilan bancaire sont pour l’essentiel les opérations sur dérivés, les engagements par signature et les opérations de change.

Selon le site officiel du ministère français de l’Économie et des Finances, « le hors-bilan de l’ensemble des établissements de crédit français pour les années 2010 et 2011 se présente ainsi :

  2010 2011
Engagements de financement
donnés 1 038,76 950,26
reçus 539,69 463,08
Engagements de garantie
d’ordre 1 075,34 1 108,79
reçus 1 061,07 1 213,36
Engagements sur titres
titres à recevoir 220,27 184,98
titres à livrer 220,53 188,60
Opérations sur devises
monnaies à recevoir 5 844,34 6 071,95
monnaies à livrer 5 852,64 6 060,34
Engagements sur instruments financiers à terme (=dérivés) 91 292,73 95 922,43

En milliards d’euros Source : ACP

Depuis quelques années, le hors-bilan des banques ne cesse de croître.

Le poste le plus important du hors-bilan des banques est le poste des engagements sur instruments financiers à terme, c’est-à-dire les opérations sur produits dérivés. En 2011, les engagements sur instruments financiers à terme de l’ensemble des banques représentent près de 96 000 milliards d’euros, soit 11 fois plus que la valeur totale de leur bilan.

Parmi ces engagements sur dérivés, ce sont les opérations sur instruments de taux d’intérêt qui sont les plus importantes : 84 739 milliards d’euros pour l’année 2011. Cela représente 34 fois le montant total des crédits accordés par les banques à leurs clientèles. Ce chiffre est un indicateur frappant de l’activité des banques sur les marchés financiers. » |9|

Selon Laurence Scialom, aux États-Unis : « Cet engagement massif dans les activités hors bilan se reflète dans l’accroissement de la part des revenus issus de ces activités (commissions et revenus de négoce |10|) dans le total du revenu des banques. Cette part est passée de 19 % sur la période 1960-1980 à 43 % du produit net bancaire en 1999. » |11|

Vu le volume gigantesque du hors bilan, tout accident financier important de ce côté, notamment sur les dérivés, peut déstabiliser la banque. Les grandes banques n’hésitent cependant pas à y recourir massivement puisqu’elles en tirent, comme le dit Laurence Scialom, d’importants revenus et qu’elles peuvent y loger des risques qui du coup passent inaperçus aux yeux des autorités de contrôle.


La banque de l’ombre ou le shadow banking


Les banques ont également créé et développé la banque de l’ombre, le shadow banking, et cela de manière légale (comme pour le hors bilan) et donc avec l’autorisation des autorités de contrôle.

Qu’est-ce que le shadow banking* ?

Les activités financières du shadow banking sont principalement réalisées pour le compte des grandes banques par des sociétés financières créées par elles. Ces sociétés financières (Special Purpose Vehicles – SPV*, money market funds*, hedge funds*…) ne reçoivent pas de dépôts, ce qui leur permet de ne pas être soumises à la réglementation et à la régulation bancaires. Elles sont donc utilisées par les grandes banques afin d’échapper aux réglementations nationales ou internationales. Des sociétés de gestions d’actifs comme BlackRock ou Pimco sont également actives dans le shadow banking et entretiennent des relations très étroites avec les grandes banques.

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Le shadow banking et la banque universelle sont donc complémentaires. Le recours au shadow banking permet à la banque universelle d’échapper de plus en plus à la gestion directe des risques.

Le volume des actifs gérés par le shadow banking a augmenté de manière très importante, en particulier avant la crise de 2007-2008. Il est passé de 26 375 milliards de dollars en 2002 à 62 031 en 2007 avant de redescendre en 2008 à 59 350 pour progresser de nouveau et atteindre 66 614 milliards de dollars en 2011 |12|.

Le Conseil de stabilité financière (CSF*), l’organe érigé par le forum du G20* en charge de la stabilité financière mondiale, a livré les chiffres pour l’année 2011. « Ce secteur ‘parallèle’ représente à lui seul la moitié de la taille des actifs totaux des banques. Rapportée au Produit Intérieur Brut du pays, la banque de l’ombre prospère à Hong-Kong (520 %), aux Pays-Bas (490%), au Royaume-Uni (370 %), à Singapour (260 %) et en Suisse (210 %). Mais, en terme absolu, les États-Unis restent en première position puisque la part de ce secteur parallèle représente 23 000 milliards d’actifs en 2011, suivi de la zone euro (22 000 milliards) et du Royaume-Uni (9 000 milliards). » |13|

En 2012, le volume des actifs géré par le shadow banking a encore progressé pour atteindre près de 71 000 milliards de dollars |14| (ce qui équivaut environ à la somme des PIB* de tous les pays de la planète). Les autorités de contrôle de la finance ne cherchent nullement à dégonfler radicalement le volume de la banque de l’ombre et encore moins à l’éliminer. Les grandes banques et les puissants fonds d’investissement* comme BlackRock et Pimco ont suffisamment d’influence sur les autorités pour préserver la part d’ombre dont elles profitent au mieux pour augmenter leur profits et leur poids dans l’économie. «  Pour nous, le “shadow banking” doit contribuer à un financement transparent et solide de l’économie, qui permette de diversifier les sources de son financement d’une manière qui soit soutenable à long terme  », ­affirme Mark Carney, président du Conseil de stabilité financière et gouverneur de la Banque d’Angleterre. Il ajoute que le Conseil va poursuivre la mise en observation du shadow banking afin d’envisager de lui imposer certaines règles dans un futur non défini. |15|


La multiplication des activités des banques dans les paradis fiscaux


En 2009, on estimait que les deux-tiers des transactions de gré à gré* sur les dérivés de crédit impliquaient les paradis fiscaux*. Selon le calcul effectué par le député européen écologiste Philippe Lamberts, qui a épluché les rapports annuels de nombreuses banques européennes, la Deutsche Bank dispose de 974 entités (filiales, SPV, etc.) dans les paradis fiscaux, dont 657 hors Europe. |16| Viennent ensuite BNP Paribas avec plus de 280 sociétés, la banque belge KBC avec près de 100, le Crédit Agricole 95, la Société Générale 82, BPCE 81.

Les paradis fiscaux sont des États caractérisés par les cinq critères non cumulatifs suivants : (a) l’opacité (via le secret bancaire ou un autre mécanisme protégeant les trusts) ; (b) une fiscalité très basse, voire une imposition nulle pour les non-résidents ; (c) des facilités légales permettant de créer des sociétés écrans, sans aucune obligation pour les non-résidents d’avoir une activité réelle sur le territoire ; (d) l’absence de coopération avec les administrations fiscales, douanières et/ou judiciaires des autres pays ; (e) la faiblesse ou l’absence de régulation financière. La Suisse, la City de Londres et le Luxembourg accueillent la majorité des capitaux placés dans les paradis fiscaux. Il y a bien sûr également les Iles Caïmans, les Iles anglo-normandes comme Jersey ou Guernesey, Hong-Kong et tant d’autres Etats aux quatre coins de la planète. Les détenteurs de fortunes qui veulent échapper au fisc ou ceux qui veulent blanchir des capitaux qui proviennent d’activités criminelles sont directement aidés par les banques qui font « passer » les capitaux par une succession de paradis fiscaux en prélevant de juteuses commissions. Les capitaux généralement sont d’abord placés en Suisse, à la City de Londres ou au Luxembourg, transitent ensuite par d’autres paradis fiscaux encore plus opaques afin de compliquer la tâche des autorités qui voudraient suivre leurs traces et finissent par réapparaître la plupart du temps à Genève, Zurich, Berne, Londres ou Luxembourg, d’où ils peuvent être récupérés par leurs propriétaires où bon leur semble. Selon Gabriel Zucman, professeur à la London School of Economics, 5 800 milliards d’euros sont placés dans les paradis fiscaux au premier rang desquels il cite la Suisse, qui accueille un tiers des fortunes mondiales offshore, et le Luxembourg. Toujours selon Gabriel Zucman, le montant des fortunes gérées dans les paradis fiscaux aurait augmenté de 25 % entre 2009 et 2012. Selon The Economist qui fournit des chiffres grosso modo concordant, la Suisse accueille un peu plus de 2 000 milliards de dollars de placements provenant de l’étranger ; le Royaume-Uni, les Iles anglo normandes et l’Irlande, un peu moins de 2 000 milliards ; la Caraïbe et Panama environ 1 000 milliards ; Hong Kong et Singapour, 1 000 milliards ; les États-Unis (en particulier l’État du Delaware) et le Luxembourg, chacun 500 milliards. Certains paradis fiscaux comptent sur le territoire plus d’entreprises différentes que d’habitants ce qui illustrent parfaitement qu’ils servent uniquement de boîte aux lettres : les Iles Vierges britanniques comptent 1 995 sociétés financières par tranche de 100 habitants ; les Iles Caïmans (également britanniques) comptent 161 entreprises par tranche de 100 habitants ; l’État du Delaware (États-Unis) en compte 104 par 100 habitants |17|.

Suite à une investigation approfondie de la justice états-unienne, la principale banque britannique HSBC a reconnu, en décembre 2012, avoir collaboré avec les cartels de la drogue du Mexique et d’autres organisations criminelles impliquées dans le blanchiment d’argent pour un montant de près de 880 milliards de dollars. Pour cela, HSBC est principalement passé par les îles Caïmans.

Évidemment, les filiales des banques dans les paradis fiscaux sont susceptibles de réaliser non seulement de plantureux bénéfices mais également des pertes qui peuvent les amener au bord du gouffre et pousser les autorités à venir en aide à leur maison mère.

Depuis 2009, malgré de nombreuses déclarations par les chefs d’État du G20, en réalité très peu de changements concrets ont eu lieu jusqu’ici. Dans ces conditions, il est clair que la portée de l’action des institutions publiques nationales et internationales qui sont en charge, pour reprendre leur vocabulaire, de « ramener la finance à des comportements plus responsables » est très limitée. Les régulateurs ne se donnent pas réellement les moyens de connaître les activités réelles des banques qu’ils sont censés contrôler. Une grande partie des transactions financières échappe ainsi totalement au contrôle officiel.


Que peut-on espérer des annonces récentes

de réglementation bancaire ?


Le cataclysme financier de 2007-2008 et ses effets dramatiques dans la durée ont largement démontré que les acteurs des marchés financiers sont incapables de s’autoréguler. Ils n’en ont ni le désir ni la volonté, et encore moins l’intérêt. Toutes les crises financières qui ont égrené l’histoire du capitalisme l’attestent. Après la crise, les gouvernants ont été contraints d’adopter un autre discours : « L’autorégulation pour régler tous les problèmes, c’est fini. Le laisser-faire, c’est fini. Le marché qui a toujours raison, c’est fini. » |18|. Mais sept ans après le début de la crise et six ans après l’engagement d’un retour à davantage de réglementation, rien de sérieux dans les faits ne peut être inscrit au bilan. Le constat est sans appel : acoquinés avec les dirigeants des banques, les gouvernants et les législateurs ont pris très peu de mesures contraignantes à l’égard des sociétés financières.

Aux États-Unis, une nouvelle législation, timide en comparaison de la réglementation imposée par Roosevelt à partir de 1933, a été adoptée pendant le premier mandat de Barack Obama. Il s’agit de la loi Dodd-Frank (qui inclut la règle Volcker* |19|). Bien que la loi Dodd-Frank ait été approuvée en 2010, son application tarde. En effet, les banques et leurs lobbyistes, tout comme les parlementaires républicains ou démocrates qu’ils influencent directement, ont réussi à limiter sa mise en pratique |20|. En principe, la règle Volcker interdit notamment aux établissements bancaires de réaliser du proprietary trading, c’est-à-dire de spéculer avec leurs ressources pour leur propre compte. Elle prévoit certaines limitations quant à la détention de participations dans des hedge funds ou des fonds de private equity, qui ne sont pas soumis à une véritable réglementation. L’entrée en vigueur de la règle Volcker initialement prévue pour juillet 2014 est reportée à juillet 2015 |21|. Il est possible que les banques arrivent d’ici cette date à obtenir d’ultimes modifications en leur faveur.

Au Royaume-Uni, suite à la quasi-faillite de grandes banques anglaises en 2008, le gouvernement britannique a créé la "Commission Vickers", présidée par l’ancien économiste en chef de la Banque d’Angleterre Lord John Vickers. La commission Vickers a remis ses recommandations en 2011 aux autorités qui n’ont toujours pas pris la moindre décision à la fin 2013... |22|

A l’échelle de l’Union européenne, une commission animée par Erkki Liikanen, gouverneur de la Banque nationale de Finlande, a remis son rapport en octobre 2012. Les recommandations contenues dans les rapports des commissions Vickers et Liikanen |23| vont plus loin que les lois Dodd-Frank et la règle Volcker : un début de cloisonnement des activités multiples des banques. Mais aucune ne propose de revenir au Glass Steagal Act et aux réglementations adoptées après la crise des années 1930 en Europe. Aucune ne propose une séparation claire et nette entre banque de dépôt et banque d’affaires, c’est-à-dire le démantèlement de ce qu’on appelle aujourd’hui la banque universelle. La loi Dodd-Frank, les propositions des commissions Vickers et Liikanen, le projet de loi sur la réforme bancaire déposé par le gouvernement français à l’Assemblée nationale en décembre 2012 et voté quelques mois plus tard |24| restent au milieu du gué et ne prévoient que des cloisons qui se révéleront (si un jour elles entrent en application) d’une efficacité très limitée, car la partie banque d’investissement et d’affaires n’hésitera pas à pomper dans les dépôts des clients et elle continuera à prendre des risques très élevés puisqu’aucune mesure contraignante sérieuse ne sera mise en œuvre |25| . Comme indiqué plus haut, dans le cadre de la banque universelle, la banque d’affaires et la banque de dépôts sont solidaires, ce qui implique que les pertes réalisées par la banque de financement et d’investissement seront supportées par la banque de dépôt.

Alors que les autorités de contrôle multiplient les concessions au lobby* bancaire |26|, il est frappant de constater que John Reed, l’ex-patron de Citicorp et de Citigroup, aujourd’hui retiré des affaires, a déclaré que l’abrogation du Glass Steagall Act en 1999 constituait une grave « erreur ». C’est lui qui avait été en première ligne pour obtenir de l’administration Clinton cette décision funeste. Quatorze ans plus tard, en 2013, il affirmait qu’il fallait remettre d’urgence en place le Glass Steagall Act. Il ajoutait qu’il était facile de séparer les banques de dépôt des banques d’affaires car le secteur financier est très flexible. A la différence de l’industrie, il n’y a pas de grands investissements fixes immobilisés dans des équipements, déclarait-il en substance. |27|

Bien que les recommandations de Vickers et de Liikanen soient très conciliantes à leur égard, les patrons des banques privées organisent, comme aux États-Unis, un intense lobbying afin qu’elles ne soient pas suivies d’effet. L’hebdomadaire financier français, Challenges, rapportaient en 2012 des réactions du milieu bancaire de l’Hexagone à propos du rapport Liikanen. « Beaucoup de rapports de ce genre ont fini à la poubelle » déclare un des banquiers . « Liikanen ? Il sait à peine ce qu’est une banque, ironise un autre. En Finlande, il n’y a que des filiales d’établissements étrangers ». Challenges poursuit avec un autre son de cloche, en donnant la parole à Martin Wolf, éditorialiste au Financial Times : « Je crains que sous la pression des banquiers trop d’activités de marché (=trading) ne soient exclues du cantonnement (=cloisonnement). Ce rapport est un pas en avant, il ne faudrait pas que la prochaine étape soit un pas en arrière » |28|. Justement, le Financial Times a lui aussi mené sa petite enquête dans le milieu bancaire. Dans ses colonnes, Christian Clausen, le patron de la banque suédoise Nordea qui préside la Fédération bancaire européenne, déclare que le Rapport Liikanen fait erreur en ce qui concerne le cloisonnement entre les activités de banque de détail et les activités de trading* |29|. Les parlementaires états-uniens et européens, sans parler des hauts fonctionnaires, ont été soumis à d’intenses pressions. A Bruxelles, le Parlement est composé de 754 députés européens. Les représentants de grandes banques seraient entre 700 et 1 000. Ils représentent les intérêts du secteur bancaire et disposent pour cela d’un budget de plus de 300 millions d’euros |30|. De plus, les banques peuvent compter sur de solides alliés placés aux plus hautes fonctions, comme notamment Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne et ex-dirigeant de la banque Goldman Sachs.

Du côté des autorités de contrôle, quelques voix isolées se font entendre pour critiquer l’absence de réglementation sérieuse du secteur bancaire. Andrew Haldane, directeur du département Stabilité financière de la banque d’Angleterre, a élevé la voix lors d’une réunion des milieux financiers à Londres en octobre 2012. Il critique le fait que les 29 banques systémiques (voir encadré) profitent du danger que représenterait leur faillite pour obtenir à bon compte de l’argent de la BCE, de la Fed, de la Banque d’Angleterre... Il considère que le crédit que ces institutions publiques leur octroient constitue une subvention annuelle de plus de 700 milliards de dollars. Depuis la date où il a prononcé ce discours, la BCE a baissé son taux, ce qui a augmenté sensiblement les cadeaux aux banquiers.


Les banques systémiques selon le G20


Le G20 a établi en novembre 2011 une liste de 29 banques systémiques appelées en anglais SIFIs (Systemically Important Financial Institutions). A l’instar de Lehman Brothers dont la faillite a bouleversé l’économie mondiale en septembre-octobre 2008, ces banques sont considérées par le FSB (Financial Stability Board) comme trop importantes pour que les pouvoirs publics les laissent tomber en faillite (en anglais : « too big to fail »). Elles sont dites systémiques du fait de leur poids et du danger que la faillite de l’une d’entre elles représenterait pour le système financier privé au niveau international. En 2011, parmi les 29 banques systémiques, on comptait 4 banques françaises (Société Générale, Crédit Agricole, BNP Paribas et BPCE), 2 banques allemandes (Deutsche Bank et Commerzbank), 1 italienne (Unicredit), 1 espagnole (Santander), 1 belgo-française (Dexia), 1 hollandaise (ING), 4 britanniques (HSBC, Lloyds, Barclays et Royal Bank of Scotland), 2 suisses (UBS, Crédit suisse), 1 suédoise (Nordea), 8 états-uniennes (JPMorgan, Bank of America, Morgan Stanley, Goldman Sachs, Citigroup, Bank of New York Mellon, Wells Fargo, State Street), 3 japonaises (Sumitomo, Mitsubishi UFJ FG, Mizuho FG), 1 chinoise (Bank of China). En 2012, le G20 a retiré 3 de ces banques de la liste (Dexia, Commerzbank, Lloyds) et en a ajouté 2 (l’espagnole BBVA et la britannique Standard Chartered). En 2013, la banque chinoise ICBC a été ajoutée à la liste.

Andrew Haldane recommande de réduire de manière drastique la taille des banques. Thomas Hoenig, de la US Federal Deposit Insurance Corporation, affirme que les cloisons mises en place pour séparer différents types d’activités des banques sont en réalité poreuses. Il plaide pour que soit adoptée une loi de type Glass-Steagall afin de séparer radicalement les banques de dépôt et les banques d’affaires |31|.

Début janvier 2013, le comité de Bâle a renoncé à l’application d’une des exigences qu’il avait mises en avant à l’égard des banques. Ces dernières seront exemptées de la mise en place d’un amortisseur de chocs financiers sous la forme d’une réserve permanente de liquidités (liquidity coverage ratio, LCR), qui aurait dû leur permettre de faire face à une crise d’une durée de 30 jours. Il était prévu que la mesure entrerait en vigueur en 2015, elle est maintenant reportée à 2019 ! En première page, les périodiques financiers ont clairement souligné qu’il s’agissait d’une victoire des banques et d’un recul des autorités de contrôle. Le 8 janvier 2013, la une du Financial Times annonçait la « Victoire des banques européennes après l’assouplissement des règles de Bâle » |32| et, le 12 janvier, The Economist titrait : « Les régulateurs adoucissent leur position en matière de liquidités » |33|. Non seulement l’application des mesures est repoussée à 2019, au vu de la situation dramatique autant dire aux calendes grecques, mais en plus les banques pourront comptabiliser, dans la réserve de liquidités (LCR), des produits structurés et toxiques comme les MBS (Mortgage backed securities) |34| ». La folie bancaire a donc de beaux jours devant elle, surtout que le feuilleton ne s’arrête pas là. Fin janvier 2013, d’autres nouvelles font le bonheur des banques. Michel Barnier, commissaire européen en charge des marchés financiers, a déclaré qu’il ne suivrait pas la principale recommandation du rapport Liikanen concernant le cloisonnement entre activités de banque de dépôt et activités de marché. Le 30 janvier 2013, le Financial Times titre : « Reculade de Bruxelles à propos du cœur de la réforme bancaire » |35| et explique dans ses colonnes que la Commission européenne a battu en retraite en ce qui concerne l’obligation qui pourrait être faite aux banques de séparer leurs activités de marché (entendez, hautement spéculatives et à risque) et leurs activités de banques de dépôt. En septembre 2013, le lobby bancaire a encore marqué des points. L’avocat général de la cour de justice de l’Union européenne a remis en cause le droit des autorités (ESMA, European Securities and Markets Authority) d’interdire les ventes à découvert (short selling) même en situation de crise. |36|


Conclusion


Le métier de la banque (au sens de constituer un instrument pour collecter l’épargne et pour octroyer du crédit) est trop sérieux pour être confié à des banquiers privés qui, par définition, cherchent à maximiser le profit de la poignée de grands propriétaires privés (le 1 %, comme le mouvement Occupy Wall Street les a appelés). Il est primordial de rompre avec la soumission des exigences des banques. En prenant un virage radical, il est possible de protéger les dépôts des épargnants, de financer des activités utiles au bien commun, de garantir l’emploi et les conditions de travail du personnel du secteur. Pour cela, il apparaît indispensable et essentiel de construire un service public de l’épargne, du crédit et de l’investissement. Étant donné qu’elles utilisent de l’argent public, bénéficient de garanties de la part de l’État et doivent rendre un service de base fondamental à la société, les banques doivent être socialisées et placées sous contrôle citoyen |37|. Il est également essentiel d’interdire les activités spéculatives, tous les instruments financiers qui les soutiennent ainsi que les transactions avec les paradis fiscaux.

Plus globalement, partout dans le monde, le Capital s’est lancé dans une offensive contre le Travail. C’est en Europe que, depuis 2008, l’offensive prend la forme la plus systématique en commençant par des pays comme la Grèce, le Portugal, l’Irlande, Chypre, l’Espagne... Alors que les banques (et le capitalisme en tant que système) sont les responsables de la crise, elles sont systématiquement protégées. Leur sauvetage a provoqué une très forte augmentation de la dette publique, clairement illégitime. Partout, le remboursement de la dette publique et le retour à l’équilibre fiscal constituent le prétexte invoqué par les gouvernants pour justifier une politique qui s’en prend aux droits économiques et sociaux de l’écrasante majorité de la population. Si les mouvements sociaux et, parmi eux, les syndicats veulent victorieusement affronter cette offensive dévastatrice, il faut prendre à bras le corps la question de la dette publique afin d’enlever au pouvoir son argument principal. L’annulation de la partie illégitime de la dette publique et l’expropriation des banques pour les intégrer à un service public de l’épargne et du crédit sont des mesures essentielles dans un programme alternatif à la gestion capitaliste de la crise.

Éric Toussaint


Éric Toussaint, maître de conférence à l’université de Liège, préside le CADTM Belgique. Il est auteur du livre Procès d’un homme exemplaire, Éditions Al Dante, Marseille, 2013 ; Un coup d’œil dans le rétroviseur. L’idéologie néolibérale des origines jusqu’à aujourd’hui, Le Cerisier, Mons, 2010. Il est coauteur avec Damien Millet du livre AAA, Audit, Annulation, Autre politique, Le Seuil, Paris, 2012 ; La dette ou la vie, Aden/CADTM, Bruxelles, 2011. Ce dernier livre a reçu le Prix du livre politique octroyé par la Foire du livre politique de Liège, http://www.cadtm.org/Le-CADTM-recoit-le-prix-du-livre

Prochain livre à paraître en 2014 : Bancocratie chez ADEN, Bruxelles, http://www.chapitre.com/CHAPITRE/fr/BOOK/toussaint-eric/bancocratie,58547448.aspx


Remerciements : L’auteur remercie pour leur aide Aline Fares, Pierre Gotiniaux, Pauline Imbach, Damien Millet, Daniel Munevar, Brigitte Ponet, Claude Quémar et Patrick Saurin.

Les illustrations peuvent être reprises à condition de clairement mentionner qu’elles ont été produites par le CADTM. 

Cette étude prolonge la série « Banques contre Peuples : les dessous d’un match truqué ! » parue en 2012-2013 sur www.cadtm.org

GLOSSAIRE |38|


ACTIF : En général, le terme « actif » fait référence à un bien qui possède une valeur réalisable, ou qui peut générer des revenus. Dans le cas contraire, on parle de « passif », c’est-à-dire la partie du bilan composé des ressources dont dispose une entreprise (les capitaux propres apportés par les associés, les provisions pour risques et charges ainsi que les dettes).

ACTION : Valeur mobilière émise par une société par actions. Ce titre représente une fraction du capital social. Il donne au titulaire (l’actionnaire) le droit notamment de recevoir une part des bénéfices distribués (le dividende) et de participer aux assemblées générales.

BANQUE D’AFFAIRES ou BANQUE D’INVESTISSEMENT : Société financière dont l’activité consiste à effectuer trois types d’opérations : du conseil (notamment en fusion-acquisition), de la gestion de haut de bilan pour le compte d’entreprises (augmentations de capital, introductions en bourse, émissions d’emprunts obligataires) et des placements sur les marchés avec des prises de risque souvent excessives et mal contrôlées. Une banque d’affaires ne collecte pas de fonds auprès du public, mais se finance en empruntant aux banques ou sur les marchés financiers.

BANQUE DE DÉPÔT ou BANQUE COMMERCIALE : Établissement de crédit effectuant des opérations de banque avec les particuliers, les entreprises et les collectivités publiques consistant à collecter des fonds pour les redistribuer sous forme de crédit ou pour effectuer à titre accessoire des opérations de placements. Les dépôts du public bénéficient d’une garantie de l’État. Une banque de dépôt (ou banque commerciale) se distingue d’une banque d’affaires qui fait essentiellement des opérations de marché. Pendant plusieurs décennies, suite au Glass Steagall Act adopté pendant l’administration Roosevelt et aux mesures équivalentes prises en Europe, il était interdit aux banques commerciales d’émettre des titres, des actions et tout autre instrument financier.

BANQUE UNIVERSELLE : La banque universelle (appelée également « banque à tout faire » ou « banque généraliste ») représente un grand ensemble financier regroupant et exerçant les différents métiers de la banque de détail, de la banque de financement et d’investissement, de la gestion d’actifs, tout en jouant également le rôle d’assureur (on parle ici de bancassurance). Cet ensemble intervient sur le territoire national mais également à l’étranger avec ses filiales. Le principal danger de ce modèle bancaire consiste à faire supporter les pertes des activités risquées de banque de financement et d’investissement par la banque de dépôt et mettre ainsi en péril les avoirs des petits épargnants.

BILAN : ‘photo’ de fin d’année des actifs (ce que la société possède) et passifs (ce que la société doit) d’une société. Autrement dit, les actifs du bilan donnent des informations sur l’utilisation des fonds collectés par la société. Les passifs du bilan informent sur l’origine des fonds collectés.

Dans le cas du bilan d’une banque, on retrouve au passif : le capital (les actions propres), les dépôts des clients, les réserves (bénéfices passés non dépensés) et la dette (notamment ce que la banque a emprunté auprès d’autres institutions). À l’actif, on retrouve les prêts (que la banques à octroyés aux particuliers, aux entreprises), les créances bancaires (prêts octroyés aux autres banques) et le porte­feuille financier (actions, titres émis par d’autres sociétés et acheté par la banque).

CSF : Le Conseil de stabilité financière (CSF) - en anglais Financial Stability Board, FSB- est un groupe économique informel créé lors de la réunion du G20 à Londres en avril 2009. Il succède au Forum de stabilité financière (Financial Stability Forum, FSF) institué en 1999 à l’initiative du G7. Il regroupe 26 autorités financières nationales (banques centrales, ministères des finances...), plusieurs organisations internationales et groupements élaborant des normes dans le domaine de la stabilité financière. Ses objectifs relèvent de la coopération dans le domaine de la supervision et de la surveillance des institutions financières.

CRÉANCES : Somme d’argent qu’une personne (le créancier) a le droit d’exiger d’une autre personne (le débiteur).

CREDIT DEFAULT SWAP : Le CDS est un produit financier dérivé qui n’est soumis à aucun contrôle public. Il a été créé par la banque JP.Morgan dans la première moitié des années 1990 en pleine période de déréglementation. Le Credit Default Swap signifie littéralement “permutation de l’impayé”. Normalement, il devrait permettre au détenteur d’une créance de se faire indemniser par le vendeur du CDS au cas où l’émetteur d’une obligation (l’emprunteur) fait défaut, que ce soit un pouvoir public ou une entreprise privée. Le conditionnel est de rigueur pour deux raisons principales. Premièrement, l’acheteur peut utiliser un CDS pour se protéger d’un risque de non remboursement d’une obligation qu’il n’a pas. Cela revient à prendre une assurance contre le risque d’incendie de la maison d’un voisin en espérant que celle-ci parte en flammes afin de pouvoir toucher la prime. Deuxièmement, les vendeurs de CDS n’ont pas réuni préalablement des moyens financiers suffisants pour indemniser les sociétés affectées par le non remboursement de dettes. En cas de faillite en chaîne d’entreprises privées ayant émis des obligations ou du non remboursement de la part d’un État débiteur important, il est très probable que les vendeurs de CDS seront dans l’incapacité de procéder aux indemnisations qu’ils ont promises. Le désastre de la compagnie nord-américaine d’assurance AIG en août 2008, la plus grosse société d’assurance internationale (nationalisée par le président George W. Bush afin d’éviter qu’elle ne s’effondre) et la faillite de Lehman Brothers en septembre 2008 sont directement liés au marché des CDS. AIG et Lehman s’étaient fortement développées dans ce secteur.

Le CDS donne l’illusion à la banque qui en achète qu’elle est protégée contre des risques ce qui l’encourage à réaliser des actions de plus en plus aventureuses. De plus, le CDS est un outil de spéculation. Par exemple en 2010-2011, des banques et d’autres sociétés financières ont acheté des CDS pour se protéger du risque d’une suspension de paiement de la dette qui aurait pu être décrétée par la Grèce. Elles souhaitaient que la Grèce fasse effectivement défaut afin d’être indemnisées. Qu’elles soient ou non en possession de titres grecs, les banques et les sociétés financières détentrices de CDS sur la dette grecque avaient intérêt à ce que la crise s’aggrave. Des banques allemandes et françaises (les banques de ces pays étaient les principales détentrices de titres grecs en 2010-2011) revendaient des titres grecs (ce qui alimentait un climat de méfiance à l’égard de la Grèce) tout en achetant des CDS en espérant pouvoir être indemnisées au cas de défaut grec. |39|

Le 1er novembre 2012, les autorités de l’Union européenne ont fini par interdire la vente ou l’achat de CDS concernant des dettes des États de l’UE qui ne sont pas en possession du candidat acheteur du CDS. |40| Mais cette interdiction ne concerne qu’une fraction minime du marché des CDS (le segment des CDS sur les dettes souveraines*) : environ 5 à 7 %. Il faut également noter que cette mesure limitée mais importante (c’est d’ailleurs à peu près la seule mesure sérieuse qui soit entrée en vigueur depuis l’éclatement de la crise) a entraîné une réduction très importante du volume des ventes des CDS concernés, preuve que ce marché est tout à fait spéculatif.

Enfin, rappelons que le marché des CDS est dominé par une quinzaine de grandes banques internationales. Les hedge funds et les autres acteurs des marchés financiers n’y jouent qu’un rôle marginal. D’ailleurs la Commission européenne a menacé en juillet 2013 de poursuivre 13 grandes banques internationales pour collusion afin de maintenir leur domination sur le marché de gré à gré* (OTC) des CDS. |41|

class="spip_out">DÉRIVÉ DE CRÉDIT : Produit financier dont le sous-jacent est une créance* ou un titre représentatif d’une créance (obligation). Le but du dérivé de crédit est de transférer les risques relatifs au crédit, sans transférer l’actif lui-même, dans un but de couverture. Une des formes les plus courantes de dérivé de crédit est le Credit Default Swap* .

EFFET DE LEVIER : L’effet de levier désigne l’effet sur la rentabilité des capitaux propres d’une entité (entreprise, banque, etc.) qu’aura son recours à l’endettement. Le ratio de levier calcule le rapport entre les fonds propres* d’une telle entité et le volume de ses dettes. Les banques ont progressivement augmenté cet effet de levier avec la libéralisation financière, c’est-à-dire que pour 1 000 euros de capital, le nombre d’euros qu’elles ont pu emprunter a considérablement augmenté.

FONDS D’INVESTISSEMENT : Les fonds d’investissement (private equity) ont pour objectif d’investir dans des sociétés qu’ils ont sélectionnées selon certains critères. Ils sont le plus souvent spécialisés suivant l’objectif de leur intervention : fonds de capital-risque, fonds de capital développement, fonds de LBO (voir infra) qui correspondent à des stades différents de maturité de l’entreprise.

FONDS DE PENSION : Fonds d’investissement, appelé aussi fonds de retraite, qui a pour vocation de gérer un régime de retraite par capitalisation. Un fonds de pension est alimenté par l’épargne des salariés d’une ou plusieurs entreprises, épargne souvent complétée par l’entreprise ; il a pour mission de verser des pensions aux salariés adhérents du fonds. Les fonds de pension gèrent des capitaux très importants, qui sont généralement investis sur les marchés boursiers et financiers.

FONDS PROPRES : Capitaux apportés ou laissés par les associés à la disposition d’une entreprise. Une distinction doit être faite entre les fonds propres au sens strict appelés aussi capitaux propres (ou capital dur) et les fonds propres au sens élargi qui comprennent aussi des dettes subordonnées à durée illimitée.

G20 : Le Groupe des vingt (G20) est un groupe composé de dix-neuf pays et de l’Union européenne dont les ministres, les chefs de banques centrales et les chefs d’État se réunissent régulièrement. Il a été créé en 1999, après la succession de crises financières dans les années 1990. Il vise à favoriser la concertation internationale, en intégrant le principe d’un dialogue élargi compte tenu du poids économique croissant pris par un certain nombre de pays. Sont membres : Allemagne, Afrique du Sud, Arabie saoudite, Argentine, Australie, Brésil, Canada, Chine, Corée du Sud, États-Unis, France, Inde, Indonésie, Italie, Japon, Mexique, Royaume-Uni, Russie, Turquie, l’Union européenne (représentée par le Président du conseil et celui de la Banque centrale européenne).

GARANTIES : Acte procurant à un créancier une sûreté en complément de l’engagement du débiteur. On distingue les garanties réelles (droit de rétention, nantissement, gage, hypothèque, privilège) et les garanties personnelles (cautionnement, aval, lettre d’intention, garantie autonome).

HEDGE FUNDS : Les hedge funds, contrairement à leur nom qui signifie couverture, sont des fonds d’investissement non cotés à vocation spéculative, qui recherchent des rentabilités élevées et utilisent abondamment les produits dérivés, en particulier les options, et recourent fréquemment à l’effet de levier (voir supra). Les principaux hedge funds sont indépendants des banques, quoique fréquemment les banques se dotent elles-mêmes de hedge funds. Ceux-ci font partie du shadow banking à côté des SPV et des Money market funds.

HORS BILAN : Le hors bilan assure le suivi comptable des activités qui n’impliquent pas un décaissement ou un encaissement de la part d’une entreprise ou d’une banque mais qui fait courir à celle-ci un certain nombre de risques. Il s’agit régulièrement de contrats en cours d’exécution qui n’ont pas fait l’objet d’un paiement. Les activités enregistrées dans le hors bilan bancaire sont pour l’essentiel les engagements par signature, les opérations de change et les opérations sur dérivés.

INSTRUMENTS FINANCIERS : Les instruments financiers sont les titres financiers et les contrats financiers.

Les titres financiers sont :

• les titres de capital émis par les sociétés par actions (actions, parts, certificats d’investissement, etc.),

• les titres de créance, à l’exclusion des effets de commerce et des bons de caisse (obligations et titres assimilés),

• les parts ou actions d’organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM).

Les contrats financiers, également dénommés « instruments financiers à terme », sont les contrats à terme sur taux d’intérêt, les contrats d’échange (swaps*), les contrats à terme sur toutes marchandises et denrées, les contrats d’options d’achat ou de vente d’instruments financiers et tous les autres instruments de marché à terme.

INTÉRÊT : Somme versée en rémunération d’un placement ou perçue par un prêteur. L’intérêt est calculé en fonction du montant du capital placé ou emprunté, de la durée de l’opération et du taux retenu.

LBO : Leveraged Buy Out, rachat ou prise de contrôle d’une entreprise financé par l’endettement. Le plus souvent, un LBO est effectué par une société holding qui emprunte l’essentiel des fonds nécessaires à l’achat des actions de la société visée, la restructure puis exige des dividendes permettant de rembourser les emprunts, et enfin la revend quand sa profitabilité a été rétablie.

LOBBY : Un lobby est une structure organisée pour représenter et défendre les intérêts d’un groupe donné en exerçant des pressions ou influences sur des personnes ou institutions détentrices de pouvoir. Le lobbying consiste ainsi en des interventions destinées à influencer directement ou indirectement l’élaboration, l’application ou l’interprétation de mesures législatives, normes, règlements et plus généralement, toute intervention ou décision des pouvoirs publics. Ainsi, le rôle d’un lobby est d’infléchir une norme, d’en créer une nouvelle ou de supprimer des dispositions existantes.

MARCHÉ FINANCIER : Marché des capitaux à long terme. Il comprend un marché primaire, celui des émissions et un marché secondaire, celui de la revente. A côté des marchés réglementés, on trouve les marchés de gré à gré* qui ne sont pas tenus de satisfaire à des conditions minimum.

MARCHÉ DE GRÉ À GRÉ : Un marché de gré à gré ou over-the-counter (OTC) en anglais (hors Bourse) est un marché non régulé sur lequel les transactions sont conclues directement entre le vendeur et l’acheteur, à la différence de ce qui se passe sur un marché dit organisé ou réglementé avec une autorité de contrôle, comme la Bourse par exemple.

MARCHÉ INTERBANCAIRE : Marché réservé aux banques pour échanger entre elles des actifs financiers et emprunter/prêter à court terme. C’est également sur le marché interbancaire que la Banque centrale européenne (BCE) intervient pour apporter ou reprendre des liquidités (gestion de la masse monétaire pour contrôler l’inflation).

MONEY MARKET FUNDS (MMF) : Les Money Market Fund sont des sociétés financières des États-Unis et d’Europe, très peu ou pas du contrôlées ni réglementées car elles n’ont pas de licence bancaire. Ils font partie du shadow banking. En théorie, les MMF mènent une politique prudente mais la réalité est bien différente. L’administration Obama envisage de les réglementer car, en cas de faillite d’un MMF, le risque de devoir utiliser des deniers publics pour les sauver est très élevé. Les MMF suscitent beaucoup d’inquiétude vu les fonds considérables qu’ils gèrent et la chute depuis 2008 de leur marge de profit. En 2012, les MMF états-uniens maniaient 2 700 milliards de dollars de fonds, contre 3 800 milliards en 2008. En tant que fonds d’investissement, les MMF collectent les capitaux des investisseurs (banques, fonds de pension*…). Cette épargne est ensuite prêtée à très court terme, souvent au jour le jour, à des banques, des entreprises et des États. Dans les années 2000, le financement par les MMF est devenu une composante importante du financement à court terme des banques. Parmi les principaux fonds, on trouve Prime Money Market Fund, créé par la principale banque des États-Unis JP.Morgan, qui gérait, en 2012, 115 milliards de dollars. La même année, Wells Fargo, la 4e banque aux États-Unis, gérait un MMF de 24 milliards de dollars. Goldman Sachs, la 5e banque, contrôlait un MMF de 25 milliards de dollars. Sur le marché des MMF en euros, on trouve de nouveau des sociétés états-uniennes : JPMorgan (avec 18 milliards d’euros), Black Rock (11,5 milliards), Goldman Sachs (10 milliards) et des européennes avec principalement BNP Paribas (7,4 milliards) et Deutsche Bank (11,3 milliards) toujours pour l’année 2012. Certains MMF opèrent également avec des livres sterling. Bien que Michel Barnier ait annoncé vouloir réglementer le secteur, jusqu’à aujourd’hui rien n’a été mis en place. Encore des déclarations d’intention... |42|. L’agence de notation Moody’s a calculé que pendant la période 2007-2009, 62 MMF ont dû être sauvés de la faillite par les banques ou les fonds de pensions qui les avaient créés. Il s’est agi de 36 MMF opérant aux États-Unis et 26 en Europe, pour un coût total de 12,1 milliards de dollars. Entre 1980 et 2007, 146 MMF ont été sauvés par leurs sponsors. En 2010-2011, toujours selon Moody’s, 20 MMF ont été renfloués. |43| Cela montre à quel point ils peuvent mettre en danger la stabilité du système financier privé.

OBLIGATIONS : Part d’un emprunt émis par une société ou une collectivité publique. Le détenteur de l’obligation, l’obligataire, a droit à un intérêt et au remboursement du montant souscrit. Il peut aussi, si la société est cotée, revendre son titre en bourse.

OTC : Voir supra, marché de gré à gré.

PARADIS FISCAL : Territoire caractérisé par les cinq critères (non cumulatifs) suivants : (a) l’opacité (via le secret bancaire ou un autre mécanisme comme les trusts) ; (b) une fiscalité très basse, voire une imposition nulle pour les non-résidents ; (c) des facilités législatives permettant de créer des sociétés écrans, sans aucune obligation pour les non-résidents d’avoir une activité réelle sur le territoire ; (d) l’absence de coopération avec les administrations fiscales, douanières et/ou judiciaires des autres pays ; (e) la faiblesse ou l’absence de régulation financière. La Suisse, la City de Londres et le Luxembourg accueillent la majorité des capitaux placés dans les paradis fiscaux. Il y a bien sûr également les Iles Caïmans, les Iles anglo-normandes, Hong-Kong, et d’autres lieux exotiques. Les détenteurs de fortunes qui veulent échapper au fisc ou ceux qui veulent blanchir des capitaux qui proviennent d’activités criminelles sont directement aidés par les banques qui font « passer » les capitaux par une succession de paradis fiscaux. Les capitaux généralement sont d’abord placés en Suisse, à la City de Londres ou au Luxembourg, transitent ensuite par d’autres paradis fiscaux encore plus opaques afin de compliquer la tâche des autorités qui voudraient suivre leurs traces et finissent par réapparaître la plupart du temps à Genève, Zurich, Berne, Londres ou Luxembourg, d’où ils peuvent se rendre si nécessaires vers d’autres destinations.

PASSIF : Partie du bilan composé des ressources dont dispose une entreprise (capitaux propres apportés par les associés, provisions pour risques et charges, dettes).

PIB : Le Produit intérieur brut est un agrégat économique qui mesure la production totale sur un territoire donné, estimée par la somme des valeurs ajoutées. Cette mesure est notoirement incomplète ; elle ne tient pas compte, par exemple, de toutes les activités qui ne font pas l’objet d’un échange marchand. On appelle croissance économique la variation du PIB d’une période à l’autre.

PRODUITS DÉRIVÉS : Famille de produits financiers qui regroupe principalement les options, les futures, les swaps et leurs combinaisons, qui sont tous liés à d’autres actifs (actions, obligations, matières premières, taux d’intérêt, indices...) dont ils sont par construction inséparables : option sur une action, contrat à terme sur un indice, etc. Leur valeur dépend et dérive de celle de ces autres actifs. Il existe des produits dérivés d’engagement ferme (change à terme, swap de taux ou de change) et des produits dérivés d’engagement conditionnel (options, warrants…).

PRODUITS FINANCIERS : Produits acquis au cours de l’exercice par une entreprise qui se rapportent à des éléments financiers (titres, comptes bancaires, devises, placements).

PRODUIT STRUCTURÉ : Un produit structuré est un produit généralement conçu par une banque. C’est souvent une combinaison complexe d’options, de swaps, etc. Son prix est déterminé en utilisant des modèles mathématiques qui modélisent le comportement du produit en fonction du temps et des différentes évolutions du marché. Ce sont souvent des produits vendus avec des marges importantes et opaques.

REGLE VOLCKER : La règle Volcker qui devrait être d’application aux États-Unis à partir de juillet 2015 interdit notamment aux établissements bancaires de réaliser du proprietary trading, c’est-à-dire de spéculer avec leurs ressources propres. Elle prévoit certaines limitations quant à la détention de participations dans des hedge funds ou des fonds de private equity, qui ne sont pas soumis à une véritable règlementation.

SHADOW BANKING (la banque de l’ombre ou la banque parallèle) : Les activités financières du shadow banking sont principalement réalisées pour le compte des grandes banques par des sociétés financières créées par elles. Ces sociétés financières (SPV, money market funds…) ne reçoivent pas de dépôts ce qui leur permet de ne pas être soumises à la réglementation et à la régulation bancaires. Elles sont donc utilisées par les grandes banques afin d’échapper aux réglementations nationales ou internationales, notamment à celles du comité de Bâle sur les fonds propres et les ratios prudentiels. Le shadow banking est le complément ou le corollaire de la banque universelle.

SPV : Special Purpose Vehicle, ou encore Special Purpose Company (SPC), est le nom générique des véhicules de financement créés dans le cadre des opérations de titrisation*. A leur actif sont inscrits les prêts qui font l’objet d’une titrisation, à leur passif, des obligations qui portent le nom d’ABS. Les SPV sont créés par les grandes banques pour échapper aux règles qui protègent l’épargne (=les dépôts). Avec les Money market funds, ils font partie du shadow banking (voir supra).

SPÉCULATION : Opération consistant à prendre position sur un marché, souvent à contre-courant, dans l’espoir de dégager un profit.

SWAPS : Vient d’un mot anglais qui signifie « échange ». Un swap est donc un échange entre deux parties. Dans le domaine financier, il s’agit d’un échange de flux financiers : par exemple, j’échange un taux d’intérêt à court terme contre un taux à long terme moyennant une rémunération. Les swaps permettent de transférer certains risques afin de les sortir du bilan de la banque ou des autres sociétés financières qui les utilisent. Ces produits dérivés sont très utilisés dans le montage de produits dits structurés.

TITRISATION : Technique financière qui permet à une banque de transformer en titres négociables des actifs illiquides, c’est-à-dire qui ne sont pas (ou pas facilement) vendables. Initialement, cette technique a été utilisée par les établissements de crédit dans le but de refinancer une partie de leurs prêts à la clientèle. Les prêts sont cédés à un véhicule juridique qui émet en contrepartie des titres (généralement des obligations) placés sur les marchés financiers. Avec la titrisation, les risques afférents à ces crédits sont transférés des banques aux acheteurs. Cette pratique s’étend aujourd’hui à d’autres types d’actifs et d’acteurs (portefeuilles d’assurances, immobilier, créances commerciales).

TRADERS : Le terme « trader » est d’origine anglo-saxonne. Il signifie littéralement « opérateur de marché ». C’est un opérateur spécialisé qui achète et vend des valeurs mobilières (actions, obligations, produits dérivés, options,…), des devises, pour le compte d’un tiers (OPCVM, entreprise, personne, institutionnels,…), ou pour l’établissement qu’il représente en tentant de dégager des profits.

Bibliographie

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Millet Damien et Toussaint Éric (dir.), La Dette ou la vie, Bruxelles, CADTM-Aden, 2011.
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Stiglitz Joseph, Le Triomphe de la cupidité, Paris, Les liens qui libèrent, 2010.
Tett Gillian, L’Or des fous, Paris, Le jardin des Livres, 2011.
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Toussaint Éric, Un coup d’œil dans le rétroviseur, Mons, Cerisier, 2010.
Van Hees Marco, Banques qui pillent, banques qui pleurent, Bruxelles, Aden, 2009.
Van Hees Marco, Didier Reynders, L’homme qui parle à l’oreille des riches, Bruxelles, Aden, 2009.
Zucman Gabriel, La Richesse cachée des nations, Paris, Le Seuil, 2013


Notes articles :

 

(..)


* www.cadtm.org/Comment-les-banques-et-le

 

http://www.legrandsoir.info/comment-les-banques-et-les-gouvernants-detruisent-les-garde-fous.html?utm_source=twitterfeed&utm_medium=twitter

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3 novembre 2013 7 03 /11 /novembre /2013 22:06

 

 

illustration

http://louisvandeskelde.biz/68-des-belges-sont-affectes-par-la-crise/

 

 

2 novembre 2013

 

En octobre, l'inflation a continué de baisser dans la zone euro, ressortie par Eurostat à 0,7% en valeur annuelle.


La tendance s'accentue, l'Espagne était en septembre tout au bord de la déflation (0,1%) et l' Allemagne a enregistré en octobre un petit 1,2%. Et les résultats des énièmes efforts entrepris à Tokyo pour en sortir ne sont pas encourageants: en témoigne le refus de trois des neufs gouverneurs de la Banque du Japon de voter un communiqué accréditant l'objectif d'atteindre 2% d'inflation dans deux ans.


Les chiffres du chômage confirment que le piège est en train de progressivement se refermer.


Dans les 17 pays de la zone euro, il a atteint en moyenne 12,2% de la population active, ce qui correspond à 19,4 millions de chômeurs, en augmentation d'un million sur un an. Le chômage touche 24,1% des moins de 25 ans, avec des pics en Grèce (57,3%) et en Espagne (56,5%), mais aussi en Italie  (40,4%). Dans l'ensemble de la zone euro, cela se traduit par 3,4 millions de jeunes sans emploi. Il ne peut pas être espéré plus qu'une stabilisation, qui n'est même pas acquise.


La déflation décourageant les achats dans l'immédiat puisque les prix baissent, elle génère une fois intervenue une baisse de la croissance, formant un cercle vicieux. l'INSEE a confirmé que les salaires réels avaient à nouveau baissé en 2011 en France, (derniers chiffres disponibles).


Une fois de plus, les regards se tournent vers la BCE, comme toujours lorsqu'il n'y a pas de solution. Que peut-elle donc, sachant qu'une fois entrés en déflation, les outils monétaires des banques centrales ne sont pas d'un grand recours et qu'une création monétaire débridée à la japonaise - aux résultats à démontrer - n'est pas à l'ordre du jour?


Baisser son taux directeur, engager une nouvelle opération de prêts aux banques? les rumeurs se multiplient, mais avec quel effet ? Comment contrarier la logique déflationniste de la politique poursuivie ?


Reprenant sa grille d'analyse favorite , le Trésor américain incrimine dans son dernier rapport la politique économique allemande orientés vers l'export, au détriment de la consommation intérieure qui tirerait alors la croissance europénne, sans toutefois aller jusqu'à mettre en cause la stratégie de désendettement choisie; mais les autorités allemandes ont répliqué aux américains qu'ils feraient mieux de regarder dans leur jardin. C'est de plus en plus chacun pour soi dans un contexte qui réclamerait des décisions collectives. La nouvelle gouvernance mondiale a depuis longtemps fait long feu.


A nouveau à l'intention des allemands, Jeroen Dijsselbloem qui préside l' Eurogroupe a lancé un ballon d'essai : il a suggéré de lier plus étroitement d'éventuels assouplissements du calendrier de réduction du déficit à la réalisation de réformes clairement identifiées. Dans le contexte de la poursuite des négociations entre la CDU-CSU et le EPD, Jereon Djisselbloem n'a obtenu qu'une réponse dilatoire du porte-parole du ministère des finances. On ne va pas s'en étonner, car le second round des discussions qui vient d'être entamé porte précisément sur la politique à mener en Europe.


Les esprits sont également occupés par la prochaine revue de détail des actifs bancaires de la BCE. Le prologue en a été lancé : Jens Weidmann, le président de la Bundesbank, a réclamé que la dette souveraine ne bénéficie pas d'un traitement de faveur, c'est-à-dire qu'elle cesse d'être considérée à zéro risque, ce qui aurait un fort impact sur l'analyse de la solidité des banques.


Le gouvernement espagnol a des son côté décidé d'appliquer une petit miracle comptable - les defferred tax assets, crédit sur les impôts à venir - améliorant la présentation de leurs bilans bancaires, avec semble-t-il l'assentiment de la BCE pour avoir déjà été utilisés en Italie en 2011, alors que Mario Draggi était président de la Banque d'Italie. Cela part sur les chapeaux de roue, mais dans tous les sens...!


Le pilotage à vue se poursuit dans un horizon assombri..!


source : François Leclerc


http://millesime.over-blog.com

 

 

 

  Opinion

(d'1 anticapitalite, note d'eva)


Le fonctionnement

du mode de production capitaliste

 

Robert Bibeau



Robert Bibeau

 

Mercredi 30 octobre 2013

 

Accumuler pour réinvestir

ou réinvestir pour accumuler ?


            Il peut paraître superfétatoire de polémiquer à propos de la finalité du système capitaliste. Pourtant, cette question demeure au cœur de la contradiction fondamentale qui, tel un cancer, ronge le mode de production capitaliste décadent.

            Se basant sur une lecture superficielle des classiques un clan d’exégètes soutient que la finalité du capitalisme – y compris à son stade suprême impérialiste – c’est de thésauriser, d’accumuler le plus de capital imaginable. En d’autres termes, ce qui ferait courir les milliardaires ce serait l’accumulation entre leurs mains de la plus grande fortune possible (Bill Gates, 50 milliards de dollars US). Selon ces coryphées pseudo socialistes, l’application de cette loi entrainerait la concentration des capitaux entre les mains des privilégiés.


            Nul ne peut disconvenir que les 10% les plus riches de la planète  détiennent 86% des richesses mondiales. Les 1% les plus fortunés concentrent 46% du patrimoine global. Environ 10 millions de milliardaires dans le monde, représentant à peine 00,15% (soit une fraction de 1% de la population mondiale) possèdent 42,700,000,000,000.$ (42,7 mille milliards de dollars US) des richesses totales. Il y a effectivement concentration de la richesse  mais y a-t-il valorisation et enrichissement de ce capital et création de plus-value? (1)

            Nous venons d’examiné l’avoir des particuliers, examinons maintenant les statistiques concernant les plus grandes entreprises privées. En France par exemple on observe le même degré de concentration et d’accumulation monopolistique du capital productif : « mille entreprises de plus de mille salariés (3,4 millions de travailleurs) produisent près de 50 % du PIB ; alors qu’en bas de l’échelle industrielle, un million d’entreprises de moins de dix salariés (3,4 millions de travailleurs également) ont une existence précaire. » (2).


            Il semblerait que le débat soit clos et que le nœud gordien soit tranché. La finalité du procès de développement économique impérialiste serait bien l’accumulation. Normalement, la contradiction fondamentale du système capitaliste devrait voir s’affronter les forces d’accumulation s’opposant aux différentes forces empêchant l’accumulation du capital. Cette contradiction dialectique fondamentale entraînerait la succession des crises économiques systémiques que l’on connaît présentement et, éventuellement, l’effondrement du mode de production impérialiste incapable de concentrer davantage de capital.


            Les faits économiques, financiers, monétaires et bancaires contredisent pourtant cette hypothèse. Si la finalité du système impérialiste est d’accumuler et si l’accumulation et la concentration ne faiblissent pas, alors nous ne devrions subir aucune crise économique systémique de l’impérialisme. Certes, nous pourrions observer beaucoup de détresse sociale, énormément de hargne et de colère ouvrière, l’extension de la pauvreté, mais nous ne devrions observer aucune crise économique d’un régime impérialiste poursuivant inexorablement sa marche en avant en direction de sa vénalité accumulative. 


            L’accumulation se poursuit et pourtant la crise se répand 

            Pourtant, à l’instant où l’accumulation et la concentration du capital est la plus phénoménale de l’histoire mondiale, jamais la crise du système n’a été aussi profonde et sévère, au point de menacer d’affecter l’ensemble de l’échafaudage – boursier, banquier, financier – branlant, insécurisant, décadent.

            Nombre d’économistes dont Tom Thomas présentent l’hypothèse que le système impérialiste d’accumulation détruira prochainement de grandes quantités de ressources et de moyens de production : « Pour que le capital puisse relever son taux de profit moyen et reprendre son procès de valorisation et d’accumulation, deux conditions complémentaires doivent être réunies au-delà du maintien à flot du système financier : première condition, détruire une grande masse de capitaux, non seulement sous leur formes financières mais aussi sous leurs formes matérialisées pour en réduire « l’excédent » et aussi pour pouvoir reconstruire un système de production qui permette – deuxième condition –  d’augmenter le taux d’exploitation (pl/Cv) alors que de réduire la composition organique du capital n’est, aujourd’hui, qu’une possibilité secondaire» (3).


            En un siècle (1913-2013) pas moins de deux guerres mondiales (1914-1918, 1939-1945) et quelques guerres multinationales (1950-1953, 1954-1975, 1991-2001 et 2003-2011) (4), en plus de dizaines de guerres locales ont entrainé d’immenses destructions de ressources, de forces productives et de moyens de production, de destruction de capitaux en définitive. Chacune de ces catastrophes (pour les ouvriers sacrifiés et les peuples immolés) a relancé le processus de valorisation et d’accumulation et stimulé le procès de reproduction élargie du capital en réduisant temporairement la composition organique du capital (Cv/Cc) et en inversant sporadiquement la tendance à la baisse du taux de profit, deux vecteurs qui contrecarrent la reproduction élargie du capital. Marx n’est donc pas mort !

          

  La classe capitaliste monopoliste est présentement incitée à s’aventurer dans un nouvel holocauste ouvrier afin de détruire une grande partie des ressources stockées, des moyens de production engrangés, des forces productives inemployées, du capital accumulé mais paralysé (non productif), afin d’assurer la reprise du procès de reproduction élargie du capital en dopant temporairement les taux de profits. Qu’ils le veuillent ou non les impérialistes devront saccager une grande partie de l’humanité s’ils souhaitent remettre en marche leur mode de production moribond. L’impérialisme c’est la guerre disait un homme célèbre. 


            Une meilleure distribution pour une meilleure croissance ?

 

            Un grand nombre de réformistes pensent, à l’exemple de leurs  prédécesseurs utopistes et ainsi que madame Christine Lagarde du FMI, que le système social et économique capitaliste est un excellent régime économique – performant – mais souffrant d’un grand tourment, qu’il est parfaitement possible de corriger disent-ils. La solution pour relancer l’impérialisme en crise serait « Plus de justice distributive pour plus de croissance » ânonnent-ils tous en chœur : « le Fonds monétaire international (FMI) continuera de faire pression en faveur de biens et de services publics de qualité, la priorité étant la protection et l’augmentation des dépenses sociales visant à réduire la pauvreté et l’exclusion, a assuré Christine Lagarde. » (5).

 


            Selon ces ploutocrates il revient à l’État démocratique bourgeois, supposément positionnée au-dessus de la mêlée de la lutte des classes, d’assurer une meilleure distribution des fruits de l’accumulation capitaliste. Selon ces marguillers capitalistiques, l’État providence, le Robin des bois des temps modernes, doit chaparder quelques deniers  aux financiers pour en donner aux déshérités et en distribuer davantage à leurs plumitifs petits-bourgeois et alors nous vivrons tous au Nirvana. Moins d’accumulation et plus d’équité voilà la panacée. Évidemment, si cette « solution » fonctionnait on le saurait.

            Ce postulat utopiste découle logiquement de l’axiome précédent à l’effet que la finalité du système capitaliste serait l’accumulation des capitaux plutôt que leur réinvestissement pour un nouveau cycle de reproduction élargie. Pourtant, s’il y a présentement crise systémique de l’impérialisme ce n’est pas dû à  une déficience du processus d’accumulation (qui se porte très bien), mais bien plutôt aux contingences de la reproduction élargie du capital. Le capital ne sait plus produire de plus-value en quantité suffisante voilà la raison de la crise endémique et systémique.


            La crise économique n’est pas due aux excès financiers d’une politique néolibérale, mais bien à une baisse du taux de profit engendrée par un phénomène de suraccumulation de provisions et de marchandises et de sous-consommation de ces marchandises stockées; aggravée par une hyper-profusion de capital financier sans valeur marchande (de la monnaie bidon sans valeur)


            À partir de 2008, au-delà du sauvetage du système financier que les États étaient dans l’obligation d’entreprendre de toute urgence il nous faut examiner comment les capitalistes et leurs fonctionnaires étatiques œuvrent à redresser le taux de profit dans la situation concrète de l’impérialisme obsolescent.

« Avec la crise, les lois du marché agissent aveuglément. Le capital constant est dévalorisé. Des entreprises en difficulté peuvent être rachetées à bas prix. Les prix des matières premières s’écroulent. Les salaires sont laminés sous la pression d’un chômage massif. Il y a là des facteurs favorables à un redressement du taux de profit. Néanmoins, ils sont limités car, en même temps que ces phénomènes se produisent, la composition organique (Cc/Cv) reste élevée puisque l’importance du capital fixe reste prépondérante, que la consommation diminue en même temps que la quantité de travail vivant utilisée. Une forte destruction de capitaux marquée par des dettes non remboursées, des faillites, des fermetures d’usines est évidemment beaucoup plus efficace pour relever le taux de profit. »(6). 


            L’analogie

            Ici on nous permettra une analogie. Au cours du procès de reproduction élargie de la vie en société, il est indubitable que la copulation entraînant le coït vaginal ou phallique est gratifiante. La nature et l’évolution en ont ainsi décidé de façon à inciter l’hominidé à poser fréquemment ce geste afin d’assurer la pérennité de son espèce. Il ne fait aucun doute cependant que le Principe de plaisir (Reich, 1986) n’est pas la finalité – la conclusion et la raison d’être de l’activité sexuelle mais seulement une gratification incitant – le Moi sujet – à se reproduire. La finalité est bien la reproduction anthropologique de l’espèce, son stimulant étant le «Principe de plaisir» et sa conséquence l’accroissement des populations.


            Poser correctement le diagnostic

            Quel est l’intérêt de cette redécouverte de la finalité du mode de production impérialiste ? Pour le Parti Révolutionnaire Ouvrier (PRO) ce principe primordial de l’économie impérialiste est crucial car il indique que ce ne sont pas tant les statistiques à propos de l’accumulation et de la concentration du capital que nous devons observer et analyser avec soin afin de comprendre l’enlisement et l’effondrement imminent du mode de production impérialiste déclinant, mais bien plutôt les indices portant sur le ralentissement et l’essoufflement du procès de reproduction élargie de la plus-value et des profits, et la difficulté, non pas de l’accumulation mais du réinvestissement productif du capital.

            Les actions politiques et de résistance économique des partisans du PRO ne doivent pas mener à pleurnicher pour obtenir une redistribution «équitable» du capital et des profits au bénéfice des démunis mais s’orienter vers la paralysie de l’appareil productif. Moins de plus-value et moins de profits signifient moins de capital productif à réinjecter dans le processus de reproduction élargie et en bout de  course la faillite inévitable et l’effondrement inéluctable du système impérialiste tout entier.


            Bref, le mode de production impérialiste ne peut continuer à se développer de par ces axiomes, ces postulats et ces lois inhérentes de fonctionnement. Il est futile de tenter de le ranimer ou de le réformer. Ce système s’est engagé depuis quelques années dans une spirale catastrophique et nul ne peut l’en réchapper. Il viendra un temps où il faudra lui donner le coup de grâce et achever la bête immonde, ce qui constitue la mission du prolétariat. Marx n’est pas mort.


 


(1)  http://www.marianne.net/gerardfiloche/Il-n-y-a-pas-de-classe-moyenne-ni-des-classes-moyennes_a33.html


(2)  Tom Thomas (2009) La crise. Laquelle ? Et après ? Page 75.

http://www.les7duquebec. com/7-au-front/la-politique-du-capital-dans-la-crise/. Le Crash s’en vient :  http://publications-agora.fr/pack/ssw3b/?code=ESSWP803&a=3&o=38&s=74&u=59913&l=614&r=MC&g=0


(3)  http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_de_Cor%C3%A9e et http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerres_de_Yougoslavie et http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_du_Vi%C3%AAt_Nam et http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_d'Irak


(4)  http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/378357/0-5-de-la-population-accapare-35-des-avoirs?utm_source=infolettre-2013-05-16&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne


(5)   Thomas (2009) La crise. Laquelle ? Et après ? Page 69.

            http://www.les7duquebec.com/7-au-front/la-politique-du-capital-dans-la-crise/


(6)   La Fonction de l'orgasme, L'Arche, 1986. Orig. allemand Die Funktion des Orgasmus, trad. américaine The Function of the Orgasm, 1942, 1948, réimp. FSG, 1973  et aussi  http://www.robertbibeau.ca/fatima.html

Inquiétude à la Banque de France sur la hausse du nombre de billets en circulation : les Français basculent dans le black
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disait Laffer. Les Français n’ont désormais plus confiance dans l’euro ni dans leur gouvernement.
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es billets de 50 euros et 20 euros passent de la main à la main comme jamais. Ce qui a obligé la Banque de France à en faire imprimer beaucoup plus qu'auparavant. Environ 20% de plus pour répondre à la demande des agents de l’économie. La demande primaire vient des banques dont les DAB (distributeurs automatiques de billets) doivent être réapprovisionnés plus souvent dans la semaine. Le cash circule de plus en plus. Pour tous les économistes c’est évidemment le premier marqueur de développement d’une économie souterraine, d’un marché noir. L’évolution est particulièrement évidente dans le commerce de détail, dans la distribution de carburant, dans la restauration, la réparation automobile ou encore le bâtiment.

 Les Français étaient pourtant ceux qui avaient, depuis dix ans, adopté le plus les moyens de paiement électronique en Europe. La carte de paiement et l’ordre de virement avaient pris des parts de marchés et supplantés la monnaie papier, le chèque et les billets de banques. La politique commerciale des banques a certes beaucoup dissuadé les clients d’utiliser les chèques au profit des moyens de paiement direct ; mais la crise qui, en 2008, a cassé la confiance dans les banques a redonné aux billets une place importante. Une fois la confiance rétablie, l’usage de la monnaie n’a pas décru au contraire.

 La raison en est très simple. Les Français se sont mis au cash pour échapper à la pression fiscale. Alors que les riches avaient les moyens de se payer des spécialistes pour faire de l’optimisation fiscale ou la possibilité de s’exiler sous d’autres cieux, une partie de la classe moyenne et modeste a renoué avec le travail au noir ou le troc. Il faut dire que les facteurs qui encouragent le «black» se sont multipliés.

 Le premier catalyseur du travail au noir a été la suppression de l’exonération de la fiscalité sur les heures supplémentaires. Cette mesure a mis dans l’embarras près de 3 millions de salariés qui ont vu leur feuille de paie rabotée de quelques centaines d’euros et leur feuille d’impôt grossir. Ceux qui ont pu, ont travaillé au noir. D’autant qu'au même moment, le statut des auto-entrepreneurs s’est retrouvé menacé et amputé. Le principe des heures supplémentaires et le statut de l'auto-entreprise avaient eu le mérite de "blanchir" une grande partie du travail au noir qui avait alors perdu de son intérêt. La suppression de ses mesures a redonné le goût et l’envie de dissimuler des activités. L’augmentation de tous les impôts a fait le reste.

 Parallèlement, une partie des activités d’entretien de logements et de bâtiments, d'entretien des voitures, où la culture du travail au noir était déjà forte, sont retombées dans l’ombre du travail officiel pour échapper à la TVA et aux charges sociales. Enfin, le développement des sites internet de vente de produits d’occasion du type eBay ou Le Bon Coin, ou même des sites de co-voiturage et de colocation, ont évidemment favorisé la multiplication de transactions hors TVA et fait basculer une partie de l’activité économique dans une zone d’ombre où l’État trop gourmand n’a pas d’accès.

 A l’origine de ce mouvement, il y a évidemment le matraquage fiscal qui touche désormais toutes les couches de la population, mais il y a aussi le manque de sécurité économique et l’instabilité de l’écosystème dans lequel on travaille. En 2009 et 2010, les trois économies européennes les plus fragiles, l’Espagne, l’Italie et surtout la Grèce carburaient pour l’essentiel au cash et très souvent avec des petites coupures. Ni les chèques, ni les cartes bancaires n’étaient acceptées chez les commerçants ou les artisans. En fait, les économies de l’Europe du Sud regorgeaient de liquidités sous forme de billets de banques. Ce qui a posé, d’ailleurs, des problèmes de sécurité aux commerçants.

 La France d’aujourd’hui n’est pas dans la situation de la Grèce en 2009 ou de l’Italie avant l’arrivée de Mario Monti. Il y a cependant des symptômes qui montrent le trouble grandissant du corps social. Les banques ont parfaitement mesuré ce phénomène. La Banque de France devrait publier des statistiques très prochainement, mais Bercy sait très bien que si l’impôt ne rentre pas, ou mal, c’est parce que l’activité est faible mais aussi parce qu’une partie de cette activité est volontairement dissimulée pour échapper à la pression fiscale.

 Pourquoi les riches seraient-ils les seuls à pouvoir se protéger ? Le travail au noir c’est la façon soft que la classe moyenne emprunte pour échapper au carcan fiscal, dans tous les pays, à toutes les époques. Quand la fiscalité devient confiscatoire, le contribuable s’enfuie ou il peut. «Les hauts taux tuent les totaux » disait Laffer. Les Français n’ont désormais plus confiance dans l’euro ni dans leur gouvernement.


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